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Ecole Averroès : la préfecture bloque l’ouverture d’une classe de primaire

Les préfets changent, mais l’hostilité persiste. Considéré comme l’établissement le plus inspecté de France, le groupe scolaire musulman Averroès, à Lille, s’est vu refuser, fin janvier, l’ouverture d’une classe de primaire par la préfecture du Nord. En cause, des liens supposés « ad vitam æternam » avec « la mouvance frériste ».

Selon un courrier adressé le 22 janvier 2026 à l’établissement privé musulman, le représentant de l’État a décidé d’interdire l’ouverture d’une classe de CP dans une annexe du groupe scolaire Averroès. S’il « estime devoir s’opposer » à cette ouverture, qui concernerait vingt-cinq élèves à la rentrée 2026, c’est « en premier lieu », selon le préfet, parce que ce projet d’extension « se rattache clairement à la mouvance frériste ».

« C’est l’éternelle suspicion qui ressurgit »

Préfet des Hauts-de-France depuis février 2024, Bertrand Gaume semble ainsi s’inscrire dans la continuité de son prédécesseur, Georges-François Leclerc, aujourd’hui directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. Dans ce courrier, que le directeur Éric Dufour dit avoir reçu le 22 janvier, le préfet justifie son refus par des éléments déjà invoqués par le passé.

Dans le détail, il mentionne « la présence au sein des instances dirigeantes de plusieurs figures importantes de cette mouvance », citant notamment Amar Lasfar, président du groupe scolaire de sa création jusqu’à mars 2023 et toujours membre du conseil d’administration, ainsi que Makhlouf Mamèche, salarié d’Averroès chargé de l’administratif et, depuis novembre 2025, dirigeant de l’organisation Musulmans de France.

Ces arguments ne sont pas nouveaux. À l’automne 2023 déjà, Georges-François Leclerc avait invoqué des « liens avec la mouvance des Frères musulmans » pour justifier la résiliation du contrat liant Averroès à l’État. « C’est l’éternelle suspicion qui ressurgit, comme si la justice n’avait rien balayé », a réagi Éric Dufour.

Un acharnement administratif

Avant cette décision du 22 janvier 2026, le préfet du Nord s’était déjà opposé une première fois à cette ouverture, le 8 juin 2025, selon Mediacités. À l’époque, il était question d’un défaut de demande d’autorisation d’urbanisme auprès de la mairie pour les travaux d’aménagement de l’annexe. Désavouée par le tribunal administratif de Lille un mois plus tôt, la préfecture n’avait alors évoqué aucun motif lié au « frérisme », mais plutôt des doutes sur « l’état d’impréparation des locaux ».

L’établissement indique avoir investi 100 000 euros pour aménager l’annexe (sanitaires, salles, matériel), dont la conformité aurait été constatée par des inspecteurs d’académie. Un recours en référé-suspension doit être déposé « dans les tout prochains jours » devant le tribunal administratif, a précisé l’avocat de l’école, Me Paul Jablonski.

Lire sur le sujet : La justice ordonne le rétablissement du contrat du lycée Averroès

Ciblé depuis plus d’une décennie

Le groupe scolaire, qui comprend un collège hors contrat et un lycée dont le contrat a été rompu fin 2023 avant d’être rétabli par la justice en 2025, accueille près de 800 élèves, ce qui en fait le principal établissement musulman de France. Ouvert en 2003 (2012 pour le collège), l’établissement de Lille-Sud reste, depuis plus de dix ans, sous l’attention étroite de l’État.

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