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Palestine : Hamas, Jihad islamique et Dahlan préparent une coalition électorale

Palestine : Hamas, Jihad islamique et Dahlan préparent une coalition électorale

2026-10-01

Écrit par Rédaction

Le Hamas, le Jihad islamique palestinien et le courant réformiste de Mohammed Dahlan ont conclu récemment un accord pour soutenir une liste nationale commune en vue des élections législatives palestiniennes annoncées pour le 28 novembre. Une alliance surprenante entre des acteurs longtemps rivaux, qui pourrait rebattre les cartes face au Fatah.

Vers une recomposition historique du paysage politique palestinien ? L’accord, préparé depuis plusieurs semaines, a été confirmé publiquement le 28 septembre par Mohammed al-Hindi, numéro deux du Jihad islamique. Mais une inconnue majeure demeure : le scrutin aura-t-il réellement lieu, après deux décennies sans élections législatives et plusieurs reports successifs ?

Une alliance improbable entre anciens rivaux

L’accord réunit des forces politiques qui ont longtemps été rivales, voire directement opposées. Mohammed Dahlan fut autrefois l’un des principaux dirigeants du Fatah. Il a ensuite été chassé du mouvement après une rupture profonde avec Mahmoud Abbas et vit désormais aux Émirats arabes unis, où il conserve d’importants réseaux politiques et financiers.

Le Hamas, de son côté, avait affronté les forces liées à Dahlan lors des violences internes palestiniennes ayant précédé sa prise de pouvoir à Gaza en 2007. Près de vingt ans plus tard, les anciens adversaires tentent désormais de construire une liste commune avec le Jihad islamique. Mohammed al-Hindi, secrétaire général adjoint du Jihad islamique, a confirmé à l’Associated Press la création d’une « liste nationale unifiée ». Celle-ci pourrait être essentiellement composée de personnalités indépendantes plutôt que de membres officiellement affiliés au Hamas ou au Jihad islamique.

Le porte-parole du courant de Dahlan, Dimitri Diliani, explique également que les discussions cherchent à rassembler plusieurs factions ainsi que des personnalités indépendantes autour d’un programme commun. « Une liste électorale inclusive est le véhicule politique le plus approprié pour nous unir face à ces défis », a-t-il déclaré.

Contester l’hégémonie du Fatah de Mahmoud Abbas

Le principal point commun entre les membres de cette alliance reste leur opposition à la direction actuelle de l’Autorité palestinienne. Mahmoud Abbas dirige celle-ci depuis 2005. Son mandat présidentiel initial de quatre ans est arrivé à expiration en 2009, mais aucune nouvelle élection présidentielle n’a été organisée depuis.

Les dernières élections législatives palestiniennes remontent à 2006. Elles avaient été remportées par le Hamas, avant la rupture politique et sécuritaire entre Gaza et la Cisjordanie.

Dimitri Diliani affirme que « l’Autorité palestinienne a échoué concernant Gaza et les Palestiniens partout ailleurs », une critique qui résume largement le ciment politique de la nouvelle coalition. La fragmentation du Fatah constitue par ailleurs un facteur déterminant. Mohammed Dahlan reste lui-même issu de cette formation, tandis que d’autres figures dissidentes, à commencer par Marwan Barghouti, pourraient peser lourdement sur le scrutin.

Une étude récente du Palestinian Center for Policy and Survey Research souligne d’ailleurs que la multiplication de listes dissidentes pourrait profondément fragiliser le Fatah officiel. Ces projections restent toutefois hypothétiques tant que les listes définitives ne sont pas enregistrées.

Des élections encore très incertaines

Mahmoud Abbas a annoncé que les élections législatives se tiendraient le 28 novembre 2026 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Il s’agirait du premier scrutin législatif palestinien depuis vingt ans. Mais l’expérience récente invite à la prudence. Des élections avaient déjà été annoncées en 2021 avant d’être reportées. Plusieurs obstacles demeurent aujourd’hui : divisions internes palestiniennes, violences coloniales en Cisjordanie et à Gaza, organisation du vote à Jérusalem occupée.

Le Palestinian Center for Policy and Survey Research estime ainsi que le calendrier annoncé demeure particulièrement fragile et souligne que les conditions politiques nécessaires à la tenue du scrutin ne sont pas encore garanties. Le Jihad islamique, qui s’était historiquement tenu à l’écart des élections organisées par l’Autorité palestinienne, ne présenterait d’ailleurs pas nécessairement ses propres candidats. Mohammed al-Hindi explique que son mouvement entend plutôt soutenir une liste nationale élaborée collectivement.

Le rapprochement entre le Hamas et Mohammed Dahlan n’est cependant pas totalement nouveau. En août, Khalil al-Hayya avait rencontré Dahlan au Caire pour discuter d’une stratégie palestinienne commune et de la nécessité de mettre fin à ce que les deux camps décrivaient comme un « monopole de la décision nationale ».


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