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Prix Bayeux 2026 : Gaza et les journalistes palestiniens à l'honneur

Prix Bayeux 2026 : Gaza et les journalistes palestiniens à l'honneur

2026-10-12

Écrit par Rédaction

Le photographe palestinien Mahmoud Abu Hamda a remporté, samedi 10 octobre 2026, le prestigieux Prix Nikon et le Prix du public de la 33e édition du Prix Bayeux. Cette année, les reportages consacrés à Gaza et à la Cisjordanie ont largement dominé le palmarès, avec plusieurs distinctions attribuées à des journalistes palestiniens ou à des enquêtes documentant les conséquences du génocide israélien.

Pour la troisième année consécutive, un photographe gazaoui reçoit le premier prix de photographie du festival. Une reconnaissance majeure pour ces journalistes qui, malgré les bombardements, les déplacements forcés et les restrictions imposées à la presse internationale, continuent de documenter la vie des Palestiniens. À Bayeux, la remise des prix a également été marquée par un hommage aux reporters tués, dont de nombreux Palestiniens.

Mahmoud Abu Hamda, doublement récompensé

Réunis les 9 et 10 octobre à Bayeux, en Normandie, près de quarante grands reporters ont départagé les œuvres présentées dans les différentes catégories du festival. Présidé par la journaliste de la BBC Lyse Doucet, le jury international a notamment distingué Mahmoud Abu Hamda, photographe indépendant palestinien, pour son reportage intitulé Ce que la guerre laisse derrière elle. Le photojournaliste a remporté deux distinctions : le Prix Nikon du jury international et le Prix du public.

Son reportage raconte les conséquences humaines des bombardements israéliens, au-delà des bilans militaires et des destructions matérielles. L'une des photographies récompensées montre un enfant originaire de Beit Hanoun, contraint de fuir avec sa famille et réfugié dans une université transformée en centre d'accueil pour déplacés. L'enfant a emporté ses oiseaux avec lui, tentant ainsi de conserver un fragment de sa vie d'avant-guerre.

Resté dans l'enclave palestinienne, Mahmoud Abu Hamda n'a pas pu assister personnellement à la cérémonie. Il a adressé un message vidéo aux participants. Cette récompense prolonge une série remarquable : en 2025, le photographe palestinien Saher Alghorra avait remporté le même prix pour Trapped in Gaza: Between Fire and Famine, consacré aux souffrances des civils pris entre les bombardements et la famine.

Gaza et la Cisjordanie dominent les distinctions journalistique

Au-delà de la photographie, plusieurs catégories majeures du Prix Bayeux ont distingué des reportages consacrés à la Palestine. Le jeune photographe Jehad Alshrafi, collaborateur de l'Associated Press, a remporté le premier prix du jeune reporter pour Endless War and Devastation in Gaza. Son travail documente les bombardements et les destructions dans l'enclave, notamment une frappe israélienne survenue le 6 février 2026.

Dans la catégorie radio, Anas Baba, journaliste pour la radio publique américaine NPR, a été récompensé pour Recovering the Dead in Gaza, un reportage consacré à la recherche et à la récupération des corps des Palestiniens tués. Le premier prix de télévision grand format est revenu à une équipe de BFMTV composée de Fanny Morel, Jérémie Paire, Élodie Noiret, Loan Barbier et d'un journaliste palestinien demeuré anonyme, pour le documentaire Gaza, l'arme de la faim ?

La Cisjordanie occupée a également occupé une place importante dans le palmarès. Le reportage de CNN Vengeance, soldats israéliens au service des colons en Cisjordanie, réalisé notamment par Jeremy Diamond, Cyril Theophilos et Abeer Salman, a remporté le premier prix de télévision.

Un hommage aux journalistes palestiniens tuées

Cette édition s'est déroulée dans un contexte particulièrement meurtrier pour les professionnels de l'information. Jeudi 8 octobre, Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé une nouvelle stèle au Mémorial des reporters de Bayeux, portant les noms de 56 journalistes tués dans l'exercice de leur métier entre le 1er juin 2025 et le 1er juin 2026. Parmi eux figurent 27 journalistes palestiniens et libanais.

Un hommage particulier a été rendu aux reporters tués à Gaza. Anas al-Khaldi, frère du journaliste palestinien Mohammed al-Khaldi, mort dans l'exercice de ses fonctions, n'a pas pu se rendre en France. Son témoignage, lu pendant la cérémonie, accuse l'armée israélienne d'avoir délibérément pris pour cible des journalistes palestiniens. Le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, a rappelé la nécessité de protéger ceux qui enquêtent et de poursuivre les responsables des attaques contre la presse. Depuis octobre 2023, Gaza est devenue l'un des territoires les plus dangereux au monde pour les journalistes.


#Prix Bayeux#Photographie#Gaza#Cisjordanie#Mahmoud Abu Hamda

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