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Philippe Lazzarini : « L'objectif d'Israël est de détruire l'UNRWA »

Philippe Lazzarini : « L'objectif d'Israël est de détruire l'UNRWA »

2026-10-16

Écrit par Rédaction

Dans un entretien publié ce vendredi par Le Monde, Philippe Lazzarini, ancien commissaire général de l'UNRWA, dénonce la destruction de Gaza, les attaques israéliennes contre l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens et le rejet assumé du droit international. « Ce qui est nouveau, ce n'est pas que le droit international soit violé, c'est qu'on ne s'en cache plus », affirme-t-il.

À l'occasion de la parution de son livre Témoin de Gaza. Ce qui ne s'efface pas, Philippe Lazzarini revient sur six années à la tête de l'UNRWA, marquées par le génocide, les accusations israéliennes contre l'agence et l'effondrement des conditions de vie des Palestiniens. Il décrit une stratégie de démantèlement de l'organisation, dénonce l'instrumentalisation de l'aide humanitaire et critique les nouvelles structures internationales de gestion de Gaza.

« L'objectif d'Israël est de détruire l'agence de l'UNRWA »

Philippe Lazzarini, qui a dirigé l'UNRWA de 2020 à mars 2026, dresse un bilan sévère des politiques israéliennes à Gaza. Dans un entretien accordé à Mediapart le 14 octobre, l'ancien responsable affirme que « l'objectif d'Israël est de détruire l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens ».

Il affirme que cette volonté existait avant le 7 octobre 2023, mais le génocide à Gaza a accéléré les mesures destinées à affaiblir l'organisation. L'enjeu a toujours demeuré politique : l'existence de l'UNRWA maintient au centre des préoccupations internationales la question des réfugiés palestiniens et de leur droit au retour.

Dans Le Monde, il explique que les autorités israéliennes considéraient autrefois l'UNRWA comme un « mal nécessaire ». Depuis, la situation a profondément changé. Il dénonce les campagnes de désinformation, les pressions exercées sur les pays donateurs et les lois adoptées par la Knesset pour entraver les activités de l'agence.

La banalisation des violations du droit international

L'ancien dirigeant dénonce également la remise en cause des principes fondamentaux du droit international. Dans son entretien au Monde, il affirme que les violations du droit international ne sont plus seulement tolérées, mais désormais publiquement revendiquées. « Ce qui est nouveau, ce n'est pas que le droit international soit violé, c'est qu'on ne s'en cache plus », déclare-t-il.

Lazzarini rappelle les destructions d'infrastructures civiles, les attaques contre les travailleurs humanitaires et les entraves imposées à l'acheminement de l'aide. À la fin de son mandat, en mars 2026, près de 400 employés de l'UNRWA avaient été tués depuis octobre 2023. Il déplorait alors les sacrifices imposés à ses équipes, contraintes de poursuivre leurs missions malgré les dangers et les difficultés financières.

L'ancien responsable critique particulièrement la Gaza Humanitarian Foundation, structure de distribution alimentaire soutenue par Israël et les États-Unis, qu'il considère comme un instrument politique ayant remplacé les mécanismes humanitaires traditionnels. Il la qualifie d'« abomination » Plus de 2 000 Palestiniens ont été tués dans le contexte de ces distributions.

La communauté internationale a abdiqué

Les critiques de Philippe Lazzarini visent également les Nations unies et les gouvernements occidentaux. Il dénonce notamment l'adoption, en novembre 2025, du plan américain pour Gaza et la création d'un Conseil de la paix. Il estime que le Conseil de sécurité a accepté de déléguer certaines de ses responsabilités à une structure insuffisamment contrôlée, tout en affaiblissant le rôle de l'ONU.

Pour Lazzarini, cette décision constitue une « abdication » de la communauté internationale. Il dénonce également l'absence de conséquences politiques pour les violations du droit humanitaire. En mars dernier, il insistait déjà sur cette exigence : « On ne peut pas laisser le droit du plus fort s'imposer. »

Dans son nouvel ouvrage, paru le 6 octobre aux éditions Favre, l'ancien responsable revient également sur l'ampleur des destructions à Gaza, les déplacements de population et les souffrances des civils palestiniens. Interrogé sur la qualification de génocide, il souligne que plusieurs organisations internationales et de défense des droits humains ont conclu à son existence.




#Philippe Lazzarini#Gaza#Israël#Aide humanitaire

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