Lors du 40e dîner annuel du CRIF, le Premier ministre Sébastien Lecornu a mêlé annonces législatives, défense d’Israël et rejet des accusations de génocide à Gaza. Il a promis que la République « ne cédera rien » face à un antisémitisme contemporain qui, selon lui, se dissimule derrière l’antisionisme.
Près de 1 000 invités, dont une vingtaine de ministres, ont participé au 40e dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Lors de son intervention, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que la proposition de loi Yadan, présentée comme un texte de « lutte contre l’antisémitisme », serait examinée au Parlement « dès le mois d’avril », avec pour objectif de pénaliser l’antisionisme.
« Se dire antisioniste, c’est nier l’existence d’Israël »
« Nous inscrirons à l’ordre du jour du Parlement, dès avril, une proposition de loi, portée par (la députée) Caroline Yadan », a déclaré le chef du gouvernement. Selon lui, après la pénalisation de l’antisémitisme, « il faut une étape supplémentaire, car appeler à la destruction d’Israël est un appel à la mise en danger de tout un peuple ». Il a ajouté qu’« se dire antisioniste, c’est contester le droit d’Israël à exister ».
Le texte défendu par la députée Caroline Yadan prévoit notamment d’étendre le délit d’apologie du terrorisme et de créer une infraction de « négation d’un État ». D’après le Premier ministre, « appeler à la destruction de l’État d’Israël, c’est appeler à la mise en danger vitale d’un peuple », estimant également que l’expression « De la mer au Jourdain » constituerait un appel à la disparition d’Israël.
🇫🇷 Sébastien Lecornu annonce mettre la proposition de loi Yadan, confondant l'antisionisme avec l'antisémitisme à l'ordre du jour de l'Assemblée en avril.
— The NEWS (@TheNews_Fr) February 19, 2026
Il ajoute que : « Dire "de la mer au Jourdain", c'est appeler à l'effacement d'Israël (…) Et l'appel au meurtre est… pic.twitter.com/3em2pXsbCZ
Négation du génocide à Gaza
Rappelant l’attachement de la France à une solution à deux États, Sébastien Lecornu a dénoncé « l’instrumentalisation politique du droit international » et l’usage du mot « génocide » comme « arme politique » visant, selon lui, à relativiser la mémoire de la Shoah.
« La guerre des mots prépare la guerre contre les personnes », a-t-il averti, jugeant que ce terme reviendrait à « retourner l’accusation » contre les Juifs en les faisant passer de victimes à bourreaux. Il a également pris pour cible la rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, estimant que certaines de ses positions « décrédibilisent profondément la parole internationale ».
Il a indiqué que la France demandait sa démission, alors même que des éléments ont montré que des propos qui lui étaient attribués avaient été tronqués et sortis de leur contexte.
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LFI est un « danger existentiel pour les Français juifs »
Avant son intervention, le président du Crif, Yonathan Arfi, avait salué la proposition présidentielle visant à rendre inéligibles les auteurs de propos antisémites.
Il a aussi critiqué plusieurs figures de La France insoumise (LFI), citant Rima Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud et Thomas Portes, qualifiant LFI de « danger existentiel pour les Français juifs » et appelant le Parti socialiste à rompre avec ce mouvement à l’approche des municipales.