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lundi 22 juillet 2024

Colère des agriculteurs : vers la fin des blocages ?

Crise agriculture

Quinze jours après le début de la fronde des agriculteurs, la pression était monté d’un cran, mercredi, après une manifestation au marché de Rungis et l’interpellation de 79 agriculteurs. Un semblant d’apaisement est survenu hier suite aux annonces du Premier ministre, Gabriel Attal, pour répondre aux revendications du monde agricole français. Focus.

Alors que la mobilisation s’était intensifiée ces derniers jours, Gabriel Attal et plusieurs ministres ont dévoilé jeudi une série de mesures qui semble avoir fait mouche auprès des syndicats majoritaires de la FNSEA et Jeunes Agriculteurs qui ont appelé à suspendre les blocages.

Bien que le sentiment d’avoir été « entendus par le gouvernement » prédomine chez une partie des agriculteurs, d’autres mouvements agricoles comme la Coordination rurale ont d’ores et déjà annoncé poursuivre la mobilisation. 

Regain de tension au marché de Rungis

Ils étaient décidés à faire le siège de la capitale. Jeudi matin, les gardes à vues de 79 agriculteurs étaient levées après une tentative d’occupation la veille dans une « zone de stockage » du marché international de Rungis. Une confrontation musclée avec les forces de l’ordre s’en était suivi.

La coprésidente de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, Karine Duc, avait qualifié l’interpellation des agriculteurs de « rafle » et annoncé porter plainte pour « atteinte au droit de manifester » :

« Quand vous avez des agriculteurs qui viennent sur un site de manière pacifique sans dégrader quoi que ce soit, qui sont interpellés, mis massivement ‘à l’abri’ pour ne pas dire autre chose… Je ne vois pas quel autre mot on peut utiliser »

Le parquet a indiqué que les investigations « vont se poursuivre » dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour « dégradation du bien d’autrui en réunion ».

Des annonces estimés à 400 millions d’euros

Deux jours après les annonces faites pour l’agriculture française lors de sa déclaration politique générale, Gabriel Attal a présenté, jeudi 1er février à Matignon, une nouvelle série de mesures pour répondre à la fronde des agriculteurs mobilisés dans toute la France.

Les ministres de l’Economie, de l’Agriculture et de la Transition écologique, Bruno Le Maire, Marc Fesneau et Christophe Béchu, ont également détailler ces annonces dont le coût est estimé à 400 millions d’euros. Le gouvernement consacrera «150 millions d’euros en soutien fiscal et social dès cette année et de façon pérenne ».

Deux milliards d’euros vont notamment être débloqués pour faciliter l’octroi des prêts aux agriculteurs nouvellement installés afin de « permettre des investissements ou la reprise des exploitations », a indiqué Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture.

Polémique autour de la suspension du plan Ecophyto

Le gouvernement a déclaré suspendre le plan Ecophyto. Ce plan consistait à réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030 (par rapport à 2015-2017) et à accélérer la recherche d’alternatives.

Rejeté d’emblée par les producteurs de grandes cultures agricoles, Gabriel Attal a donc annoncé qu’Ecophyto serait « mis à l’arrêt le temps de mettre en place un nouvel indicateur » ce qui a provoqué une polémique auprès de certains élus dont le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure :

« Le mouvement des agriculteurs revendiquait des revenus décents pour tous, le gouvernement répond par un droit à polluer (au détriment des agriculteurs d’abord) pour produire plus et plus mal. L’agrobusiness a de beaux jours devant lui. La malbouffe aussi »

Concernant le respect des lois Egalim visant à garantir un revenu minimum aux agriculteurs, le gouvernement a promis une revalorisation des retraites et le respect de la loi qui encadre la relation commerciale entre les producteurs et la grande distribution.

Levée de siège chez une partie des agriculteurs

Une partie des agriculteurs ont suspendu leurs blocages « avec le sentiment d’avoir été entendus » après les déclarations du Premier ministre. Dans l’ouest et le nord du pays, la plupart des blocages prenaient fin suivant l’appel de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

Le président de la section régionale de la FNSEA dans les Hauts-de-France, Simon Ammeux, indiquait cependant rester « très très vigilants » au respect des annonces. Les blocages ont été maintenus dans les Bouches du Rhône et dans le Centre du pays notamment à l’appel de la Confédération paysanne car « la question fondamentale du revenu n’est toujours pas prise à bras-le-corps par le gouvernement ».

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