Le ministère américain de la Justice a lancé, vendredi, la publication de trois millions de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein. Selon le New York Times, cette masse « colossale » de fichiers — comprenant « des milliers de vidéos et photos » — apporte « un nouvel éclairage » sur les liens du pédocriminel avec plusieurs personnalités influentes aussi bien américaines que britanniques et françaises.
3 millions de pages, 2 000 vidéos et 180 000 images ont été rendues publiques vendredi par la justice américaine. Au-delà des très nombreuses victimes d’abus sexuels, de violences, de tortures, de meurtres et de trafic d’êtres humains, on apprend qu’Epstein exerçait aussi une influence sur les sphères économiques et politiques, aux États-Unis comme à l’étranger, y compris en France.
Le plus vaste « empire sexuel » mondial
L’ampleur du réseau mis au jour est telle que le Daily Mail parle d’un « empire sexuel », voire du plus vaste « honey trap » mondial, un mécanisme de chantage fondé sur des situations sexuelles compromettantes. Dans cette nouvelle vague de publications, le nom du président Donald Trump apparaît à plusieurs reprises.
Le New York Times évoque une masse « colossale » de documents, « des milliers de vidéos et photos » éclairant les liens entre le pédo-criminel et « plusieurs personnalités influentes », parmi lesquelles Elon Musk, Bill Gates ou le secrétaire au Commerce Howard Lutnick. Au Royaume-Uni, l’ex-ambassadeur aux États-Unis Peter Mandelson figure dans ces fichiers dans une posture jugée indécente. Le prince Andrew fait l’objet de nouvelles accusations.
Les documents révèlent aussi une proximité passée entre la princesse norvégienne Mette-Marit et Epstein, au point qu’un média local s’interroge : « elle pourra devenir reine après cela ? ». En Slovaquie, le Premier ministre a annoncé la démission de son conseiller Miroslav Lajčák, lui aussi cité pour des échanges avec Epstein.
$3.5M pages, 2,000 videos, and 180,000 images later… the #Epstein files are here. Was the goal always to use blackmail to keep the US, UK, and EU in line on foreign policy? We’re looking at a potential state-sponsored operation that bypassed democracy through the shadows. 🎥🚫 pic.twitter.com/IyZE0f6gea
— Offbeat (@_jj_57) January 31, 2026
L’extrême droite française mentionnée
Parmi les milliers de noms mentionnés pour la partie française, deux retiennent l’attention : « National Front » et « Le Pen ». Dans les semaines précédant son incarcération en 2019, Epstein aurait échangé avec ses contacts sur la manière de financer la campagne du Rassemblement national aux européennes de mai 2019. En juillet 2018, le journaliste Michaël Wolff, proche d’Epstein, lui écrivait avoir rencontré des figures de la droite française, « dont le mari de Le Pen », alors Louis Alliot.
Des courriels apparaissent également entre l’ancien ministre Jack Lang et Jeffrey Epstein, révélant une correspondance cordiale sur plusieurs années. Jack Lang a indiqué avoir été présenté à Epstein par Woody Allen, pour lequel ce dernier exprimait, selon lui, une « admiration marquée ».
🚨ALERTE INFO
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) January 31, 2026
Selon un échange d'emails daté du 12 juillet 2018 entre Jeffrey Epstein et Michael Wolff, Steve Bannon a tenu une réunion la veille avec des figures de la droite française, dont le conjoint de Marine Le Pen (désigné comme son "mari" dans le document donc sûrement… pic.twitter.com/Z2kpGaoQen
Epstein aurait reçu des fragments du Kiswa ?
Encore plus troublant, les archives mentionnent également qu’en 2017 Epstein aurait reçu des fragments du Kiswa, le tissu sacré recouvrant la Kaaba, information figurant dans des emails versés aux fichiers du DOJ et relayée en ligne. Enfin, certains éléments des documents d’enquête évoquent d’éventuels liens entre Epstein et le Mossad, le service de renseignement israélien.
Au total, près de 3,5 millions de pages ont été publiées depuis décembre en application d’une loi, a précisé Todd Blanche, numéro deux du ministère de la Justice. « La publication d’aujourd’hui marque la fin d’un processus très approfondi […] pour garantir la transparence au peuple américain et le respect de la loi », a-t-il déclaré en lisant une lettre au Congrès.