Malgré l’entrée en vigueur d’une trêve entre Israël, l’Iran et les États-Unis, l’armée israélienne a lancé hier sa plus grande frappe meurtrière à travers le Liban, provoquant un carnage : plus de 250 morts, selon la défense civile. En réaction, l’Iran menace de se retirer des prochaines négociations de paix à Islamabad, si un cessez-le-feu immédiat n’est pas instauré au Liban.
Des frappes israéliennes ont fait plus de 250 morts au Liban, malgré l’accord de cessez-le-feu conclu avec l’Iran. Un déluge de bombes au lendemain de la trêve entre Téhéran et Washington, avec un bilan qui ne cesse de s’alourdir. L’armée israélienne, qui affirme que la trêve ne concerne pas le Liban, a revendiqué, ce mercredi, avoir mené sa « plus grande frappe coordonnée » depuis fin février, avec « 100 frappes en dix minutes ».
Journée de deuil national au Liban
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a décrété une journée de deuil national ce jeudi 9 avril « pour les martyrs et les blessés lors des attaques israéliennes qui ont visé des centaines de civils innocents et sans défense ». Selon le ministère de la Santé, le bilan s’élève désormais à 254 morts et 890 blessés. Ces frappes ont touché des quartiers résidentiels de Beyrouth, sa banlieue sud, ainsi que le sud et l’est du pays.
« Tous les amis du Liban sont appelés à nous venir en aide pour faire cesser ces attaques par tous les moyens », a déclaré Nawaf Salam. Cette agression massive menace le fragile cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis. Les Gardiens de la Révolution ont averti qu’ils riposteraient si Israël poursuivait ses attaques. « Quelques heures seulement après l’accord de cessez-le-feu, le régime sioniste […] a déclenché un massacre brutal à Beyrouth. Nous adressons un avertissement ferme », ont-ils déclaré.
‼️ [ 🇮🇷 IRAN | 🇮🇱 ISRAËL | 🇱🇧 LIBAN ]
— Little Think Tank (@L_ThinkTank) April 8, 2026
🔸 Israël a mené aujourd’hui des frappes massives au Liban, faisant de très nombreuses victimes.
L’Iran menace de se retirer du cessez-le-feu et d’intensifier ses attaques contre Israël si les frappes israéliennes au Liban se poursuivent,… pic.twitter.com/YHUtWF8Kzo
Un cessez-le-feu fragilisé
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur du conflit, avait pourtant affirmé que la trêve, conclue hier, incluait le Liban, ce qu’Israël et les États-Unis contestent. Il a appelé à la « retenue », estimant que « des violations du cessez-le-feu […] sapent l’esprit du processus de paix ».
Selon des sources citées par le Wall Street Journal, l’Iran menace de se retirer des négociations prévues à Islamabad si un cessez-le-feu immédiat n’est pas instauré au Liban. Téhéran envisage également de revenir sur la réouverture du détroit d’Ormuz, pouvant le maintenir fermé aux pétroliers en réponse aux « provocations » israéliennes.
🇱🇧🇮🇱 – Le Hezbollah annonce poursuivre ses opérations contre Israël, "jusqu'à ce que l'agression israélo-américaine sur le Liban et son peuple prenne fin".
— Infos Liban – FR (@InfosLiban) April 9, 2026
(Média du Hezbollah) pic.twitter.com/IabTnnMNhY
Réaction à l’international
Le Haut-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a jugé l’ampleur des tueries « épouvantable » et appelé à mettre fin au « cauchemar ». En France, Emmanuel Macron a salué la trêve tout en demandant qu’elle inclue « pleinement » le Liban, tandis que l’Espagne a jugé « inacceptable » qu’Israël poursuive son agression dans ce pays du Moyen-Orient.
Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes ont fait plus de 1 500 morts et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes. Tôt ce jeudi, le Hezbollah a annoncé avoir lancé des roquettes sur Israël en réaction à ce qu’il qualifie de « violation » du cessez-le-feu.
