Le 1er janvier, Israël a retiré l’accréditation à 37 ONG étrangères pour travailler en Cisjordanie occupée et à Gaza. L’ONG Médecins sans frontières est directement concernée et dispose de 60 jours pour contester la décision. Sans rétablissement de son statut d’ici le 1er mars, elle devra mettre fin à l’ensemble de ses activités en Palestine.
L’ONG française Médecins sans frontières (MSF) figure parmi les 37 ONG qu’Israël a refusé de réenregistrer pour l’année 2026. Selon les autorités israéliennes, l’un des employés de MSF aurait été identifié comme un responsable du Jihad islamique palestinien. Claire Sanfilippo, responsable des opérations d’urgence à Gaza, rejette fermement ces accusations qu’elle juge infondées.
Une punition collective à la population palestinienne
Ce mardi, Médecins sans frontières a réagi aux accusations portées par Israël et affirme que l’ONG « réfute catégoriquement les allégations formulées ces derniers jours par les autorités israéliennes ». « Nous n’employons jamais sciemment des personnes impliquées dans des activités militaires à Gaza. Nous avons mis en place une procédure de sélection et de vérification renforcée pour l’ensemble du personnel », explique Claire Sanfilippo, responsable des opérations d’urgence à Gaza.
« La menace d’Israël de refuser l’enregistrement de MSF et d’autres organisations non gouvernementales internationales constitue une tentative cynique et délibérée d’empêcher ces organisations de fournir de l’aide à Gaza et en Cisjordanie. »
Dans son communiqué publié mardi, MSF affirme qu’Israël viole le droit international en infligeant à la population palestinienne une punition collective, en lui refusant l’accès à l’aide médicale et humanitaire.
🔴ALERTE INFO
— Les Spectateurs (@SpectateursFr) December 31, 2025
🚨 #GAZA | Israël veut interdire l’accès aux soins aux Gazaouis en interdisant aux ONG, dont @MSF (Médecins Sans Frontières), de venir en aide à la population. L’ONU dénonce une « décision scandaleuse ». Israël affirme que certaines de ces organisations… pic.twitter.com/TdW5v75Hln
« Une mesure injustifiée et scandaleuse »
Israël semble ne pas avoir toléré le rôle de lanceur d’alerte joué par plusieurs ONG, telles qu’Oxfam, Save the Children (Sauvez les enfants), MSF ou encore Médecins du monde, durant la guerre menée contre Gaza.
Pour MSF, si l’organisation a alerté à de nombreuses reprises sur les frappes aériennes visant des civils, la destruction d’hôpitaux ou encore la mort d’enfants tués par balle en pleine tête, la responsabilité n’incombe pas à L’ONG Française. « La responsabilité revient à ceux qui commettent ces atrocités, et non à ceux qui les dénoncent. ».
Lire sur le sujet : Crise humanitaire à Gaza : Israël bloque l’accréditation de plusieurs ONG
Israël reproche également à l’ONG de refuser de transmettre la liste de ses employés palestiniens. L’organisation humanitaire dénonce, de son côté, une ingérence inacceptable. « Dans un contexte où les travailleurs médicaux et humanitaires sont intimidés, arbitrairement détenus, attaqués et tués en grand nombre, exiger la liste du personnel comme condition d’accès au territoire est une mesure injustifiée et scandaleuse », conclut MSF.
15 membres de MSF tués depuis octobre 2023
Après avoir interdit et multiplié les tentatives de discrédit contre l’UNRWA, Israël s’en prend désormais aux ONG opérant à Gaza, en recourant aux mêmes méthodes. « Actuellement, MSF soutient un lit d’hôpital sur cinq à Gaza et assure un tiers des accouchements. Cette aide est loin d’être suffisante pour répondre aux besoins des Palestiniens, mais y mettre fin aurait un coût humain terrible », alerte l’ONG.
Le communiqué de l’organisation humanitaire conclut par ces mots : « Autoriser l’aide humanitaire n’est pas une faveur. C’est une obligation au regard du droit international. Aujourd’hui plus que jamais, les Palestiniens ont besoin que l’aide soit augmentée, et non réduite ». Pour rappel, 15 membres de MSF ont été tués par les forces israéliennes à Gaza depuis octobre 2023.
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