Donald Trump a menacé hier de « cesser tout commerce avec l’Espagne », accusant le gouvernement de Pedro Sanchez de refuser l’accès à des bases militaires pour l’aviation américaine dans le cadre de la guerre contre l’Iran. Madrid a répliqué, ce mercredi, par la voix de son premier ministre : « Nous ne serons pas complices ».
La position de l’Espagne est claire : « Non à la guerre ! », a répété mercredi le chef du gouvernement socialiste Pedro Sánchez. Il répondait aux attaques de Donald Trump, qui reproche à Madrid de refuser l’accès aux bases militaires situées en Andalousie pour les forces américaines engagées dans leur guerre contre l’Iran.
« On va cesser tout commerce avec l’Espagne »
Mardi 3 mars, lors d’une rencontre à Washington avec le chancelier allemand Friedrich Merz, Donald Trump a menacé de couper les liens commerciaux avec l’Espagne. « On va cesser tout commerce avec l’Espagne. On n’a plus rien à voir avec l’Espagne », a affirmé le président américain. Il a ensuite visé directement l’exécutif espagnol : « L’Espagne a un bon peuple. Mais ils n’ont pas de bons dirigeants ».
Madrid a rapidement répliqué mercredi, affichant sa fermeté face à Washington. Les autorités espagnoles ont précisé que si les États-Unis souhaitent modifier leurs relations commerciales, « elle devra le faire dans le respect de l’autonomie des entreprises privées, de la légalité internationale et des accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis », selon un communiqué officiel.
Le document ajoute également : « Notre pays dispose des ressources nécessaires pour contenir d’éventuels impacts, aider les secteurs qui pourraient être affectés et diversifier les chaînes d’approvisionnement ».
🇪🇸🇺🇸 «Nous ne serons pas complices» : L'Espagne refuse d'autoriser les États-Unis à utiliser ses bases pour des attaques contre l'Iran
— Camille Moscow 🇷🇺 🌿 ☦️ (@camille_moscow) March 4, 2026
Hier, Trump a ordonné de rompre complètement les relations commerciales avec l'Espagne en raison de son refus d'autoriser l'utilisation de ses… pic.twitter.com/zZsIfWErBt
Les objectifs poursuivis par Washington et Israël « ne sont pas clairs »
Dans une allocution, le ministre Pedro Sánchez a poursuivi : « Nous sommes opposés à ce désastre », estimant que cette position était partagée par « de nombreux autres gouvernements » ainsi que par « des millions de citoyens et de citoyennes qui, dans toute l’Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, ne demandent pas pour demain plus de guerre ou plus d’incertitude ».
Le dirigeant espagnol a aussi regretté que les objectifs poursuivis par Washington et Israël « ne soient pas clairs » vis-à-vis de l’Iran. « Ce que nous savons en revanche, c’est qu’il n’en sortira pas un ordre international plus juste », a-t-il déploré, jugeant « inacceptable que des dirigeants (…) utilisent l’écran de fumée de la guerre pour dissimuler leur échec ».