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jeudi 20 juin 2024

Epictète : « Dis-toi d’abord ce que tu veux être, puis fais ce qu’il faut pour le devenir »

Epictète : "Dis-toi d'abord ce que tu veux être, puis fais ce qu'il faut pour le devenir"

Représentant de l’école stoïcienne, Epictète, né esclave, fut affranchi et se consacra à la philosophie. Mizane.info a sélectionné quelques fragments du célèbre « Manuel » dont la principale leçon est « ne te soucies pas de ce qui ne dépend pas de ton être. »

-Si tu es accoutumé à mener une vie frugale et à traiter durement ton corps, n’en tire pas vanité, et, si tu ne bois que de l’eau, ne dis point à tout propos que tu ne bois que de l’eau. Si tu veux t’exercer à la patience et à la tolérance, fais-le pour toi et non pas pour les autres ; n’embrasse point les statues ; dans la soif la plus ardente, prends de l’eau dans ta bouche, rejette-la, et ne le dis à personne.

(Pensées, LXXIV)

-La vraie noblesse de l’homme vient de la vertu, et non de la naissance. — Je vaux mieux que toi, mon père était consul, je suis tribun, et toi tu n’es rien. — Mon cher, si nous étions deux chevaux, et que tu me dises : « Mon père était le plus vif de tous les chevaux de son temps, et moi j’ai beaucoup de foin, beaucoup d’orge, et un magnifique harnais, » je te dirais : « Je le veux bien, mais courons… »

N’y a-t-il pas dans l’homme quelque chose qui lui est propre, comme la course au cheval, et par le moyen de quoi on peut connaître sa qualité et juger de son prix ? Et n’est-ce pas la pudeur, la fidélité, la justice ? Montre-moi donc l’avantage que tu as en cela sur moi. Fais-moi voir que tu vaux mieux que moi, en tant qu’homme. Si tu me dis : « Je puis nuire, je puis ruer, » je te répondrai que tu te glorifies là d’une qualité qui est propre à l’âne et au cheval, et non à l’homme.

-La liberté, c’est l’indépendance de la pensée.

-Ce n’est pas une chose bien commune d’accomplir ce que promet la qualité d’homme. C’est un animal mortel, doué de raison, et c’est par la raison qu’il se distingue des bêtes. Toutes les fois donc qu’il s’éloigne de la raison, qu’il agit sans raison, l’homme périt, et la bête se montre.

-Tu veux ressembler au commun des hommes, comme un fil de ta tunique ressemble à tous les autres fils qui la composent ; mais moi je veux être cette bande de pourpre, qui non seulement a de l’éclat, mais qui embellit même tout ce à quoi on l’applique. Pourquoi donc me conseilles-tu d’être comme les autres ? Je serais comme le fil, je ne serais plus de la pourpre.

-Tout est changement, non pour ne plus être mais pour devenir ce qui n’est pas encore.

-Quand tu es seul, tu dis que tu es dans un désert. Quand tu es dans le grand monde, tu dis que tu es au milieu des brigands, des voleurs, des fourbes. Tu te plains de tes parents, de ta femme, de tes enfants, de tes amis et de tes voisins. Eh ! si tu étais raisonnable, quand tu es seul, tu dirais que tu es en repos, en liberté, que tu jouis de toi-même, et que tu es semblable à la divinité. Et quand tu es dans le monde, au lieu de te chagriner et d’appeler cela embarras, tumulte, tu l’appellerais une fête, ou des jeux publics, et tu serais toujours content.
Entretiens, Livre I, XXXVI.

-Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions qu’ils en ont. 

-Nous sommes composés de deux natures bien différentes : d’un corps qui nous est commun avec les bêtes, et d’un esprit qui nous est commun avec la divinité. Les uns penchent vers cette première parenté, s’il est permis de parler ainsi, parenté malheureuse et mortelle. Et les autres penchent vers la dernière, vers cette parenté heureuse et divine. De là vient que ceux-ci pensent noblement, et que les autres, en beaucoup plus grand nombre, n’ont que des pensées basses et indignes.

Que suis-je, moi ? Un petit homme très malheureux ; et ces chairs, dont mon corps est bâti, sont effectivement très chétives et très misérables. Mais tu as en toi quelque chose de bien plus noble que ces chairs. Pourquoi, t’éloignant donc de ce principe si élevé, t’attaches-tu à ces chairs ? Voilà la pente de presque tous les hommes, et voilà pourquoi il y a parmi eux tant de monstres, tant de loups, tant de lions, tant de tigres, tant de pourceaux. Prends donc garde à toi, et tâche de ne pas augmenter le nombre de ces monstres.

-Dis-toi d’abord ce que tu veux être, puis fais ce qu’il faut pour le devenir.

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