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France : 60 organisations lancent un mois d’actions contre l’armement d’Israël

France : 60 organisations lancent un mois d’actions contre l’armement d’Israël

2026-10-06

Écrit par Rédaction

Soixante syndicats, associations, collectifs et organisations politiques ont lancé, le 1er octobre 2026 à Paris, un mois de mobilisation contre les transferts d’armes et la coopération militaire entre la France et Israël. L’initiative est portée par l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), BDS France, Stop Arming Israel France et Urgence Palestine.

« Le génocide se fabrique près de chez nous », déclarent les organisateurs. Leur objectif : multiplier pendant tout le mois d’octobre les actions devant les entreprises, ports, aéroports et sites industriels impliqués dans les échanges militaires avec Israël, tout en mobilisant salariés, syndicats et citoyens.

Une soixantaine d'organisations mobilisées

L’appel avait initialement été rendu public le 18 septembre avec 56 organisations signataires. Quelques jours plus tard, l’AFPS annonçait que leur nombre était passé à 60 syndicats, associations, collectifs et groupes politiques, réunis autour d’un mois national d’actions contre l’armement d’Israël. Parmi les signataires figurent notamment la CGT, la FSU, Solidaires, la CNT, l’UNEF, la Confédération paysanne, mais aussi ATTAC France, la FASTI, l’Union juive française pour la paix, Tsedek!, le Syndicat des avocats de France, ainsi que plusieurs formations politiques dont LFI, le PCF et Les Écologistes.

Un meeting de lancement s’est tenu le 1er octobre à la Bourse du travail de Paris, avec notamment Anne Tuaillon, présidente de l’AFPS, Imen Habib pour BDS France, Salah Hamouri pour Urgence Palestine, des représentants syndicaux ainsi que plusieurs députées. La campagne entend désormais se déployer localement pendant tout le mois d’octobre.

75 entreprises françaises continuent d'armer Israël

Les collectifs affirment avoir identifié plus de 75 entreprises entretenant des relations liées à l’armement avec Israël, qu’il s’agisse d’exportations, d’importations ou de coopérations industrielles. Parmi les groupes cités figurent notamment Thales, Safran et Aubert & Duval, mais aussi de nombreuses entreprises moins connues du grand public. L’idée des organisateurs est de ne plus concentrer la mobilisation uniquement devant les institutions politiques.

Ils appellent également à agir autour des sites industriels, ports, aéroports et infrastructures logistiques, puisque les composants militaires transitent nécessairement par ces réseaux. Les initiatives pourront prendre différentes formes : rassemblements, campagnes publiques, interpellations de directions d’entreprises, mobilisation syndicale ou actions menées directement avec les salariés.

Les initiateurs soulignent notamment le rôle joué ces dernières années par des travailleurs et syndicats ayant refusé ou contesté le chargement de matériels destinés à Israël. Stop Arming Israel France évoque également le cas de Sermat, une PME qui aurait cessé d’exporter certaines pièces destinées à des drones militaires après plusieurs mobilisations.

Vers une campagne à dimension européenne ?

L’un des principaux arguments avancés par les organisations concerne les exportations françaises de matériel militaire. La France exporte en moyenne environ 20 millions d’euros de matériel strictement militaire par an vers Israël, hors équipements à double usage et logiciels. Les collectifs s’appuient également sur une enquête publiée en avril 2026 par People’s Embargo for Palestine, Palestinian Youth Movement et Urgence Palestine. Celle-ci affirme que les autorités françaises auraient autorisé plus de 525 livraisons de matériel militaire à Israël depuis octobre 2023.

Sont cités notamment des maillons de munitions, des composants destinés aux drones de combat, aux équipements de vision nocturne, aux véhicules blindés ou encore aux canons. Le gouvernement français soutient de son côté depuis le début du génocide que les exportations autorisées vers Israël concernent essentiellement des éléments défensifs ou des composants destinés à être réexportés0

Pour les 60 organisations mobilisées, l’enjeu dépasse cependant la seule question des exportations françaises. Elles réclament l’arrêt de toute coopération militaire et de tout commerce d’armement avec Israël, et souhaitent faire d’octobre un mois de mobilisation nationale, voire européenne.


#Désarmement#Israël#Génocide#Gaza

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