Les prix des carburants approchent ou dépassent les 2 euros le litre en France, sous l’effet de la guerre contre l’Iran. Alors que plusieurs pays européens plafonnent les prix ou baissent les taxes pour aider les consommateurs, le gouvernement français refuse toujours d’adopter ces mesures.
En toile de fond, la même crise pour tout le monde : la guerre Israélo-US contre l’Iran, le blocage du détroit d’Ormuz par où passe environ un cinquième du pétrole brut mondial. En conséquence, le prix du baril flambe, dépassant la barre des 120 dollars. Une augmentation qui se ressent à la pompe, puisque le litre d’essence et de diesel a largement franchi le seuil symbolique des deux euros.
Des pays européens prennent des mesures
Alors que la guerre se poursuit contre l’Iran, les pays européens font face à une hausse drastique du prix du pétrole. Les prix à la pompe ont flambé. Ils oscillent désormais entre 2 à 3 euros. Plusieurs pays ont ainsi plafonné les tarifs des carburants, afin d’éviter qu’ils ne s’envolent davantage et prévenir les pénuries. En Europe, la Grèce, la Hongrie et la Croatie appliquent ces mesures.
En Italie, un « décret carburants » prévoit de réduire, pour une période de vingt jours à compter du 19 mars, la fiscalité sur le gazole, l’essence et le GPL, pour une baisse d’environ 0,25 euro par litre pour tous. « Nous réduisons le prix du carburant d’environ 0,25 euro par litre pour tous », a annoncé Giorgia Meloni.
Au Portugal, le gouvernement a choisi d’imposer un bouclier tarifaire automatique. Dès que le prix du carburant grimpe de dix centimes par litre par rapport aux niveaux observés début mars, l’État réduit la taxe sur les produits pétroliers pour compenser exactement les recettes supplémentaires de TVA. En parallèle, Lisbonne prolonge une baisse de taxes équivalente à 1,8 centime par litre pour le gazole et 3,3 centimes pour l’essence, selon BFMTV.
🔴🇪🇸 𝗙𝗟𝗔𝗦𝗛 𝗜𝗡𝗙𝗢 — En Espagne, le litre de carburant chute à 1,51€ après la division par deux de la TVA sur les carburants, passée de 21% à 10%.
— Bastion (@BastionMediaFR) March 23, 2026
Le prix est passé de près de 2€ à 1,51€ dès ce 22 mars, dans le cadre d’un plan d’urgence de 5 milliards € adopté face à… pic.twitter.com/6c1dXsw8Nj
La France s’en remet à la bonne volonté des enseignes
En Espagne, le gouvernement met en place un nouvel arsenal fiscal « calqué » sur celui de 2022. À l’époque, l’État avait accordé une remise de 20 centimes par litre d’essence ou de diesel à la pompe et abaissé la TVA sur l’électricité de 21 % à 5 %. À cela s’ajoutent d’autres réponses en Europe : la Serbie a réduit de 20 % les accises sur les carburants, quand l’Allemagne prépare une loi obligeant les compagnies pétrolières soupçonnées d’abus à prouver qu’elles ont agi « légalement » et prévoit de limiter la hausse des prix à la pompe.
Partout ou presque, l’État intervient directement sur les taxes ou les prix. Mais pas en France où le gouvernement n’envisage toujours pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué ce jeudi 19 mars 2026 sa porte-parole Maud Bregeon. Lors d’une réunion le 12 mars avec les vendeurs d’essence, Bercy a conclu à « aucune décision« , et s’en remet à la bonne volonté des enseignes.
TotalEnergies a ainsi annoncé le plafonnement du litre d’essence à 1,99 euro et celui du diesel à 2,09 euros, jusqu’à fin mars, pendant que certaines grandes surfaces multiplient les opérations ponctuelles.
🚨🇫🇷⛽️ "NOUS N’AVONS PLUS D’ARGENT !"
— Impact (@ImpactMediaFR) March 29, 2026
Le gouverneur de la Banque de France s’OPPOSE à des AIDES publiques sur le carburant, malgré la flambée des prix.
(Le Figaro) pic.twitter.com/JYv4m6jMlg
Dans l’attente d’un éventuel tournant politique ?
Pendant que l’Italie, le Portugal ou l’Espagne utilisent déjà l’arme fiscale ou des boucliers automatiques pour casser la hausse, la France mise d’abord sur ces engagements privés et sur la maîtrise de ses comptes publics, laissant les automobilistes dans l’attente d’un éventuel tournant politique (un comeback des gilets jaunes ?) si le baril continue de grimper.
En 1990, le gouvernement de Michel Rocard avait pourtant bloqué pendant plusieurs semaines les prix à la pompe, en raison de la guerre du Golfe. Or, lors de la précédente crise des prix des carburants, liée à la guerre en Ukraine, le gouvernement avait rejeté le recours à cette option, préférant une réduction de 15 centimes par litre de carburant, d’avril à juin 2022.
