Ce dimanche, Israël a annoncé le bannissement de Médecins sans frontières (MSF) de Gaza, après le refus de l’ONG de transmettre la liste détaillée de ses employés palestiniens. La veille, la Défense civile a annoncé la mort 32 palestiniens, dont des femmes et des enfants, suite à des nouvelles frappes israéliennes.
Israël a, une nouvelle fois, violé le cessez-le-feu samedi. Des frappes aériennes ont fait 32 morts dans la bande de Gaza, selon la Défense civile, parmi lesquels des femmes et des enfants. Le lendemain, les autorités israéliennes ont annoncé que Médecins sans frontières (MSF) devrait définitivement quitter le territoire palestinien « d’ici le 28 février ».
Un crime commis par une entité qui ne respecte ni accord ni engagement
« Le bilan depuis l’aube est monté à 32 morts, pour la plupart des enfants et des femmes », a indiqué samedi la Défense civile de Gaza dans un communiqué. Si des victimes sont recensées presque chaque jour depuis l’entrée en vigueur de la trêve en octobre, les frappes de samedi se distinguent par leur intensité meurtrière.
« Ce qui s’est passé aujourd’hui est un crime à part entière commis par un ennemi qui ne respecte ni les accords ni aucun engagement », a déclaré Souhail al-Hindi, membre du bureau politique du Hamas. Dans un communiqué, l’armée israélienne affirme avoir agi en représailles à un incident survenu vendredi, au cours duquel huit combattants palestiniens seraient sortis d’un tunnel à Rafah, au sud de Gaza.
ALERTE INFO – Israël décide de mettre fin aux activités de Médecins sans Frontières (MSF) dans la bande de Gaza d'ici au 28 février pour avoir refusé de fournir la liste de ses employés palestiniens. pic.twitter.com/zqisByD10z
— franceinfo (@franceinfo) February 1, 2026
MSF placé « devant un choix impossible »
Le lendemain, le ministère israélien de la Diaspora, chargé de l’enregistrement des organisations humanitaires, a précisé que MSF devait quitter le territoire palestinien « d’ici le 28 février ». Cette décision intervient « au refus de MSF de soumettre des listes d’employés locaux, une exigence applicable à toutes les organisations humanitaires opérant dans la région », a-t-il indiqué.
Le ministère affirme que deux employés de l’ONG auraient des liens avec le Hamas et le Jihad islamique, ce que MSF conteste fermement. Pour Claire Magone, directrice générale de MSF, l’organisation a été placée « devant un choix impossible : fournir, sans discussion, sans condition, des listes de personnel pour oser espérer, sans garantie d’ailleurs, continuer à travailler à Gaza ».
Cela reviendrait, selon Claire Magone, à « donner à l’aveugle un pouvoir de coercition supplémentaire à Israël qui peut se retourner contre la sécurité du personnel ».
Lire sur le sujet : Gaza : « Autoriser l’aide humanitaire n’est pas une faveur, c’est une obligation »
« Tous les États » doivent faire pression sur Israël
« Les Palestiniens ont un besoin énorme d’aide, puisqu’ils sont désormais complètement dépendants de l’aide extérieure », alerte la directrice générale de l’ONG, soulignant que la société « de Gaza a été complètement détruite et, avec elle, le système sanitaire ». MSF compte « toujours 1 000 personnes, 1 000 collègues palestiniens qui travaillent avec des internationaux encore sur place ».
La responsable assure qu’il y a « encore du stock » pour poursuivre les opérations « mais on a cette perspective, cette épée de Damoclès au-dessus ». Elle regrette que « les autorités israéliennes ne souhaitent pas discuter pour l’instant avec nous » et appelle « tous les États » à faire pression pour permettre la poursuite des activités de l’ONG à Gaza.