Troubles anxio-dépressifs, cyberharcèlement, altération de l’image de soi, recours aux substances psychoactives : l’utilisation des réseaux sociaux porte atteinte à la santé mentale des adolescents, et touche plus particulièrement les jeunes filles, alerte l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).
Les réseaux sociaux tirent parti des fragilités propres aux adolescents et participent ainsi à l’aggravation de certains troubles dont ils souffrent. C’est le constat dressé par un vaste rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui analyse en profondeur les mécanismes d’influence des plateformes numériques.
Les effets nuisibles des réseaux sociaux sur les jeunes sont sans appel
Sans être l’unique facteur de la dégradation de la santé mentale des jeunes, les effets délétères des réseaux sociaux — interdits récemment aux moins de 16 ans en Australie — sont jugés « nombreux et documentés », indique l’Anses dans un avis rendu public mardi, fruit de cinq années de travaux menés par un comité d’experts pluridisciplinaires.
Cette étude « apporte des arguments scientifiques au débat sur les réseaux sociaux de ces dernières années : elle s’appuie sur 1 000 études », a souligné auprès de la presse Olivia Roth-Delgado, coordinatrice de l’expertise. Les conclusions sont sans équivoque. Le fonctionnement même des réseaux sociaux utilisés par les adolescents est jugé nocif pour leur santé.
Selon l’Anses, les « systèmes de captation de l’attention » déployés par les plateformes « exploitent des vulnérabilités propres » à cette tranche d’âge — goût du risque, comparaison sociale — alors que les adolescents ne disposent pas encore des « capacités de régulation émotionnelle et comportementale » des adultes.

Les filles sont plus touchées
Consultés majoritairement sur smartphone, support sur lequel la moitié des 12-17 ans passent entre deux et cinq heures par jour, les réseaux sociaux constituent une « caisse de résonance inédite » qui renforce les stéréotypes, valorise les conduites à risque et favorise le cyberharcèlement.
Par ailleurs, les contenus diffusés véhiculent des « idéaux normatifs » inaccessibles, particulièrement intériorisés par les filles, à travers des images retouchées susceptibles « d’engendrer une dévalorisation de soi », un « terrain fertile » pour les troubles dépressifs et alimentaires.
Davantage utilisatrices des réseaux sociaux que les garçons, plus soumises à une « pression sociale liée aux stéréotypes de genre » et plus fréquemment victimes de cyberharcèlement, les filles apparaissent comme « plus impactées », observe l’Anses.
📲Réseaux sociaux : les filles plus touchées par les effets nocifs !
— RMC (@RMCInfo) January 13, 2026
👧C’est ce que nous révèle l’Anses, qui publie les conclusions d'une grande étude démarrée il y a 5 ans sur les conséquences des réseaux sociaux chez les jeunes.#LeMorningRMC pic.twitter.com/COftQGhXL6
Un texte d’interdiction examiné au Sénat
L’agence recommande ainsi « d’agir à la source » afin que les mineurs n’aient accès qu’à des « réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé ». Cela suppose que les plateformes revoient leurs algorithmes de recommandation, leurs techniques d’interfaces persuasives et leurs réglages par défaut.
L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans fait actuellement l’objet de plusieurs propositions législatives : l’une portée par le président Emmanuel Macron, une autre par le groupe Renaissance de Gabriel Attal, ainsi que d’autres textes examinés au Sénat.
