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Nobel de la paix 2026 : Navi Pillay, la juriste qui a dénoncé le génocide à Gaza

Nobel de la paix 2026 : Navi Pillay, la juriste qui a dénoncé le génocide à Gaza

2026-10-09

Écrit par Rédaction

Le prix Nobel de la paix 2026 a été attribué, ce vendredi, à l'avocate sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay, pour son engagement en faveur du droit international. Ancienne militante contre l'apartheid et haute responsable des Nations unies, elle a notamment présidé la commission d'enquête de l'ONU qui a conclu, en septembre 2025, qu'Israël commet bien un génocide contre les Palestiniens de Gaza.

De la lutte contre l'apartheid aux enquêtes onusiennes sur Gaza, un même combat contre l'impunité. Première femme "non blanche" à siéger à la Haute Cour sud-africaine, ancienne juge internationale et défenseure des droits humains, Navi Pillay a consacré sa carrière à poursuivre les responsables des crimes les plus graves. Un engagement qui lui a valu de nombreuses distinctions, mais aussi de virulentes attaques, particulièrement après ses prises de position sur les crimes israéliens.

De l'apartheid sud-africain aux procès du génocide rwandais

Née le 23 septembre 1941 à Durban, dans une famille sud-africaine d'origine indienne tamoule, Navanethem Pillay grandit sous le régime de l'apartheid, qui organise la ségrégation raciale et prive les populations non blanches de nombreux droits fondamentaux. Diplômée en droit de l'université du Natal, elle devient, en 1967, la première femme à ouvrir un cabinet d'avocats dans cette province. Elle défend des militants anti-apartheid, dont Nelson Mandela, et intervient pour améliorer les conditions de détention des prisonniers politiques de Robben Island.

Après avoir obtenu un doctorat en droit à Harvard en 1988, elle est nommée en 1995 à la Haute Cour d'Afrique du Sud, devenant la première femme non blanche à accéder à cette fonction. Sa carrière prend ensuite une dimension internationale lorsqu'elle rejoint le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qu'elle présidera de 1999 à 2003. Elle participe notamment au procès historique de Jean-Paul Akayesu, condamné en 1998 pour génocide.

Cette décision établit une jurisprudence fondamentale : les viols et violences sexuelles peuvent constituer des actes de génocide lorsqu'ils sont commis avec l'intention de détruire un groupe protégé. Cofondatrice de l'organisation de défense des droits des femmes Equality Now, elle devient juge à la Cour pénale internationale (CPI) en 2003, puis haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme de 2008 à 2014.

Gaza : la magistrate qui dénoncé le Génocide israélien

En 2021, Navi Pillay prend la présidence de la Commission internationale indépendante d'enquête des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés et Israël. Ses investigations aboutissent, le 16 septembre 2025, à des conclusions majeures : selon la commission, Israël a commis quatre des cinq catégories d'actes de génocide définies par la Convention de 1948. Les enquêteurs documentent notamment les meurtres, les atteintes graves à l'intégrité physique et mentale, l'imposition de conditions de vie destructrices et les mesures visant à empêcher les naissances. Ils concluent donc à l'existence d'une intention génocidaire.

« Il est clair qu'il existe une intention de détruire les Palestiniens de Gaza par des actes qui répondent aux critères énoncés dans la Convention sur le génocide », déclare alors Navi Pillay. La commission met directement en cause les plus hauts responsables israéliens, notamment Benyamin Nétanyahou, le président Isaac Herzog et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, accusés d'avoir incité au génocide.

Malgré les pressions, Navi Pillay reçoit le Nobel de la paix

Ses travaux sur Gaza lui valent de nombreuses attaques d'organisations pro-israéliennes, particulièrement d'UN Watch, dirigée par Hillel Neuer. Cette organisation l'accuse de partialité et avait déjà contesté sa nomination en 2021, notamment en raison de ses précédentes déclarations sur l'apartheid israélien. UN Watch réclame sa récusation et multiplie les critiques contre les conclusions de la commission.

Pillay fait également face à des accusations d'antisémitisme et à des appels à des sanctions américaines. Aucune sanction officiellement prononcée contre elle personnellement n'est toutefois établie, contrairement à plusieurs autres personnalités de la justice internationale et de l'ONU visées par Washington. Malgré ces pressions, la magistrate défend ses travaux et rappelle les obligations des États face aux crimes de masse.

Malgré ces pressions, le Comité Nobel norvégien lui a finalement décerné, ce vendredi, le prix Nobel de la paix pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international, saluant sa rigueur judiciaire, son intégrité et son courage.

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