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Frappes contre l'aéroport de Riyad : l'Arabie saoudite peine à contenir les Houthis

Frappes contre l'aéroport de Riyad : l'Arabie saoudite peine à contenir les Houthis

2026-10-12

Écrit par Rédaction

L'Arabie saoudite fait face à une escalade militaire majeure après plusieurs attaques des Houthis yéménites contre l'aéroport international de Riyad. Une frappe survenue samedi 10 octobre 2026 a fait 13 morts et plus de 300 blessés, avant qu'une nouvelle attaque, dimanche, ne provoque un mort et onze blessés supplémentaires.

Frappes répétées, victimes civiles, trafic aérien perturbé et installations pétrolières ciblées : la guerre au Yémen déborde désormais directement sur le royaume saoudien. Malgré une offensive d'envergure lancée contre les Houthis, Riyad peine à neutraliser leurs capacités militaires. Lié par le pacte de La Mecque, la Turquie et le Pakistan affichent cependant une solidarité prudente, tandis que Donald Trump envisage une intervention militaire américaine.

Riyad frappée à répétition : au moins 18 morts en une semaine

Samedi 10 octobre, un projectile tiré par les Houthis a frappé l'aéroport international du roi Khaled, à Riyad, provoquant l'attaque la plus meurtrière subie par le royaume depuis plus d'une décennie. Le bilan, initialement établi à douze morts, a été porté à 13 victimes, dont quatre ressortissants saoudiens et plusieurs étrangers. Plus de 300 personnes ont été blessées. Parmi les victimes figurent notamment des ressortissants du Bangladesh, des États-Unis, de Palestine, de Syrie, du Soudan et d'Égypte.

Dimanche 11 octobre, une nouvelle frappe a touché le terminal 4, déclenchant un incendie. Les autorités saoudiennes ont annoncé un mort supplémentaire et onze blessés, portant à 18 le nombre de personnes tuées cette semaine dans les attaques contre l'aéroport. Les Houthis, qui ont revendiqué plusieurs frappes contre les installations saoudiennes, ont également menacé de poursuivre leurs opérations contre les aéroports du royaume, appelant compagnies aériennes et voyageurs à éviter ces infrastructures.

Le trafic aérien a été fortement perturbé, tandis que plusieurs représentations diplomatiques occidentales ont émis des alertes à destination de leurs ressortissants. Les écoles de Riyad ont été contraintes de basculer temporairement vers l'enseignement à distance.

Une offensive saoudienne qui peine face aux Houthis

Depuis le 5 octobre, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite mène une nouvelle campagne militaire, baptisée « Aube du Yémen ». Riyad affirme avoir frappé des centaines de positions houthies, notamment dans la région de Sanaa et sur la côte de la mer Rouge. Des forces yéménites soutenues par la coalition ont également annoncé des avancées territoriales. Cependant, les résultats demeurent contrastés.

Malgré l'ampleur des bombardements, les Houthis conservent une importante capacité de frappe à longue distance, illustrée par la multiplication des attaques contre Riyad et les installations pétrolières saoudiennes. Le mouvement, soutenu par l'Iran, dispose de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones capables d'atteindre des infrastructures stratégiques. Son implantation sur la côte occidentale du Yémen lui permet également de menacer la navigation en mer Rouge, particulièrement autour du détroit de Bab el-Mandeb.

Cette capacité de résistance fragilise la stratégie saoudienne : les frappes aériennes ne suffisent pas à empêcher les représailles, tandis qu'une guerre prolongée risque d'accroître les pertes civiles et d'aggraver la crise humanitaire yéménite.

Turquie et Pakistan prudents, Trump envisage des frappes

L'escalade constitue un test pour le pacte de défense stratégique signé en août 2026 entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, réactivé début octobre face aux attaques houthies. Les trois pays avaient annoncé leur intention de renforcer la défense saoudienne. Pourtant, leur engagement militaire reste inégal. Le Pakistan apporte un soutien opérationnel limité, tandis que la Turquie privilégie jusqu'à présent l'assistance défensive et refuse de participer directement à l'offensive au Yémen.

Dimanche, Ankara, Islamabad, Le Caire et Riyad ont néanmoins publié une déclaration commune condamnant une « escalade dangereuse » et apportant leur soutien aux mesures jugées légitimes pour défendre le territoire saoudien. Les États-Unis pourraient, de leur côté, franchir une nouvelle étape. Interrogé samedi sur une éventuelle participation américaine aux bombardements contre les Houthis, Donald Trump a répondu : « Nous pourrions. Nous allons examiner cela. »

Washington fournit déjà une assistance en matière de renseignement et de planification militaire, mais aucune décision officielle d'engagement direct supplémentaire n'a été annoncée.

#Yémen#Houthis#Arabie saoudite#Riyad#Aéroport#guerre

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