
2026-10-14
Écrit par Rédaction
Alors que certains responsables ont tenté de rapprocher le drame des mobilisations lycéennes, les autorités ont formellement écarté cette hypothèse. Le polémiste d'extrême droite, Éric Zemmour, s’est lui emparé de la fusillade pour dénoncer l’« islamisation » supposée d’Aubagne, provoquant la colère du maire, qui dénonce une instrumentalisation politique. Une attaque inspirée par les tueries de masse américaine ? Lundi 12 octobre, peu après 9 heures, un élève de troisième de 14 ans entre au collège Joseph-Lakanal d'Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, avec un fusil de chasse dissimulé dans un étui de guitare. Il ouvre le feu à plusieurs reprises, blessant le principal de l'établissement et une professeure de mathématiques de 37 ans. Les deux victimes sont hospitalisées, sans que leur pronostic vital soit engagé. Le drame aurait pu être bien plus meurtrier. L'adolescent est finalement désarmé par un conseiller principal d'éducation avant d'être interpellé. Dix cartouches de calibre 12 sont retrouvées dans ses poches. Des élèves, confinés dans leurs classes, racontent des scènes de panique. Dès le lendemain, l'enquête connaît un tournant majeur. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) se saisit du dossier après le dessaisissement du parquet de Marseille. L'exploitation des appareils numériques de l'adolescent révèle, selon le PNAT, une « probable adhésion à la mouvance True Crime Community » (TCC), un ensemble de communautés numériques fascinées par les auteurs de massacres. Le parquet décrit cette mouvance comme un « écosystème de communautés numériques » qui glorifie les auteurs de tueries de masse et encourage, dans certaines de ses composantes, la violence extrême. Les investigations portent désormais sur des tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, une association de malfaiteurs terroriste et des infractions à la législation sur les armes. A Aubagne, la garde à vue du collégien accusé d'avoir tiré sur un proviseur et une enseignante s'est terminée ce matin. Il a été transféré à Paris pour être présenté à un juge anti-terroriste. Sur place, l'émotion sur place est encore très forte. #JT13h https://t.co/YF0d67ox8J Blocus des lycéens : un amalgame qui persiste La fusillade intervient en pleine mobilisation nationale des lycéens, marquée par des blocages d'établissements et des manifestations. Cette simultanéité alimente rapidement certains rapprochements politiques entre les violences entourant les mobilisations et l'attaque d'Aubagne. Pourtant, dès le 12 octobre, le préfet des Bouches-du-Rhône écarte catégoriquement cette interprétation : « C'est un acte isolé qui n'a rien à voir avec le mouvement des lycéens », déclare-t-il devant la presse. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, confirme également que la fusillade n'est « pas du tout liée aux blocages lycéens ». Le ministre avait pourtant lui-même évoqué, devant l'établissement, un phénomène plus général de violence dirigée contre l'institution scolaire. Cette juxtaposition qui contribue à entretenir la confusion entre une attaque armée et le mouvement lycéen. L'ancien Premier ministre Gabriel Attal a lui aussi réagi sur X, le 12 octobre, en élargissant le drame à la question de la violence des jeunes : « Une partie de notre jeunesse fait le choix de la violence : elle doit trouver face à elle une réponse implacable de l'État. » Une généralisation qui, dans un contexte de mobilisation lycéenne, entretient aussi l'amalgame entre une attaque armée isolée et les revendications d'une jeunesse mobilisée pour ses conditions d'études. 🚨🇫🇷📺 ALERTE INFO ! ÉRIC ZEMMOUR N’A PAS PERDU DE TEMPS POUR FAIRE LE LIEN ENTRE LES MUSULMANS, L’IMMIGRATION ET LA FUSILLADE DANS UN COLLÈGE D’AUBAGNE 😬 Alors qu’on ne connaît absolument pas, à ce stade, le profil de l’élève de 14 ans qui a ouvert le feu avec un fusil de chasse dans son collège, le chef de Reconquête lâche : "Cette histoire ne tombe pas par hasard. C’est à Aubagne et pas dans d’autres villes. Il y a un climat spécial à Aubagne, comme dans beaucoup de villes. Parce que, tout simplement, Aubagne n’est pas loin de Marseille et, si vous y allez, vous verrez que c’est une ville largement grand-remplacée, largement islamisée." (BFM TV) L'instrumentalisation obsessionnelle d'Eric Zemmour La récupération politique prend une autre dimension avec les déclarations d'Éric Zemmour, lundi soir sur BFMTV. Alors que l'identité et les motivations du suspect ne sont pas encore précisément établies, le président de Reconquête établit un lien entre la fusillade, l'immigration et la présence musulmane. « C'est une ville largement grand remplacée, largement islamisée », affirme-t-il à propos d'Aubagne, avant d'ajouter : « Dans une ville largement islamisée, il y a un degré de violence supérieur aux autres villes. » Le maire d'Aubagne, Jean-Pierre Squillari, réagit vivement dès le lendemain, dénonçant l'exploitation d'un drame humain à des fins électorales. Dans un communiqué, la municipalité qualifie les propos de Zemmour de « provocation insoutenable », dénonçant également ses commentaires sur les quartiers, les commerces et la tenue vestimentaire d'une mère venue récupérer son enfant traumatisé. La ville refuse ainsi de devenir le décor des obsessions politiques du dirigeant d'extrême droite. Deux jours après la fusillade du 12 octobre 2026 au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, l’enquête a pris une dimension antiterroriste. Le suspect, un collégien de 14 ans, aurait adhéré à une mouvance numérique glorifiant les tueries de masse. L’attaque, qui a blessé un principal et une enseignante, a également déclenché une série de controverses et de récupérations politiques ambigues.