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01/12/2021
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Evola : « Seul compte le travail de ceux qui savent se tenir sur les lignes de crête »

Penseur politique de la tradition, critique de la modernité, auteur d’une œuvre prolixe, Julius Evola a pensé les aspects les plus essentiels du conflit entre la nature spirituelle de l’Homme et les dégâts déjà visibles d’une modernité en crise. Extraits.

« Il est important, il est essentiel que se constitue une élite, qui, dans un recueillement soutenu, définira, avec une rigueur intellectuelle et une intransigeance absolue, l’idée en fonction de laquelle il faut s’unir, et affirmera cette idée sous la forme, surtout, de l’homme nouveau, de l’homme de la résistance, de l’homme debout parmi les ruines. S’il devait nous être donné de surmonter cette période de crise et d’ordre vacillant et illusoire, c’est à cet homme, et à lui seul, qu’appartiendrait l’avenir. Mais quand bien même le destin que le monde moderne s’est créé, et qui maintenant est en train de l’emporter, ne pourrait-il être contenu, grâce à de telles prémisses les positions intérieures seront tenues : en quelque circonstance que ce soit, ce qui devra être fait sera fait, et nous appartiendrons à cette patrie qu’aucun ennemi ne pourra jamais occuper ni détruire »

« Ainsi que l’ascèse en général, l’héroïsme et l’action, lorsqu’ils ne visent pas à ramener la personnalité à son vrai centre, n’ont rien à voir avec ce qui fut glorifié dans le monde de la Tradition ; ils ne sont qu’une « construction » qui commence et finit dans l’humain et qui, pour cela même, n’a pas de signification ou de valeur qui dépasse celle de la sensation, de l’exaltation, de la frénésie impulsive »…

Dans le monde de la Tradition, l’initiation, sous ses formes les plus hautes, fut conçue comme une opération intensément réelle, capable de modifier l’état ontologique de l’individu et de greffer en lui des forces du monde de l’être, ou supramonde.

« Il était inconcevable et même absurde, pour l’homme traditionnel, qu’on pût parler de lois et exiger qu’elles fussent observées lorsqu’elles étaient d’origine purement humaine –individuelle ou collective. Toute loi, pour valoir objectivement comme telle, devait avoir un caractère « divin »… Pour l’homme moderne, causes et effets sont situés sur le plan physique, dans l’espace et dans le temps. Pour l’homme traditionnel, le plan physique ne contient que des effets, et rien ne se produit ici-bas qui ne se soit déjà produit dans l’au-delà, dans l’invisible. »

Seul compte, aujourd’hui, le travail de ceux qui savent se tenir sur les lignes de crête : fermes sur les principes ; inaccessibles à tout compromis ; indifférents devant les fièvres, les convulsions, les superstitions et les prostitutions sur le rythme desquelles dansent les dernières générations.

« Ce que la pensée occidentale contient de plus poussé en fait de matérialisme évolutionniste et de scientisme sociologique, est enrôlé sous la forme d’un dogme et d’une « pensée d’Etat », afin qu’on puisse pratiquer dans la jeune génération un lavage des cerveaux et pour que naisse une mentalité adéquate, profondément déracinée. » « La prison de l’homme occidental est une des plus effroyables qui soit, parce qu’elle est de celles qui n’ont pas de murs. Il n’est pas facile de se redresser, quand il n’existe aucun support qui tienne bon lorsqu’on s’y appuie pour prendre son élan. »

Julius Evola

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