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« Chasse aux calots » à l’hôpital : Majdouline de nouveau sanctionnée

Un acharnement morale et juridique. Licenciée et exclue de la fonction publique pour avoir refusé de retirer son calot, l’infirmière Majdouline B. devait être réintégrée sous un mois. Mais avant même sa réintégration effective, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) l’a de nouveau placée en mise à pied pour huit mois.

Après près de quatre mois de procédure, Majdouline B. n’en voit toujours pas l’issue. Alors que le tribunal administratif de Paris avait, le 6 janvier, suspendu son licenciement et ordonné à l’AP-HP de la réintégrer provisoirement, Mediapart révèle ce samedi 31 janvier que l’infirmière fait désormais l’objet d’une suspension de huit mois.

Une nouvelle exclusion qui contredit la décision judiciaire

D’abord révoquée, puis partiellement rétablie par la justice administrative, la soignante est aujourd’hui visée par une nouvelle mise à pied de huit mois. Les motifs avancés par la direction des Hôpitaux de Paris reposent sur « le port répété d’un couvre-chef sur son lieu de travail et son refus de le retirer ». Cette décision contredit directement celle rendue par le tribunal administratif de Paris.

Une décision sur le fond reste attendue, mais la justice administrative avait pourtant enjoint l’AP-HP de « réintégrer, à titre provisoire […] dans un délai d’un mois » Majdouline. La soignante aurait reçu, d’après Blandine Chauvel, élue Sud Santé, un courrier « en début de semaine » l’informant de cette sanction.

« Le juge des référés avait ordonné la réintégration de ma cliente, l’AP-HP ne l’a jamais fait et a prononcé une nouvelle exclusion », a regretté auprès de l’AFP l’avocat de Majdouline B., Me Lionel Crusoé. Sa cliente entend contester une nouvelle fois cette décision en justice.

Une « dérive inquiétante » islamophobe et raciste

À l’origine de cette « chasse aux calots » figure une charte de laïcité que l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris a imposée à son personnel en novembre 2023. C’est sur ce texte que la direction, estimant que « tout signe peut devenir religieux par la volonté de celui qui le porte » et être ainsi qualifié de « signe religieux par destination ».

En soutien à leur collègue, des syndicalistes et soignants dénonçaient une « dérive inquiétante », jugée islamophobe et raciste. Un rassemblement s’était notamment tenu en décembre devant l’institution judiciaire.

« La direction vise des femmes, sur des bases discriminatoires, en présumant qu’elles sont de confession musulmane, et en s’arrogeant le droit de régenter ce qu’elles ont sur la tête alors même qu’il n’y a aucune manifestation religieuse », avait dénoncé le syndicat Sud Santé de la Pitié-Salpêtrière dans un communiqué diffusé le 30 janvier.

Lire sur le sujet : France : quand l’hôpital traque les couvre-chefs des soignantes musulmanes

Une affaire qui touche d’autres soignantes musulmanes

L’affaire Majdouline B. n’est pas isolée, mais s’inscrit dans un mouvement plus large touchant pluiseurs soignantes musulmanes, ou perçues comme telles. Des situations comparables auraient été signalées dans plusieurs hôpitaux, notamment à Tenon, où la CGT appelle à un rassemblement le 13 février à 14 heures devant l’établissement, contre la répression liée au port du calot.

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