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Malaisie : près de 1500 Rohingyas expulsés vers la Birmanie ?

Malaisie : près de 1500 Rohingyas expulsés vers la Birmanie ?

2026-09-29

Écrit par Rédaction

La Malaisie a commencé, ce mardi, le renvoi de 1 476 ressortissants du Myanmar détenus dans ses centres d’immigration. Kuala Lumpur présente l’opération comme un « rapatriement volontaire », mais le HCR et des organisations de défense des droits humains démentent et alertent sur les risques encourus par les personnes renvoyées en Birmanie, toujours hostile aux Rohingyas.

Un retour vraiment volontaire ? Alors que les autorités malaisiennes assurent que les personnes concernées ont accepté de rentrer, l’ONU affirme ne pas avoir participé au processus et considère toujours le Myanmar comme dangereux pour les réfugiés. Une incertitude demeure également sur la présence éventuelle de Rohingyas parmi les 1 476 personnes transférées.

Des navires affrétés pour l'opération

L’opération a débuté mardi matin dans l’État de Perak, au nord-ouest de la Malaisie. Des dizaines de bus escortés par les forces de sécurité ont convergé vers un stade situé près de la base navale de Lumut, avant le transfert des personnes vers le port. Deux navires de guerre de la marine birmane ainsi qu’un navire-hôpital ont été mobilisés pour assurer leur retour au Myanmar. Selon les autorités malaisiennes, le groupe comprend 1 370 hommes, 79 femmes, 20 garçons et 7 filles.

Cette première opération s’inscrit dans un accord plus large entre Kuala Lumpur et Naypyidaw prévoyant le retour progressif de 5 000 ressortissants du Myanmar. Le gouvernement birman affirme que les 1 476 personnes ont été identifiées comme ressortissantes du pays après avoir été détenues en Malaisie pour des infractions liées à l’immigration. Le ministère malaisien de l’Intérieur assure pour sa part que le programme sera mis en œuvre « de manière sûre, responsable et conformément aux procédures convenues » avec les autorités birmanes.

Le HCR considère toujours le Myanmar comme dangereux

Cette présentation est cependant contestée par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Le HCR a indiqué qu’il n’avait joué aucun rôle dans l’organisation de ces retours et rappelle que la situation sécuritaire au Myanmar ne permet toujours pas, selon lui, un retour sûr et durable des réfugiés. Plus de 160 organisations de la société civile ont également demandé à la Malaisie d’abandonner les renvois de Rohingyas vers le Myanmar, invoquant les risques de persécution, de violences et de recrutement forcé dans le contexte de la guerre civile.

Le pays est plongé dans un conflit généralisé depuis le coup d’État militaire de février 2021, opposant la junte à de nombreux groupes armés ethniques et forces de résistance. Le principe de non-refoulement, reconnu par le droit international, interdit par ailleurs de renvoyer une personne vers un territoire où elle risquerait notamment la persécution ou de graves atteintes à ses droits.

La Malaisie n’est pas signataire de la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés et considère administrativement ces derniers comme des migrants sans statut légal.

Des Rohingyas parmi les personnes renvoyées ?

C’est l’un des principaux points confus de l’opération. Les autorités malaisiennes n’ont pas précisé combien de Rohingyas figurent parmi les 1 476 personnes transférées mardi. Le ministère birman des Affaires étrangères affirme que cette première opération concerne des ressortissants officiellement reconnus par le Myanmar et n’inclurait pas de Rohingyas.

La confusion vient notamment d’une déclaration antérieure du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, qui avait annoncé que le Myanmar avait accepté le retour de 5 000 réfugiés rohingyas. Les communications officielles ultérieures parlent cependant plus largement de « ressortissants du Myanmar » et ne confirment pas que le groupe de mardi soit composé de Rohingyas. La Malaisie accueille actuellement plus de 215 000 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès du HCR, dont environ 126 000 Rohingyas, ce qui en fait de loin la principale communauté réfugiée du pays.

Mais alors que les premiers bateaux doivent quitter Lumut, une question demeure au cœur de la controverse : dans quelles conditions peut-on parler de retour « volontaire » lorsque les personnes concernées quittent des centres de détention pour rejoindre un pays toujours ravagé par la guerre et les persécutions ?

#Birmanie#Malaisie#expulsion#Rohingyas

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