Vers une normalisation des relations entre Israël et la Syrie ? Washington a annoncé ce mardi que le nouveau gouvernement syrien et Israël allaient mettre en place une structure commune, sous la supervision des États-Unis, destinée à partager du renseignement et à œuvrer à une désescalade des tensions entre les deux pays.
Alors que Gaza reste sous le feu de l’armée israélienne et que celle-ci poursuit ses incursions en territoire syrien, les deux États sont néanmoins parvenus, mardi, à un accord de principe lors de discussions tenues à Paris sous l’égide des États-Unis. Ces échanges ont abouti à la décision de créer une structure commune de coopération et de partage d’informations, destinée à limiter les risques d’escalade militaire.
Partage de renseignements et désescalade militaire
La Syrie et Israël se sont engagés à « mettre en place des accords durables en matière de sécurité et de stabilité », selon un communiqué publié ce mardi par le département d’État américain.
« Les deux parties ont décidé de mettre en place un mécanisme conjoint de fusion – une cellule de communication dédiée – afin de faciliter la coordination immédiate et continue de leur partage de renseignements, de la désescalade militaire, de l’engagement diplomatique et des opportunités commerciales, sous la supervision des États-Unis », a précisé le département d’État.
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— Restitutor Orientis 🇨🇭 (@restitutorII) January 6, 2026
Syrie: Israël et la Syrie ont réalisé des avancées significatives vers un rapprochement, à l’issue de discussions tenues à Paris 🇫🇷 sous l’égide des États-Unis 🇺🇸. Les deux parties sont convenues de mettre en place un mécanisme de coordination conjoint destiné à faciliter le… pic.twitter.com/dUMvyRKjeb
Vers la création d’une zone économique commune ?
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a pris part à ces discussions avec Israël, conduites à Paris sous médiation américaine. Ces pourparlers, les premiers depuis septembre, avaient pour objectif de parvenir à un accord de sécurité entre deux pays voisins qui restent officiellement en état de guerre.
Selon plusieurs médias israéliens, Washington aurait également proposé la création d’une zone économique conjointe et démilitarisée à la frontière, comprenant notamment des activités agricoles, des infrastructures de production d’énergie renouvelable et même une station de ski. D’après ces mêmes sources, les deux parties ont accepté d’ouvrir des discussions sur le volet économique de leurs relations.
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Aucune mention sur l’occupation du Golan
Depuis la chute de Bachar al-Assad, l’armée israélienne a mené des centaines de frappes en Syrie et s’est déployée dans la zone démilitarisée du plateau du Golan, au-delà de la ligne de démarcation séparant la partie de ce territoire syrien occupée depuis 1967 et annexée par Israël en 1981. En juillet, Israël était également intervenu militairement pour « protéger » la minorité druze dans la province de Souweïda.
Au cours de l’été, des contacts de haut niveau entre responsables syriens et israéliens avaient déjà eu lieu, avec l’appui de Paris et de Washington. La dernière rencontre, en septembre, s’était soldée par une impasse, Israël insistant sur la démilitarisation d’une large bande du territoire syrien allant du sud de Damas jusqu’à la ligne de démarcation de 1974.
Le président syrien, Ahmad al-Charah, a depuis cherché à éviter toute confrontation directe avec Israël, tout en estimant en décembre que l’exigence israélienne d’une telle zone démilitarisée plaçait la Syrie dans une « position dangereuse ». Le communiqué américain publié mardi ne fait toutefois aucune mention de cette question.
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