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Blocus des lycées : la génération Z française inspire à travers l’Europe

Blocus des lycées : la génération Z française inspire à travers l’Europe

2026-10-08

Écrit par Rédaction

Parti d’Île-de-France à la mi-septembre, le mouvement de blocage des lycées continue ce jeudi 8 octobre dans l’Hexagone. Depuis le début du mois, il a également gagné les outre-mer et commence à servir de référence à des mobilisations étudiantes en Europe.

Belgique, Allemagne et autres pays européens voient circuler appels, vidéos et mots d’ordre portés par une génération très connectée. Les revendications restent souvent nationales, mais le mode d’action français — blocages, occupations et coordination par les réseaux sociaux — est désormais observé et parfois revendiqué au-delà des frontières.

En France, les blocus continuent et gagnent les outre-mer

La contestation ne faiblit pas dans l’Hexagone. Ce jeudi 8 octobre au matin, on recensait 224 lycées totalement fermés et 151 partiellement perturbés. Des actions se poursuivaient à Nantes, Rennes, Marseille et Paris, où de nouveaux rassemblements étaient prévus. Le mouvement, né autour de revendications portant sur le manque de professeurs, la vétusté des locaux, les classes surchargées et la pression scolaire, s’est progressivement étendu à tout le territoire. Le gouvernement a promis des réponses rapides mais encore jugées trop imprécises par les organisations lycéennes, qui maintiennent leurs appels à poursuivre les blocages.

L’extension aux territoires ultramarins a commencé dès les 1er et 2 octobre. À La Réunion, plusieurs rassemblements et blocages étaient déjà signalés le 1er octobre à Saint-Denis et Saint-Pierre.. Le mouvement s’est ensuite étendu à plusieurs établissements de l’île. Le 6 octobre, près de 200 lycéens se sont réunis à Saint-Pierre. L’un d’eux expliquait très clairement le lien avec la mobilisation hexagonale : « Un peu comme partout en France, on a suivi les mouvements de manifestation et de blocus pour se faire entendre. »

En Martinique, les blocages étaient eux aussi déjà installés dès le 2 octobre. Le rectorat recensait alors 12 tentatives de blocage et neuf établissements fortement perturbés. Les lycéens dénonçaient notamment des journées très longues, des temps de transport importants et des conditions d’étude difficiles. Le mouvement s’est poursuivi les jours suivants. Le 5 octobre, un barrage était encore dressé devant le lycée Joseph-Zobel de Rivière-Salée, tandis que des délégations de l’ensemble des lycées martiniquais étaient reçues au rectorat.

En Belgique, l’influence française est explicitement évoquée

En Belgique, l’influence française est explicitement évoquée

La Belgique francophone fournit pour l’instant l’exemple européen le plus criant. Depuis le 1er octobre, des lycéens se mobilisent à Bruxelles, Liège et dans d’autres villes contre les économies prévues dans l’enseignement, la hausse du coût des études et la dégradation des conditions scolaires. Des sources rapportent que des étudiants liégeois ont eux-mêmes reconnu l’influence du mouvement français et exprimé leur solidarité avec les jeunes mobilisés en France.

La ministre de l’Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny, a même publiquement évoqué l’influence du mouvement français sur certaines méthodes de contestation observées en Belgique. Les organisations étudiantes belges rappellent, toutefois, que leur mouvement repose sur des revendications propres : réductions budgétaires, augmentation des frais universitaires et dégradation des conditions d’enseignement.

En Allemagne, le phénomène paraît pour l’instant moins structuré. Des vidéos et publications diffusées sur les réseaux sociaux montrent des jeunes allemands appelant à leur tour à des mobilisations étudiantes et citant ou montrant les blocages français comme exemple. À ce stade, ces appels ne permettent pas de parler d’une vague de blocages comparable à celle observée en France ou en Belgique. Ils constituent néanmoins un signal intéressant : les images françaises circulent et sont utilisées comme répertoire d’action par une partie de la jeunesse européenne.

Une génération inter-connectée

Les mouvements étudiants et lycéens ont toujours observé ce qui se passait chez leurs voisins. Ce qui change avec cette génération est la vitesse.Un blocage organisé le matin en région parisienne peut être diffusé quelques minutes plus tard dans toute l’Europe. Les slogans, méthodes d’occupation, revendications ou vidéos de répressions des forces de l’ordre deviennent immédiatement accessibles à d’autres groupes de jeunes.

L’intervention filmée hier du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, face aux forces de l’ordre en offre un exemple frappant : les images ont été reprises presque immédiatement bien au-delà des frontières françaises. Le mouvement français reste cependant profondément lié à des problèmes nationaux : manque de moyens dans l’Éducation nationale, professeurs absents, bâtiments dégradés, Parcoursup ou pression scolaire.

De la même manière, les élèves belges, réunionnais ou martiniquais adaptent la contestation à leurs réalités propres. Mais le phénomène dépasse désormais le seul cadre hexagonal.


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