Selon un rapport d’Urgence Palestine et du Palestinian Youth Movement, publié ce mardi, plus de 525 cargaisons d’équipements français à usage militaire auraient été expédiées vers Israël entre octobre 2023 et mars 2026. Une révélation qui contredit les déclarations de Sébastien Lecornu qui affirmait, en juin 2025, qu’il « n’y a aucune vente d’armes françaises à Israël ».
« Entre octobre 2023 et mars 2026, plus de 525 livraisons de matériel militaire ont été expédiées par des fabricants français à destination des industries de défense et aérospatiales israéliennes », révèle un rapport du Palestinian Youth Movement (PYM) et d’Urgence Palestine, rendu public ce mardi.
Faciliter le génocide des Palestiniens
Élaboré à partir de données publiques, l’étude, à la fois précise et « non exhaustive », met en cause « 12 régions et 46 villes » accusées de participer à « la facilitation du génocide des Palestiniens ». En parallèle de ces livraisons, majoritairement transportées par des avions de la compagnie israélienne El Al, la France aurait également autorisé des transits stratégiques.
Ainsi, « entre avril 2025 et octobre 2025, la France a autorisé le transit de plus de 117 pièces d’avion de combat par l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle », précise le rapport. Le document souligne aussi le rôle central de l’aéroport parisien dans l’acheminement de ces cargaisons, expédiées vers 16 sites israéliens dans un « flux continu ». Il pointe une dizaine d’entreprises françaises — Sermat, ADR, Effbe France, Safran, Thales, Aubert et Duval — impliquées dans la fabrication de composants destinés à Elbit Systems, fournisseur majeur de l’armée israélienne.
Un flux continu de composants militaires français envoyés en Israël pendant le génocide à Gaza. C’est ce que révèle le rapport “Les dessous des exportations militaires vers Israël”, réalisé par Urgence Palestine et le Palestinian Youth Movement et publié par Le Monde, avec plus… pic.twitter.com/YO36wsfmsJ
— AJ+ français (@ajplusfrancais) April 8, 2026
Les « dénégations intenables » du gouvernement français
« Il n’y a aucune vente d’armes françaises à Israël », affirmait pourtant Sébastien Lecornu le 6 juin 2025. Des propos qualifiés d’« hypocrisie » et de « mensonge » par les auteurs du rapport, réunis au siège d’Amnesty International. La députée Elsa Faucillon évoque, elle, des « dénégations intenables ».
« Le décalage entre la politique officielle de la France et la réalité de sa chaîne d’approvisionnement […] soulève de sérieuses questions quant à sa complicité », estiment les ONG, en référence au traité sur le commerce des armes signé par la France en 2013, qui interdit tout transfert si les armes peuvent servir à commettre « un génocide, des crimes contre l’humanité […] ou d’autres crimes de guerre ».
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Vers un embargo total des livraisons
Les deux organisations appellent ainsi Paris à « mettre en place un embargo bilatéral total et complet » sur les armes à destination d’Israël, incluant les « composants, pièces détachées et biens à double usage », ainsi qu’à « révoquer toutes les autorisations de transit ».
Paradoxalement, la volonté du gouvernement de Benyamin Netanyahou de suspendre l’achat d’armements français pourrait répondre en partie à ces revendications.
