Après l’escalade, la désescalade ? Après plus de cinq semaines de guerre israélo-américaine contre l’Iran et un énième ultimatum de Donald Trump, Washington et Téhéran se sont accordés sur une trêve de deux semaines, conditionnée à la réouverture du détroit d’Ormuz et à l’ouverture de négociations autour d’un plan « en dix points » proposé par l’Iran.
Moins de deux heures avant l’expiration de son ultimatum adressé à l’Iran, Donald Trump a annoncé, hier, un cessez-le-feu de quinze jours. En contrepartie, Téhéran s’est engagé à rouvrir le détroit d’Ormuz, point stratégique du transport mondial de pétrole, et a transmis à Washington une « proposition en 10 points ».
Israël contraint d’accepter la trêve
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, intermédiaire entre les deux États, a confirmé dans un message publié sur X que « la République islamique d’Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés, ont convenu d’un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et dans d’autres régions, avec effet immédiat ».
Le président américain a affirmé que les États-Unis avaient bien reçu ce plan et a estimé « qu’il s’agit d’une base de négociation acceptable ». Israël a accepté, dans la nuit de mardi à mercredi, cet accord de cessez-le-feu, bien que cette guerre ait été jugée « existentielle » par Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien a toutefois précisé que le cessez-le-feu n’inclurait pas le Liban.
Les #ÉtatsUnis et l'#Iran se sont accordés ce mardi pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d'une réouverture du détroit d'#Ormuz, à une heure de l'ultimatum de Donald #Trump.
— FRANCE 24 Français (@France24_fr) April 8, 2026
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Que contient le plan proposé par l’Iran ?
Les autorités iraniennes ont indiqué que des pourparlers doivent débuter dès vendredi avec Washington, au Pakistan. Les discussions devraient s’appuyer sur une « proposition en dix points » soumise par Téhéran, incluant « le principe de non-agression, la poursuite du contrôle iranien du détroit d’Ormuz, l’acceptation de l’enrichissement en uranium, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires ».
L’Iran réclame également l’arrêt des résolutions adoptées contre lui par le Conseil de sécurité de l’ONU et par le conseil des gouverneurs de l’AIEA, le versement de compensations, le retrait des forces militaires américaines de la région et la cessation des combats sur tous les fronts, y compris au sud du Liban.
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Une reddition des États-Unis ?
« On a l’impression d’être face à une reddition des États-Unis », analyse, sur franceinfo, Romuald Sciora, essayiste et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l’IRIS. « Donald Trump s’est lancé dans cette guerre sans aucune stratégie. », estime le chercheur.
« Depuis maintenant près de deux semaines, Trump cherchait désespérément une sortie de secours. (…) Cela va lui coûter très cher dans les urnes en novembre lors des mid-terms (les élections de mi-mandat) », prévient Romuald Sciora. « C’est sa guerre et il y est allé contre l’avis de son vice-président, des sénateurs républicains et de la plupart des généraux du Pentagone ».
Enfin, selon lui, « les États-Unis n’ont pas gagné cette guerre » et l’accord apparaît « comme une victoire pour l’Iran ». Le président américain « se contentera de la réouverture du détroit d’Ormuz, qui n’était pas véritablement fermé il y a encore quelques semaines ».
