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Islamophobie : une lycéenne exclue pour un bonnet de chimiothérapie

Une lycéenne d’Annonay, en Ardèche, atteinte d’alopécie à la suite d’un traitement médical, a été exclue de son établissement scolaire pour avoir porté un bonnet de chimiothérapie, assimilé à un signe religieux. Une énième affaire qui illustre le climat islamophobe délétère dans le pays.

Selon une affaire révélée vendredi dernier par le média Le Réveil, Mélina, élève au lycée Montgolfier d’Annonay, atteinte d’alopécie, portait un bonnet de chimiothérapie afin de masquer sa perte de cheveux : le couvre-chef a toutefois été assimilé à un signe religieux par la direction de l’établissement, qui a exigé son exclusion.

Une crise d’épilepsie survenue en classe

Scolarisée au lycée Montgolfier, Mélina est confrontée depuis plusieurs mois à une polémique persistante autour du couvre-chef qu’elle porte pour des raisons médicales. Elle explique qu’une crise grave survenue peu avant les vacances de la Toussaint n’a pas pu être immédiatement prise en charge, en raison de l’absence de l’infirmière scolaire.

« J’ai fait une grosse crise d’épilepsie en cours d’anglais. J’étais assise et la convulsion m’a projetée en arrière, contre les tables et les chaises », raconte-t-elle au Réveil. En parallèle, Mélina souffre depuis plusieurs mois d’alopécie, une perte importante de cheveux qu’elle relie à son traitement antiépileptique, le Keppra, ainsi qu’au stress. À la rentrée suivante, elle décide de se raser la tête et de porter un turban pour dissimuler cette chute de cheveux.

Des couvres chefs assimilés à des signes religieux

Le jour de la rentrée, Mélina se présente au lycée avec un foulard noir et informe la proviseure de sa situation médicale. La direction estime alors que ce couvre-chef pourrait être interprété comme un signe religieux, et donc contraire au principe de neutralité imposé dans les établissements scolaires.

« À aucun moment je n’ai pensé à la question religieuse », assure Mélina, surprise par cette interprétation. « Ensuite, j’ai porté le même en blanc et une surveillante m’a emmenée dans le bureau de la directrice. Je ne voulais pas qu’on parle de ma perte de cheveux avant que je sois prête. Pourtant, la directrice l’a annoncé à tout le personnel. Elle a donné des consignes aux surveillants, m’interdisant l’entrée si le turban ou le bonnet n’était pas placé au-dessus des oreilles ».

Face aux demandes répétées de la direction de modifier la façon de porter le couvre-chef, Mélina propose plusieurs alternatives, dont un bonnet spécialement conçu pour les personnes suivant une chimiothérapie. « J’en ai acheté deux différents au cas où l’un serait accepté », précise-t-elle.

Lire sur le sujet : ‘Abaya au lycée : l’islamisation de la contestation, une vieille recette politique

« C’est moi qui décide si c’est un voile »

Malgré la transmission de certificats médicaux et de justificatifs, la position de l’établissement reste inchangée. Une visioconférence est organisée avec la proviseure, l’infirmière scolaire, la mère de Mélina et une médecin de l’académie. Selon la lycéenne, la proviseure aurait alors affirmé : « c’est moi qui décide si c’est un voile ».

« Lors du dernier rendez-vous, la proviseure a dit que le bonnet de chimio ressemblait à un voile islamique. J’avais apporté trois certificats médicaux, mais elle a accusé le médecin d’avoir fait un certificat de complaisance », déplore Mélina. La situation se durcit encore : « L’ordre des médecins a écrit à notre médecin traitant à la demande de l’établissement. Notre médecin nous a ensuite demandé un document attestant que nous n’avions pas d’appartenance religieuse ».

« Le turban est un prétexte pour me faire partir »

Épuisée psychologiquement, Mélina ne s’est plus rendue au lycée depuis cet épisode. La direction lui aurait indiqué que ses absences n’étaient pas justifiées, générant des notifications d’absences non acceptées. Face à cette situation, la famille a décidé que leur fille ne retournerait pas au lycée Montgolfier et recherche une solution de scolarisation dans un autre établissement.

« Le turban est un prétexte pour me faire partir. Je pense que mes crises d’épilepsie sont trop compliquées à gérer pour le lycée », estime la jeune fille. La mère de Mélina précise que la famille envisage l’achat d’une perruque pour la prochaine rentrée, afin d’éviter toute nouvelle controverse autour du couvre-chef.

Nicolas Cadène, ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, estime que cette exclusion relève d’une interprétation absurde et erronée de la loi du 15 mars 2004, révélant une profonde méconnaissance du principe de laïcité.

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