« En ce jour de fête, où est la joie ? » Comme chaque jour depuis le début de l’agression militaire contre l’Iran, ce vendredi 20 mars, la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem, est restée fermée par les autorités israéliennes lors de la prière de l’Aïd al-Fitr. Une première depuis 1967.
Si la fête de l’Aïd Al-Fitr, marquant la fin du mois de jeûne, est censée être un moment de joie, de partage et de célébration, toute la communauté musulmane n’a pas pu en profiter cette année. À Jérusalem, rapporte The Guardian, les autorités israéliennes ont maintenu l’interdiction d’accès à la mosquée Al-Aqsa ce vendredi.
Les fidèles empêchés d’accéder à la mosquée
Dès les premières heures de la matinée, ce vendredi, la police a empêché les fidèles d’entrer dans la mosquée d’Al-Aqsa situé à Jérusalem. Les Palestiniens ont néanmoins accompli la prière à l’extérieur, aux abords du site, devant la vieille ville. L’imam d’al-Aqsa avait auparavant appelé les fidèles à prier dans les rues, au plus près de la mosquée, rapporte Middle East Eye.
Depuis le 28 février, date du début de l’agression militiaire israélo-américaine contre l’Iran, Israël a, « pour des raisons de sécurité », restreint l’accès à la vieille ville de Jérusalem aux non-résidents et aux commerçants. Ces restrictions concernent également les lieux saints, comme le Mur des Lamentations, la basilique du Saint-Sépulcre et l’esplanade des mosquées, qui comprend la mosquée Al-Aqsa.
Selon The Guardian, les arrestations de fidèles se multiplient depuis plusieurs mois dans la vieille ville. La police israélienne a procédé à des interpellations jusque dans l’enceinte de la mosquée, y compris pendant la prière. Contrairement aux années précédentes, les commerçants palestiniens ont été contraints de fermer leurs boutiques pour l’Aïd.
🇮🇱🇵🇸 Pour la première fois depuis l’occupation de Jérusalem-Est en 1967, Israël à empêché les Palestiniens de prier à la mosquée Al-Aqsa pour l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du ramadan.
— Mediavenir (@Mediavenir) March 20, 2026
Les fidèles ont été matraqués et dispersés avec du gaz lacrymogène. pic.twitter.com/RbWZ6y20OU
Une « violation grave des lois internationales »
Plusieurs organisations ont dénoncé une « violation grave des lois internationales » ce vendredi 20 mars. La Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique et la Commission de l’Union africaine ont publié un communiqué commun pour condamner cette remise en cause du statu quo entre les trois religions monothéistes dans la vieille ville de Jérusalem. « Israël, l’occupant, porte toute la responsabilité des conséquences de ces mesures illégales et provocantes », écrivent-elles.
Aouni Bazbaz, directeur des affaires internationales au Waqf islamique, a déclaré à Middle East Eye que cette fermeture suscitait de vives inquiétudes quant à son évolution dans le temps. « Cela a alimenté les craintes que ce qui est présenté comme une mesure temporaire ne devienne progressivement un arrangement permanent ou semi-permanent, en particulier si les gens s’habituent aux restrictions ou si les modalités d’accès au site sont modifiées », a-t-il expliqué.
Lire sur le sujet : Jérusalem : Israël maintient la fermeture de la mosquée Al-Aqsa
« C’est peut-être la première fois, mais probablement pas la dernière »
Depuis le 7 octobre 2023, les Palestiniens font face à des restrictions régulières, y compris dans la pratique de leur religion. Mais la fermeture de la mosquée pour l’Aïd al-Fitr constitue un événement inédit depuis 1967. « J’ai peur que cela instaure un dangereux précédent. C’est peut-être la première fois, mais probablement pas la dernière », confie un habitant de Jérusalem.
La mosquée Al-Aqsa est régie depuis des décennies par un statu quo international qui garantit son statut de site exclusivement musulman. Dans ce cadre, l’administration du lieu, y compris le contrôle des accès, relève du Waqf islamique de Jérusalem, organisme placé sous l’autorité jordanienne. Cependant, depuis l’occupation de Jérusalem-Est par Israël en 1967, cet équilibre est progressivement remis en cause, avec des restrictions croissantes pour les fidèles musulmans, tandis que le contrôle israélien et la présence juive se renforcent.
