Imam, conférencier et auteur, Noureddine Aoussat prend la parole sur l’affaire Tariq Ramadan et dénonce un silence de la honte. « La mascarade, sordide, insidieuse et dangereuse du déroulement du procès, à huis-clos, sans la présence de l’accusé ni celle de ses avocats, est un précédent qui, sans doute, entachera pour longtemps la justice française », écrit-il sur Mizane.info.
Sur le jugement par défaut et à huis-clos de Tariq Ramadan…
Le discernement est une preuve de lucidité. La nuance est un courage et une honnêteté morale et intellectuelle Enfin, la dignité, elle ne s’achète pas, elle ne s’emprunte pas, ni elle ne se simule sans qu’on en finisse par le découvrir un jour. En fait, on est digne ou on ne l’est pas.
Celles et ceux, notamment des nôtres, qui se murent dans un indigne silence face au lynchage de Tariq Ramadan par une opinion connue de longue date et des médias qui ont applaudis le massacre des dizaines de milliers de palestiniens, doivent avoir HONTE !
Moi, Noureddine AOUSSAT, ayant débattu et controversé avec Tariq Ramadan, sur des thèmes théologiques et politiques, ayant aussi -et surtout dois-je souligner- publié une longue tribune sur mon blog de Médiapart, le 1er novembre 2017 sur cette affaire de présumés viols commis sur trois femmes (voir le lien en com pour lire la tribune) ; je ne pourrais aujourd’hui rester silencieux face au réquisitoire qui vient d’être rendu public, et qui constitue le premier épilogue de cette affaire.
La mascarade, sordide, insidieuse et dangereuse du déroulement du procès, à huis-clos, sans la présence de l’accusé ni celle de ses avocats, est un précédent qui, sans doute, entachera pour longtemps la justice française. Comment peut-on juger sereinement un homme malade, hospitalisé, ayant présenté des preuves de certificats médicaux, sans qu’il puisse se défendre ?

Je partagerai ci-bas les liens de mes articles attestant de mes divergences de vues et de positions, sur nombre de sujets, avec le frère Tariq RAMADAN. Ces liens sont surtout à destination de celles et ceux qui étaient ses compagnons fidèles, et qui, aujourd’hui sont murés dans un silence de morts. Il va sans dire, que je suis loin de viser uniquement les cadres de MF (ex-UOIF).
Comme, on peut le lire dans l’article ci-dessous de Mizane.info, cette panoplie de sanctions requises à l’encontre Tariq Ramadan, est exceptionnelle et devrait donc interroger tout un chacun de nous tous, sans exception.
Si, d’une manière générale, dans les procès, ce ne sont pas toujours les faits qui sont jugés, mais les Hommes. Dans le procès de Tariq Ramadan, tant dans le fond que dans la forme, jusqu’au réquisitoire, ce n’est pas que l’homme qui a été jugé, mais aussi sa filiation, sa confession, y compris l’homme imaginaire qu’il n’a jamais été ou prétendu avoir été un jour, c’est-à-dire prédicateur, le frère musulman,… etc.
À qui profite un tel jugement, bourré d’entorses aux règles de justice et de droit les plus élémentaires ?
Bien entendu que le verdict prononcé, nous apprennent, les avocats de Tariq Ramadan, va faire l’objet d’un recours en cour d’appel. Et sans faire trop d’illusions sur le dernier épilogue de cette affaire, que nous découvrirons dans quelques mois ou quelques années, il n’en demeure pas moins que les ennemis de Tariq Ramadan dont les discours corellent et matchent totalement avec les tenants de l’islamophobie (je ne citerai aucun nom pour ne pas risquer de la prison ferme), savaient qu’ils ne risquaient rien à le diffamer, le condamner sans appel, et conspirer contre lui. Ont-ils gagné ? Oui, pour ainsi dire, pour cette première partie. Mais à quel prix ?
En tout état de cause, avec ce procès-mascarade, la justice française n’a pas du tout gagné, et « elle n’en sort pas du tout grandie » comme le dit maître El Hamamouchi.
Noureddine Aoussat
