Des rapports récents soulignent les conséquences dramatiques du génocide israélien à Gaza sur les femmes enceintes et les enfants : l’effondrement des services de maternité, les massacres et les pénuries ont entraîné une chute de 41 % des naissances, ainsi qu’une hausse de la mortalité maternelle et des avortements.
Deux rapports publiés ce mercredi par les ONG Médecins pour les droits humains et Médecins pour les droits humains Israël (Physicians for Human Rights Israel, PHRI) dressent un tableau accablant des conséquences des crimes israéliens à Gaza, en particulier des attaques contre les hôpitaux et du blocage de l’aide humanitaire, sur la santé reproductive des femmes palestiniennes.
L’effondrement stratégique du système de santé palestinien
Dans un rapport intitulé « La maternité en temps de guerre : jusqu’où peut aller la souffrance d’une femme ? », publié ce mercredi, PHRI a compilé vingt-et-un témoignages de mères recueillis dans la bande de Gaza. Ces récits décrivent des accouchements sans anesthésie, dans des conditions extrêmes, des femmes contraintes de marcher sous les bombardements pour accéder aux soins, d’allaiter malgré la faim, ou encore de mener leur grossesse au milieu des déplacements forcés.
D’après le ministère de la Santé de Gaza, environ 17 000 naissances ont été recensées au cours des six premiers mois de 2025, soit une baisse de 41 % par rapport à la même période en 2022. Parallèlement, la mortalité maternelle et infantile a fortement augmenté : 220 femmes sont mortes de complications liées à la grossesse et 2 600 fausses couches ont été enregistrées.
Selon des chiffres des Nations unies relayés par PHRI, un nourrisson sur cinq naît prématurément ou avec un poids insuffisant. Lama Bakri, coordinatrice de projet de l’ONG dans les territoires occupés, attribue cette situation à « l’effondrement du système de santé [et] au déni du minimum vital nécessaire » à la survie, évoquant notamment les restrictions sévères imposées par Israël à l’entrée de l’aide humanitaire essentielle à Gaza.
UN TAUX ALARMANT DE PRÉMATURÉS À GAZA
— CAPJPO – EuroPalestine (@Europalestine1) December 28, 2025
Ahmed Al-Farra, chef du service de pédiatrie et de maternité du complexe médical Nasser de Khan Younès, a déclaré que le taux de naissances prématurées dans la bande de Gaza a atteint 60 % en raison du génocide israélien.
Ce taux alarmant… pic.twitter.com/btZKaLe6We
Une mère tuée par heure à Gaza
Depuis octobre 2023, le système de santé de l’enclave a été méthodiquement détruit. Les opérations militaires israéliennes ont visé hôpitaux, ambulances et personnels soignants, tandis que le siège et les bombardements continus ont rompu les chaînes d’approvisionnement et entravé les déplacements entre structures médicales, précipitant l’effondrement de la santé publique.
Les estimations de l’ONU pour les femmes indiquent qu’au cours des six premiers mois du génocide, plus de 6 000 mères ont perdu la vie, soit en moyenne une mère par heure. De son côté, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) rapporte qu’environ 150 000 femmes enceintes ou allaitantes ont été déplacées de force.
Toujours selon le ministère palestinien de la Santé, 391 femmes ont subi une amputation d’un membre supérieur ou inférieur depuis le 7 octobre, sur un total de 4 500 cas. Les chercheurs soulignent également l’attaque israélienne menée en décembre 2023 contre le centre de fertilité « Al-Basma », le plus important de Gaza, qui a détruit près de 5 000 échantillons reproductifs et interrompu entre 70 et 100 cycles mensuels de fécondation in vitro.
Lire sur le sujet : Les dégâts irréversibles des armes israéliennes sur les enfants de Gaza
Une intention délibérée d’empêcher les naissances
La Commission internationale indépendante d’enquête a conclu que cette attaque était intentionnelle et visait directement la capacité reproductive des Palestiniens. Selon les chercheurs, l’ensemble de ces atteintes « montre une intention délibérée d’empêcher les naissances parmi les Palestiniens, ce qui correspond aux critères juridiques définis par la Convention sur le génocide ».
Enfin, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre dernier, les morts d’enfants se poursuivent. James Elder, porte-parole de l’UNICEF, a déclaré hier que : « plus de 100 enfants ont été tués depuis le cessez-le-feu, dont six morts d’hypothermie cet hiver ».
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