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01/12/2021
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GPA : une limite à ne pas franchir pour le docteur Frydman

Dans une interview donnée à Rebecca Fitoussi pour l’émission “Un monde, un regard“ sur Public Sénat, René Frydman revient sur les méthodes de procréation médicalement assistée. Précurseur, en France, du “ bébé éprouvette “ en 1982, la Gestation Pour Autrui reste, pour lui, une limite à ne pas franchir. 

Médecin spécialiste de la reproduction et aujourd’hui professeur , René Frydman a plusieurs prouesses à son actif. Après Amandine, le “ bébé éprouvette “, il accouche le premier bébé issu d’un embryon congelé en 1986 puis le premier bébé “ médicament ” en 2011. Pour autant, la Gestation Pour Autrui ( GPA) reste selon lui inacceptable. 

Selon le site officiel Vie publique , “ la GPA est le fait pour une femme, désignée généralement sous le nom de « mère porteuse », de porter un enfant pour le compte d’un “couple de parents d’intention” à qui il sera remis après sa naissance. C’est une forme d’assistance médicale à la procréation qui consiste en l’implantation dans l’utérus de la mère porteuse d’un embryon issu d’une fécondation in vitro (FIV) ou d’une insémination. “

En France, la GPA a été interdite par la loi du 29 juillet 1994 relative au respect du corps humain et la révision de la loi bioéthique du 2 août 2021 est venue réaffirmer l’interdiction de cette pratique. 

En 2018, des débats sur la révision de la loi de bioéthique ont mis en avant le fait que le côté contractuel de la procréation et les principes d’indisponibilité du corps humain et de l’état des personnes, étaient contraires. 

Selon le professeur, il s’agit de remettre les choses en perspective. Au-delà du côté “altruiste” des mères porteuses, affirmé par les pro GPA, le professeur rappelle les conditions dans lesquelles sont effectuées ces pratiques. 

“Parce qu’on se met toujours du côté de ceux qui vont en bénéficier : c’est comme si vous demandiez à un propriétaire d’esclaves s’ils sont pour l’esclavage ou contre. Ce n’est pas à ces gens-là qu’il faut le demander.“

Dans de nombreux pays comme en Inde ou au Vietnam les GPA sont monnaie courante. Les femmes reçoivent une somme d’argent et l’intérêt économique du geste l’emporte haut la main sur le côté généreux du geste. Accepter le recours à la GPA reviendrait donc à accepter une sorte de tourisme procréatif, favorisant toujours plus l’instrumentalisation du corps de la femme.

De plus, la GPA résulte d’un véritable contrat entre la mère porteuse et les parents d’intention durant laquelle la femme enceinte se doit de respecter des règles strictes. “ Elle a sa vie complètement bloquée, c’est une location du corps.” précise René Frydman.

Marie Jarosz