Le siège de président de l’Institut du Monde Arabe est désormais vacant. Embourbé par les récentes révélations liées à l’affaire Jeffrey Epstein, Jack Lang a présenté, ce samedi, sa démission de la présidence de l’IMA. Une décision entérinée dès le lendemain, dimanche, par le gouvernement français.
Convoqué en urgence par le ministre des Affaires étrangères à la suite des révélations liées au pédocriminel Jeffrey Epstein, l’ancien ministre de la Culture Jack Lang a « proposé » sa démission au Quai d’Orsay, ce samedi, « afin de préserver l’Institut du Monde Arabe et son travail exemplaire et de pouvoir sereinement récuser toutes les accusations », peut-on lire dans la lettre adressée à Jean-Noël Barrot.
Une déchéance politique inédite
En quelques jours, Jack Lang a traversé une déchéance politique inédite. L’apparition de son nom dans les documents de l’affaire Epstein a ravivé, sur les réseaux sociaux, d’anciennes polémiques liées à des faits pédocriminels évoqués dès les années 1980. Face à la controverse, l’ex-président de l’IMA a reconnu ses liens passés avec Epstein, tout en assurant n’avoir jamais eu connaissance de ses crimes.
L’Élysée s’est néanmoins saisi du dossier, demandant au ministère des Affaires étrangères de convoquer Jack Lang, le dimanche 8 février. Les appels à sa démission de la présidence de l’Institut du Monde Arabe se sont multipliés dans l’ensemble de la classe politique.
Par ailleurs visé par une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée ouverte par le parquet national financier, Jack Lang a finalement remis sa démission. Le gouvernement, par la voix de Sébastien Lecornu, a validé cette décision.
🇫🇷 L'ex-ministre de la Culture Jack Lang a proposé samedi sa démission de l'Institut du monde arabe, dans une lettre au ministre des Affaires étrangères consultée par l'AFP, après l'ouverture d'une enquête du Parquet national financier pour ses liens supposés avec Jeffrey Epstein… pic.twitter.com/z3JxtyOtUr
— Agence France-Presse (@afpfr) February 7, 2026
Une succession rapide et complexe
Quelques minutes après l’annonce, le ministre Jean-Noël Barrot a engagé la procédure de désignation de son successeur et convoqué un conseil d’administration sous sept jours qui « désignera un président ou une présidente par intérim » de l’IMA. « On va s’atteler à nommer très rapidement quelqu’un pour le remplacer », a commenté Éléonore Caroit, sans confirmer les noms évoqués de Michel Barnier, Jean Castex ou Jean-Yves Le Drian.
Le centre culturel, « conçu pour établir des liens forts et durables entre les cultures », né d’un accord entre la France et 22 pays arabes, relève du statut de fondation privée reconnue d’utilité publique. Le choix du successeur devra donc se faire en concertation avec les États partenaires.
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Pétition pour la candidature de Ghaleb Bencheikh
Dans une pétition lancée sur change.org, des « citoyennes et citoyens, artistes, universitaires, acteurs culturels, visiteurs et soutiens de l’Institut du Monde Arabe » demandent que la candidature de l’intellectuel et islamologue Ghaleb Bencheikh « soit examinée avec toute l’attention qu’elle mérite ».
« Par cette pétition, nous sollicitons que sa candidature soit étudiée dans le cadre d’une réflexion ouverte, pluraliste et responsable, à la hauteur des enjeux culturels, intellectuels et symboliques que représente aujourd’hui l’Institut du Monde Arabe ». Relayée par plusieurs personnalités, la pétition a déjà recueilli plus de 300 signatures en quelques heures.