Selon des sondages publiés par CNN et Reuters, une majorité d’Américains désapprouve l’agression militaire des États-Unis en Iran. Depuis le lancement des frappes, Donald Trump peine à justifier cette opération, et l’éventualité d’un envoi de troupes au sol suscite une forte opposition.
Les opérations américaines, notamment au Moyen-Orient, ont laissé un souvenir amer parmi les citoyens américains. Le président des États-Unis s’était engagé à ne pas lancer de nouveau conflit, mais beaucoup peinent aujourd’hui à saisir les motivations de l’intervention contre l’Iran, qui ne semble pas avoir prévu ce qui suivra.
6 Américains sur 10 désapprouvent l’opération militaire
Une intervention militaire largement contestée par la majorité des Américains. Près de 6 Américains sur 10 désapprouvent l’opération militaire lancée conjointement par les États-Unis et Israël en Iran, samedi 28 février, d’après un sondage CNN publié lundi 2 mars, qui montre un fort scepticisme populaire sur ce choix. Dans une autre enquête d’opinion aux États-Unis, ils ne sont même qu’une minorité à soutenir l’action (27 %), selon un sondage Ipsos pour Reuters publié lundi.
La figure du président américain Donald Trump est également remise en question par les personnes interrogées. Une part importante (60%) estime qu’il n’a pas de stratégie claire pour gérer cette crise, et beaucoup (62%) pensent que le chef de l’État devrait obtenir l’accord du Congrès avant de lancer une opération militaire. L’idée d’envoyer des troupes terrestres américaines en Iran est fortement rejetée, avec seulement 12% des sondés en faveur de ce scénario.
Selon un sondage de CNN, une majorité d'Américains désapprouvent les frappes menées contre l'Iran.
— vaudais toujours 🍉 🍉 (@TFilastin) March 4, 2026
59% s'y opposent
54% estiment que ces frappes renforcent la menace iranienne au lieu de la réduire
60% jugent que Donald Trump n'a pas de plan clair pour la suite
72% ne seraient… pic.twitter.com/uGILW8an98
« Donald Trump est parti dans tous les sens »
Trump, qui s’est fait élire sur le slogan « America First » et en promettant de stopper les « guerres sans fin », a nié avoir l’intention d’engager durablement les États-Unis en Iran. Il a affirmé dans une interview que, malgré la puissance de l’Iran, « ça prendra quatre semaines ou moins », minimisant l’ampleur potentielle du conflit.
Selon Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine, « Donald Trump est parti dans tous les sens. (…) Trump fonctionne avec des récits. Des récits souvent fondés sur sa force. Celle d’un président qui fait des choses que n’ont pas faites ses prédécesseurs. L’Iran, pour une partie de la population américaine, est le pays qui a humilié les Etats-Unis en 1979 avec la crise des otages. Maintenant, le problème c’est le risque de l’escalade ».
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« Nous avons voté pour America First et pour ZERO guerre »
L’impopularité de l’opération américaine pourrait encore s’accroître, avec l’annonce, lundi, de la mort de six soldats américains. Pour le New York Times, Donald Trump a pris « le plus grand risque de sa présidence (…). Confronté à une baisse de popularité et à la possibilité que les Républicains perdent le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat, il a plongé les Etats-Unis dans ce qui s’annonce comme leur conflit militaire le plus vaste depuis l’invasion de l’Irak en 2003 ».
Tucker Carlson, un partisan de longue date de Donald Trump, a ainsi condamné l’opération militaire dès son lancement. Il a déclaré à ABC News que l’attaque contre l’Iran était « absolument répugnante et malveillante », suggérant qu’elle allait « profondément bouleverser la donne » du trumpisme. Une critique également émise par Marjorie Taylor Green, ancienne élue républicaine et soutien de Donald Trump, qui a rompu en janvier avec le mouvement Maga (Make America Great Again), « Nous avons voté pour America First et pour ZERO guerre », a t-elle clamé sur le réseau X, samedi dernier.