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Royaume-Uni : les actes islamophobes progressent de 15 % en un an

Royaume-Uni : les actes islamophobes progressent de 15 % en un an

2026-10-09

Écrit par Rédaction

Les actes de haine visant les musulmans ont augmenté de 15 % en Angleterre et au pays de Galles, selon des statistiques officielles publiées jeudi par le ministère britannique de l'Intérieur. Avec 5 132 infractions enregistrées en un an, contre 4 479 l'année précédente, les musulmans restent la communauté religieuse visée par le plus grand nombre d'infractions hostiles.

L'islamophobie gagne-t-elle encore du terrain au Royaume-Uni ? Alors que les mouvements anti-immigration multiplient les mobilisations et que les tensions internationales alimentent les crispations, un autre rapport, publié par le British Muslim Trust, révèle que 64 mosquées ont été visées par 78 incidents en un an. Plus inquiétant encore : les attaques deviennent plus graves et ciblent désormais davantage les fidèles eux-mêmes.

Plus de 5100 infractions islamophobes enregistrées en un an

Les nouvelles statistiques du ministère britannique de l'Intérieur, couvrant la période d'avril 2025 à mars 2026, dressent un constat préoccupant. Les forces de police ont enregistré 146 825 infractions motivées par la haine en Angleterre et au pays de Galles, soit une augmentation de 7 % sur un an. Les infractions à caractère racial représentent près des trois quarts du total, avec 107 926 cas (+9 %). Celles motivées par la haine religieuse progressent de 13 %, passant de 10 067 à 11 419.

Les musulmans constituent le groupe religieux enregistrant le plus grand nombre d'infractions ciblées : 5 132 cas, soit une augmentation de 15 %, contre 4 479 l'année précédente. Ils représentent environ 45 % des infractions de haine religieuse recensées. Les actes antisémites progressent également de 10 %, avec 3 162 infractions. Le ministère britannique relève deux périodes particulièrement sensibles pour les actes islamophobes : septembre 2025, marqué par des manifestations et des troubles à l'ordre public, puis mars 2026, après le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l'Iran.

Ces coïncidences chronologiques ne permettent pas, à elles seules, d'établir un lien de causalité pour chaque agression. Elles illustrent néanmoins la manière dont les tensions politiques et internationales peuvent accompagner une recrudescence de l'hostilité envers les minorités religieuses.

Une mosquée visée tous les cinq jours au Royaume-Uni

Parallèlement aux chiffres gouvernementaux, le British Muslim Trust (BMT), organisme chargé de documenter les actes antimusulmans, a publié jeudi 8 octobre son rapport A Year of Division. Entre le 21 juillet 2025 et le 30 juillet 2026, l'organisation a recensé 78 incidents visant 64 mosquées et bâtiments religieux musulmans, soit une moyenne d'une atteinte tous les cinq jours. Au-delà de leur fréquence, c'est l'aggravation des violences qui inquiète les responsables musulmans.

Les signalements comprennent des actes de vandalisme, des menaces de mort, des agressions, des incendies volontaires, la présence d'armes et des projets présumés d'attaques meurtrières. Selon le BMT, les menaces persistantes, les violences physiques et les actes susceptibles de provoquer des victimes ont remplacé progressivement certaines formes d'intimidation symbolique.

L'organisation observe également un changement dans les cibles : les violences ne se limitent plus aux bâtiments religieux, mais concernent de plus en plus directement les personnes qui les fréquentent. La directrice générale du British Muslim Trust, Akeela Ahmed, alerte sur les conséquences de cette insécurité. Elle souligne que les mosquées sont devenues vulnérables du seul fait de leur caractère musulman et que de nombreux fidèles ont désormais peur d'accomplir leurs activités quotidiennes.

Discours anti-immigration et protection insuffisante des mosquées

Cette progression intervient dans un contexte britannique marqué par les mobilisations de groupes d'extrême droite et la diffusion de discours hostiles aux musulmans. Les émeutes de l'été 2024, survenues après le meurtre de trois fillettes à Southport, avaient déjà mis en évidence les conséquences de fausses informations attribuant les crimes à un migrant musulman. Plusieurs mosquées et lieux accueillant des demandeurs d'asile avaient alors été pris pour cible.

Face aux menaces, le gouvernement britannique finance un dispositif de protection des lieux de culte musulmans, notamment pour installer des caméras, renforcer les accès ou améliorer la sécurité. Mais le British Muslim Trust dénonce des procédures administratives complexes et des délais de plusieurs mois, parfois supérieurs à un an, avant que certains établissements puissent bénéficier des aides promises. Pour les représentants associatifs, les dispositifs de surveillance et de protection restent insuffisants sans une action contre les discours de haine et les mécanismes de stigmatisation.

Les statistiques officielles comportent également une limite importante : elles ne recensent que les infractions signalées et enregistrées par la police. Une partie des insultes, discriminations et agressions antimusulmanes échappe donc à ces données.

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