
2026-09-28
Écrit par Redaction
La scène se déroule samedi 26 septembre à Paris, Place de la République. Le rassemblement national « On veut vivre ! » / « Marchons pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale », porté par le Mouvement du 26 septembre et soutenu par de nombreuses organisations écologistes, syndicales et associatives, notamment Attac, Greenpeace, le Réseau Action Climat et Fridays for Future. La militante Nadia Meziane y était présente. Elle y croisera Jean-Luc Mélenchon qui a fait le déplacement. La suite de la scène est racontée par Nadia Meziane elle-même sur sa page Facebook. Elle explique avoir directement interpellé Jean-Luc Mélenchon sur un sujet particulièrement sensible : la loi du 15 mars 2004. « Hier, Jean-Luc Mélenchon m’a dit droit dans les yeux et alors qu’il avait ses mains dans les miennes : “Je n’abrogerai pas la loi de 2004, car l’école est là pour préserver les enfants” », rapporte-t-elle. Avant cet échange, Jean-Luc Mélenchon aurait lui-même anticipé la question difficile qui allait lui être adressée par ces mots reflètant le malaise de cette question à gauche : « Vous, vous allez me demander quelque chose de chiant. » Ce témoignage de Nadia Meziane rejoint une position que Jean-Luc Mélenchon avait déjà exprimée publiquement. Interrogé auparavant sur une éventuelle abrogation de la loi de 2004, ce dernier avait répondu à l'occasion d'une conférence de presse face aux nouveaux médias le 24 juin 2026 qu'il ne souhaitait pas « recommencer la querelle des habits ». Une position qui vient préciser les limites de l’évolution revendiquée par Jean-Luc Mélenchon sur la liberté du port du voile. S’il reconnaît désormais s’être trompé sur le port du hijab et s’oppose à son interdiction dans l’espace public, il n'entend toujours pas revenir la loi du 15 mars 2004 dans les établissements scolaires, loi qu'il avait lui-même voté. La lente évolution de Mélenchon Début septembre, Jean-Luc Mélenchon avait pourtant publiquement reconnu avoir changé d'avis sur la question du voile. « J'ai été convaincu, et j'ai changé d'avis », a-t-il déclaré, qualifiant même son ancienne opposition au voile d'« erreur terrible ». L'évolution est notable. En 2010, Mélenchon présentait encore le voile comme un « signe de soumission patriarcale ». Lors de la présidentielle de 2017, il employait également des termes particulièrement critiques à son égard. Il défend aujourd'hui au contraire la liberté des femmes musulmanes de porter le hijab dans l'espace public et s'oppose au projet du Rassemblement national visant à l'y interdire. Contactée par Mizane.info, Nadia Meziane souligne le changement de discours de Jean-Luc Mélenchon et lui reconnaît le mérite d'avoir publiquement admis ses anciennes erreurs. "Les musulman(e)s engagés dans les luttes sociales ne doivent plus hésiter à interpeller un candidat à la présidentielle, qui est accessible, pour le sensibiliser sur le fait que la liberté de conscience des Français de confession musulmane est une force et non un danger pour la société." Loi de 2004 et abaya : deux positions à distinguer Une distinction est également nécessaire concernant l'abaya. La France insoumise a récemment annoncé vouloir revenir sur son interdiction dans les établissements scolaires. Mathilde Panot a qualifié cette interdiction d'« absurde », tandis que Jean-Luc Mélenchon avait auparavant décrit la controverse sur cette tenue comme un « Everest de la bêtise ». Cette position ne signifie cependant pas que Jean-Luc Mélenchon entend abroger la loi de 2004 elle-même. Cette dernière dispose que, dans les écoles, collèges et lycées publics, « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ». C'est précisément cette différence que le témoignage de Nadia Meziane vient mettre en lumière : Mélenchon peut considérer que l'abaya ne devrait pas être, en tant que vêtement, assimilé automatiquement à un signe religieux, tout en maintenant en place la loi de 2004 concernant les signes religieux ostensibles, texte qu'il avait lui-même voté. Le sujet constitue donc une limite claire au tournant entrepris par le candidat insoumis sur les questions touchant au voile et aux musulmans.La militante et co-auteure du livre "Nous, musulmans, face aux lois d'effacement", Nadia Meziane, affirme avoir interrogé directement Jean-Luc Mélenchon sur l’avenir de la loi de 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l’école. Selon son témoignage, le candidat à la présidentielle lui a répondu sans ambiguïté qu’il ne l’abrogerait pas, estimant que « l’école est là pour préserver les enfants ».