
2026-10-15
Écrit par Rédaction
C'est une décision qui marque un nouveau tournant dans la répression des soutiens à la cause Palestinienne au Royaume-Uni. Après des milliers d'arrestations et de poursuites contre des manifestants, la législation antiterroriste affecte désormais directement le monde littéraire. Le retrait des ouvrages d'une romancière internationalement reconnue soulève des interrogations sur la liberté d'expression, l'indépendance de la création artistique et les conséquences des politiques sécuritaires britanniques. « Je suis entièrement prête à accepter les conséquences » C'est une décision qui provoque une vive controverse dans le monde de l'édition britannique. Les ouvrages de Sally Rooney ne seront désormais plus distribués au Royaume-Uni par Faber & Faber. Dans un communiqué publié mercredi 14 octobre, l'éditeur explique que la législation britannique ne lui permet plus de verser les droits d'auteur issus des ventes réalisées dans le pays. « Vendre l'œuvre d'un écrivain sans pouvoir lui reverser ses revenus est une situation inadmissible pour un éditeur », estime Faber & Faber, qui précise avoir pris cette décision en plein accord avec la romancière. La difficulté découle de l'engagement politique de Sally Rooney. L'écrivaine de 35 ans a publiquement annoncé son intention d'utiliser une partie des revenus de ses livres et de leurs adaptations télévisées pour soutenir Palestine Action, organisation britannique engagée dans des actions directes contre des entreprises liées à l'industrie militaire israélienne. Or, depuis juillet 2025, le gouvernement britannique a inscrit ce collectif sur la liste des organisations terroristes. Dans une déclaration relayée ce jeudi, Sally Rooney assume sa position : « J'ai fait tout mon possible pour être honnête avec le public sur mes convictions et mes intentions, et je suis entièrement prête à accepter les conséquences ». La romancière souligne que Palestine Action demeure une organisation légale en République d'Irlande, où elle réside. 🇵🇸 🇬🇧 La maison d'édition britannique Faber & Faber a annoncé l'arrêt de la distribution des livres de Sally Rooney au Royaume-Uni. En cause : la législation antiterroriste britannique, qui empêcherait l'éditeur de lui reverser les revenus issus de ses ventes britanniques en raison de son soutien a #PalestineAction. De la solidarité avec Gaza au soutien à Palestine Action L'engagement de Sally Rooney en faveur des Palestiniens ne date pas de cette affaire. Dès 2014, elle participait à Dublin à des manifestations dénonçant les agressions militaires d'Israël à Gaza. Cette mobilisation a profondément marqué son parcours personnel et littéraire, comme elle l'a expliqué dans un entretien publié par The Guardian en mai 2026. En 2021, l'écrivaine avait déjà provoqué une controverse internationale en refusant de céder les droits de traduction de son roman Beautiful World, Where Are You à la maison d'édition israélienne Modan. Cette décision s'inscrivait dans son adhésion au mouvement BDS, qui appelle à exercer des pressions économiques et culturelles sur les institutions considérées comme complices des violations des droits des Palestiniens. Deux grandes chaînes de librairies israéliennes avaient alors retiré ses livres de leurs rayons. Mais c'est surtout son soutien à Palestine Action qui a placé Sally Rooney au cœur d'une controverse judiciaire britannique. Le collectif a notamment revendiqué une action menée en juin 2025 contre des avions militaires sur la base de Brize Norton, au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique a ensuite décidé de le proscrire au titre de la législation antiterroriste. En août 2025, malgré cette interdiction, Sally Rooney avait annoncé qu'elle continuerait à soutenir l'organisation, y compris financièrement. Quand la législation antiterroriste atteint la liberté de création L'affaire intervient dans un contexte de répression des manifestations de soutien à Palestine Action. Selon The Guardian, plus de 3 700 personnes auraient été arrêtées au Royaume-Uni depuis la proscription du collectif en juillet 2025, notamment pour avoir affiché publiquement leur soutien à l'organisation. Environ 2 500 personnes auraient fait l'objet de poursuites, tandis que la contestation judiciaire de l'interdiction demeure en cours. La cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, a dénoncé le retrait des livres de Sally Rooney comme une nouvelle illustration des atteintes à la liberté d'expression provoquées, selon elle, par la proscription du mouvement. Des organisations de défense des libertés civiles, dont Amnesty International, ont également exprimé leurs inquiétudes concernant la portée des dispositions antiterroristes et leurs conséquences sur le droit de manifester. Le cas de Sally Rooney revêt une dimension symbolique particulière. L'auteure n'est pas poursuivie pour le contenu de ses romans, lesquels ne constituent pas des textes de propagande pour Palestine Action. C'est son engagement politique extérieur à son œuvre qui rend désormais problématique leur exploitation. Le retrait des livres révèle ainsi une forme de restriction indirecte : sans interdire officiellement une œuvre, un dispositif juridique peut conduire un éditeur à renoncer à sa distribution.Les romans de l'écrivaine irlandaise Sally Rooney ne seront plus commercialisés au Royaume-Uni. Mercredi 14 octobre , sa maison d'édition Faber & Faber a annoncé cette décision en raison des risques juridiques liés à son soutien financier à Palestine Action, organisation pro-palestinienne interdite par les autorités britanniques depuis juillet 2025. L'auteure annonce "assumer" les conséquences de son engagement.