
2026-10-13
Écrit par Rédaction
Parmi les organismes annoncés figure Lekh Lekha, présidé par Nili Kupfer-Naouri, visée par un mandat d’amener de la justice française pour des faits de complicité de génocide à Gaza. Alors que les autorités françaises n’ont pas interdit ces manifestations, des soutiens pro-israéliens revendiquent publiquement leur succès. Des programmes d'installation en Cisjordanie occupée Organisés par l’Agence juive pour Israël, les Salons de l’Alyah proposent aux ressortissants français de confession juive un accompagnement pour émigrer vers Israël : logement, emploi, fiscalité, éducation et intégration professionnelle. Mais derrière ces prestations figurent également des dispositifs controversés favorisant l’installation dans des colonies israéliennes de Cisjordanie occupée. Le programme officiel mentionne notamment Lekh Lekha, une structure proposant des installations collectives et des aides à l'établissement de familles francophones. Selon une enquête de Blast publiée le 1er octobre, ce dispositif accompagne également des projets d'installation dans les colonies israéliennes. Le député Aymeric Caron a notamment dénoncé la promotion des colonies de Tal Menashe, Nofim et Alon Shvut, ainsi que des offres concernant Karne Shomron et Kiryat Arba. Ces implantations se trouvent en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967. Or, dans son avis du 19 juillet 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) a confirmé l'illégalité des colonies israéliennes. Elle rappelle que les États doivent s'abstenir de toute assistance contribuant au maintien de la situation illicite dans les territoires occupés. La promotion de ces installations depuis le territoire français soulève ainsi une question juridique majeure. Nili Kupfer-Naouri, une figure génocidaire dans l'entourage du salon Autre élément problématique : Nili Kupfer-Naouri apparaît comme présidente de Lekh Lekha sur le site officiel de l'organisation. Fondatrice d'Israel Is Forever, cette militante franco-israélienne fait l'objet d'un mandat d'amener délivré par des magistrats français dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour complicité de génocide et incitation au génocide. Selon les révélations du Monde, la procédure concerne notamment des opérations visant à entraver l'acheminement de l'aide humanitaire destinée aux Palestiniens de Gaza. Face à ces événements, plusieurs associations et responsables politiques ont interpellé les autorités. Le 6 octobre, le député Aymeric Caron a demandé au préfet de police de Paris d'interdire le salon parisien, dénonçant une manifestation susceptible de favoriser le transfert de populations vers des colonies illégales. La députée insoumise Ersilia Soudais a également sollicité les préfets. À Lyon, le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien a adressé une lettre ouverte au préfet du Rhône, soutenant la démarche de quatre organisations françaises de défense des droits des Palestiniens. La contradiction du gouvernement français Malgré cette mobilisation, le salon parisien s'est bien tenu, suivi de celui de Marseille le lendemain. L'édition lyonnaise est programmée ce mardi 13 octobre. Sur X,, le militant pro-israélien Jérémy Benhaïm a publié deux photographies montrant une salle fréquentée et un stand de l'Agence juive consacré à l'emploi. « Salle comble au Salon de l’Alyah qui s’est tenu hier à Paris », écrit-il, avant de répondre directement aux élus ayant réclamé son interdiction : « Aymeric Caron et Ersilia Soudais en ont demandé l’interdiction, les Français de confession juive leur ont répondu de la plus belle des manières en venant massivement. » De leur côté, les organisateurs présentent les salons comme des événements d'information sur l'émigration vers Israël, sans reconnaître le caractère illégal de leurs activités. Le gouvernement français se retrouve face à une contradiction majeure. Alors que Paris condamne officiellement la colonisation israélienne, les autorités ont laissé se tenir trois salons proposant un programme lié à des implantations en territoire palestinien occupé.Du 11 au 13 octobre 2026, les Salons de l’Alyah se tiennent à Paris, Marseille et Lyon, malgré les demandes d’interdiction formulées par plusieurs associations et parlementaires. En cause : la présence de programmes favorisant l’installation dans les colonies israéliennes en Palestine occupée, en violation du droit international.