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Gaza : trois ans après, Israël poursuit l’« asphyxie » des palestiniens

Gaza : trois ans après, Israël poursuit l’« asphyxie » des palestiniens

2026-10-08

Écrit par Rédaction

Trois ans après le début du génocide israélien, Médecins Sans Frontières alerte sur une bande de Gaza toujours privée des conditions élémentaires de survie. Dans un rapport publié le 5 octobre 2026, l’ONG dénonce un territoire progressivement « asphyxié » par les restrictions, les destructions et le maintien du contrôle militaire d'Israël.

Santé, eau, nourriture, déplacements : la crise reste structurelle sous un "cessez-le-feu" quotidiennement violé par Israël. Dans le même temps, un ancien responsable de l'ONU affirme avoir été écarté pour avoir dénoncé la famine à Gaza, relançant les interrogations sur les pressions entourant la documentation de la catastrophe humanitaire.

MSF dénonce une « asphyxie » progressive de Gaza

Dans son nouveau rapport, Médecins Sans Frontières confirme que les conditions nécessaires à la survie sont « systématiquement détruites » à Gaza par la poursuite des frappes israéliennes, le blocage de fournitures essentielles et la destruction des infrastructures sanitaires et civiles. L’organisation considère que le génocide à Gaza se poursuit et appelle les gouvernements à agir. MSF insiste notamment sur le rôle de la « ligne jaune », présentée à l’origine comme une position militaire temporaire. Selon l’ONG, cette ligne s’est progressivement consolidée avec des positions militaires, des remblais et de nouvelles démolitions.

Les forces israéliennes contrôleraient désormais environ 65 % de la bande de Gaza, repoussant une grande partie de la population dans un espace toujours plus réduit. Pour Amande Bazerolle, responsable des urgences de MSF à Gaza, cette ligne ne peut être considérée comme une simple démarcation militaire : elle est devenue,un mécanisme d’« encerclement » qui coupe des communautés de l’eau, des soins et d’autres infrastructures essentielles.

L’organisation affirme également continuer à prendre en charge des blessés touchés à proximité de cette zone. En juin et juillet, ses équipes ont traité plus de 1 200 cas de traumatismes violents, notamment des blessures par explosion, brûlures et tirs.

Eau, médicaments et hôpitaux : les conditions de survie toujours détruites

Le 2 octobre, l’Organisation mondiale de la santé indiquait qu’aucun hôpital de Gaza n’était pleinement fonctionnel. L’organisation estime que l’aide humanitaire entrant dans le territoire reste insuffisante pour reconstruire ou simplement stabiliser durablement les services de santé. L’un des principaux obstacles concerne les procédures israéliennes d’autorisation des fournitures médicales. Selon l’OMS, les cargaisons attendent en moyenne 74 jours avant d’obtenir une décision. Des équipements médicaux essentiels peuvent être retardés ou refusés.

MSF décrit également une situation sanitaire aggravée par la pénurie d’eau.L’organisation distribuait environ 2,1 millions de litres d’eau potable par jour en août, mais estime que cela reste très inférieur aux besoins. L’OMS avait déjà averti en septembre de la multiplication des eaux usées, de l’accumulation des déchets et d’une hausse importante des diarrhées aqueuses aiguës. La situation alimentaire reste elle aussi extrêmement préoccupante. Reuters estime que plus de 1,2 million de Gazaouis sont encore confrontés à une faim aiguë, tandis que la reconstruction reste largement bloquée.

Un responsable de l'ONU écarté pour son engagement contre la famine

Cette catastrophe humanitaire s’accompagne d’un autre débat : celui de la possibilité même de documenter la faim. Benjamin Davis, ancien responsable de haut niveau de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, déclare, après vingt-six années passées à la FAO, avoir été sanctionné en raison de son travail et de ses prises de position concernant la famine à Gaza. Davis avait notamment participé à des minutes de silence pour les victimes de la famine et travaillé sur un rapport consacré à l’accès à la nourriture à Gaza.

La direction de la FAO avance de son côté des manquements aux règles d’impartialité applicables aux fonctionnaires internationaux. Davis conteste cette interprétation et a saisi les mécanismes de justice interne de l’organisation ; l’affaire pourrait ensuite être portée devant un tribunal des Nations unies. Trois ans après le début du génocide, le constat de MSF reste particulièrement préoccupant : destruction, déplacements forcés et privations ne relèvent plus d’une urgence ponctuelle mais d’un système durable qui empêche volontairement toute véritable reconstruction.

#Gaza#Médecins Sans Frontières#rapport

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