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Ali Khamenei : quarante ans au sommet du pouvoir iranien

Ali Khamenei est décédé à l’âge de 86 ans lors de frappes israélo-américaines menées samedi 28 février à Téhéran. Successeur de l’ayatollah Khomeyni en 1989, il incarnait la République islamique et fixait les grandes orientations politiques du pays. Retour sur quelques faits marquants.

L’annonce a été officialisée par la télévision d’État iranienne dans la nuit de samedi à dimanche : l’ayatollah Ali Khamenei a péri samedi lors de frappes aériennes américano-israéliennes visant Téhéran. Figure centrale du pouvoir iranien depuis plus de quatre décennies, il dirigeait le pays sur les plans politique et religieux depuis 1989. Le 1er mars 2026, l’ayatollah Alireza Arafi a été désigné membre juriste du conseil de direction chargé d’assurer provisoirement les fonctions de Guide suprême à la suite d’Ali Khamenei.

Ascension religieuse et politique

À Téhéran, des milliers de personnes ont convergé vers le centre-ville, certaines en pleurs, agitant des drapeaux iraniens et scandant « mort à l’Amérique », « mort à Israël » après l’annonce du décès du guide suprême. À Chiraz, dans le sud, des rassemblements similaires ont appelé l’armée à « venger » l’ayatollah. Des scènes comparables ont également été observées en Irak, témoignant de l’influence majeure du successeur de Khomeini.

Né le 19 avril 1939 dans une famille religieuse, Khamenei a étudié dans les séminaires de Mashhad puis à Najaf, en Irak, avant de revenir en Iran et de s’établir à Qom, où il a poursuivi sa formation auprès de figures telles que l’ayatollah Hossein Borujerdi et l’ayatollah Ruhollah Khomeini. Il s’est rapidement imposé dans l’appareil révolutionnaire, occupant des responsabilités au sein du Conseil révolutionnaire islamique, devenant député puis vice-ministre de la Défense, tout en dirigeant la prière du vendredi à Téhéran.

En 1981, il survit à une tentative d’assassinat : une bombe dissimulée dans un magnétophone explose alors qu’il s’exprime dans une mosquée. L’attentat, attribué au groupe Forqan, le laisse grièvement blessé et paralysé du bras droit.

Nouveau guide suprême en 1989

Après l’assassinat du président Mohammad Ali Raja’i et du Premier ministre Mohammad Javad Bahonar par des membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran, Khamenei se présente à la présidentielle et obtient 95 % des suffrages lors d’un scrutin sans opposition. Il doit alors gérer la guerre Iran-Irak face à Saddam Hussein, conflit meurtrier ayant fait environ un million de victimes.

Ali Khamenei (à droite)

En septembre 1987, devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, il critique la présence américaine : « Notre message aux gouvernements du tiers monde est le suivant : tant que l’ordre de domination et la situation actuelle perdurent, ils doivent s’efforcer de créer l’unité entre eux : c’est le meilleur moyen de devenir puissants », affirme-t-il. La mort de l’ayatollah Khomeiny, le 3 juin 1989, marque un tournant. L’Assemblée des experts choisit Khamenei comme nouveau guide, malgré ses propres réserves initiales quant à sa légitimité.

S’ouvre alors une période de cohabitation complexe avec le président Ali Akbar Hashemi-Rafsanjani, dont les orientations plus libérales s’opposent au conservatisme du Guide. L’arrivée de Mahmoud Ahmadinejad en 2005 semble rapprocher la présidence du Guide, relation consolidée après la réélection contestée de 2009.

Lire sur le sujet : Ali Khamenei, première autorité religieuse chiite du monde

Dossier nucléaire et manifestations

En 2013, l’élection d’Hassan Rouhani marque un retour à une ligne plus modérée. Khamenei réaffirme son autorité tout en autorisant une diplomatie plus pragmatique, notamment autour du dossier nucléaire. Les ambitions nucléaires de l’Iran restera une source particulière de tensions entre Téhéran et Washington, qui avait entraîné des sanctions économiques paralysantes contre l’Iran pendant une grande partie de la dernière décennie. 

Ces négociations débouchent sur le Plan d’action global commun en 2015 et la levée des sanctions l’année suivante. Khamenei évoque alors la nécessité d’une « flexibilité héroïque », tout en avertissant : « L‘accord nucléaire, en tant qu’expérience, a une fois de plus prouvé l’inutilité de négocier avec les Américains, leurs mauvaises promesses et la nécessité de ne pas faire confiance aux promesses de l’Amérique ».

Manifestation en Iran

Après le retrait américain de l’accord en 2018, les tensions s’accentuent. De vastes manifestations secouent le pays en 2017, 2019 puis en 2022 après la mort de Mahsa Amini. Fin 2025, une nouvelle vague de contestation liée à la crise économique est violemment réprimée. Khamenei accuse alors Washington : « Nous considérons le président américain comme un criminel pour les pertes humaines, les dommages et la diffamation qu’il a infligés à la nation iranienne ».

L’« Axe de la Résistance »

Sur le plan régional, le guide suprême impulse la formation de l’« Axe de la Résistance », réunissant le Hezbollah, la Syrie de Bachar al-Assad, le Hamas, les Houthis et plusieurs milices irakiennes. Mais après le 7 octobre 2023, cet axe s’affaiblit sous les offensives israéliennes. En septembre 2024, l’assassinat d’Hassan Nasrallah fragilise le Hezbollah.

Quelques mois plus tard, la prise de pouvoir de Joulani en Syrie coupe la continuité territoriale iranienne vers le Liban. Israël intensifie alors ses frappes, et à la mi-juin 2025, l’Iran mène sa première guerre ouverte sur son sol depuis plus de quarante ans.

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