
2026-10-13
Écrit par Rédaction
Régulièrement ciblée par le président américain, Ilhan Omar fait l’objet d’une enquête portant sur des documents d’immigration établis par son père lorsqu’elle était enfant. L’opération provoque une vague d’indignation chez les démocrates, qui accusent Donald Trump d’instrumentaliser les institutions judiciaires pour s’en prendre à ses adversaires politiques. Une perquisition à trois semaines des élections Ce lundi 12 octobre, avant le lever du jour, des agents du Homeland Security Investigations (HSI), branche chargée des enquêtes au sein de la police fédérale de l’immigration (ICE), ont investi la résidence d’Ilhan Omar, située à Washington. Selon CBS News, l'opération a été menée dans le cadre d'une enquête fédérale pour des soupçons de fraude à l'immigration. Le ministère américain de la Justice a confirmé avoir obtenu un mandat de perquisition délivré par un juge fédéral. Au cœur des investigations : des documents administratifs remontant à l'arrivée d'Ilhan Omar aux États-Unis, lorsqu'elle était encore enfant. Ces formalités auraient été remplies par son père, aujourd'hui décédé. Née en Somalie en 1982, Ilhan Omar avait fui la guerre civile avec sa famille. Naturalisée américaine en 2000, elle est devenue en 2018 l'une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès. L'opération intervient à seulement trois semaines des élections législatives du 3 novembre, lors desquelles la députée du Minnesota sollicite un cinquième mandat. Ce calendrier suscite plusieurs interrogations. L'acharnement politique de Donald Trump Dans une déclaration publiée ce lundi, le bureau d'Ilhan Omar dénonce un abus de pouvoir et une utilisation des services fédéraux pour cibler les opposants politiques. La députée affirme également être victime d'une campagne de harcèlement menée depuis plusieurs années par Donald Trump. « Depuis dix ans, Trump me cible avec des mensonges sans fondement et des campagnes de dénigrement », déclare-t-elle, avant d'assurer : « Je ne me laisserai pas réduire au silence. » Depuis son arrivée au Congrès, Ilhan Omar est régulièrement prise pour cible par Donald Trump, qui multiplie les attaques contre ses origines somaliennes, son appartenance religieuse et ses prises de position politiques. Le jour même de la perquisition, lors d'un déplacement dans l'Ohio, le président américain s'en est de nouveau pris à la Somalie, décrite comme l'un des pires pays de la planète. Dans la foule, plusieurs de ses partisans ont scandé : « Expulsez-la ! » La pression ne se limite d'ailleurs plus aux discours. En septembre, le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, avait déjà évoqué l'éventualité d'une expulsion d'Ilhan Omar si les autorités parvenaient à démontrer une irrégularité dans son entrée sur le territoire américain. L'élue a également subi des menaces de mort et des agressions. Détourner la justice à des fins politiques ? La perquisition a provoqué une réaction immédiate parmi les responsables démocrates. Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, ainsi que Katherine Clark et Pete Aguilar, ont dénoncé une intervention profondément préoccupante, soulevant de sérieuses questions sur l'utilisation des institutions fédérales contre les adversaires du président. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a également accusé Donald Trump d'abuser de son pouvoir pour poursuivre ses opposants à quelques semaines des élections. Cette affaire intervient alors que plusieurs autres personnalités ayant affronté le président américain ont fait l'objet d'investigations judiciaires, notamment l'ancien directeur du FBI James Comey et la procureure générale de New York, Letitia James. Pour les défenseurs des libertés publiques, la multiplication de ces procédures soulève la question de l'indépendance des institutions fédérales.Le domicile de la députée démocrate Ilhan Omar, figure musulmane de l’opposition américaine, a été perquisitionné ce lundi à Washington par des agents fédéraux de l’immigration. Une intervention spectaculaire, à trois semaines des élections de mi-mandat, que l’élue d’origine somalienne dénonce comme une nouvelle tentative d’intimidation de l’administration Trump.