
2026-10-05
Écrit par Rédaction
"L’Europe doit passer des condamnations aux sanctions". Parmi les signataires, de la tribune collective, figurent Dominique de Villepin, Alain Juppé, Josep Borrell ou encore plusieurs anciens chefs de gouvernement européens. Ils réclament des sanctions contre les acteurs financiers participant aux colonies, l’arrêt du commerce européen avec celles-ci et la suspension des avantages commerciaux accordés à Israël. L'absence de réponse ferme de l'UE face à Israël L’appel rassemble d’anciens responsables politiques et diplomatiques de premier plan. Parmi eux figurent les anciens Premiers ministres français Dominique de Villepin et Alain Juppé, l’Italien Massimo D’Alema, le Belge Yves Leterme, le Suédois Stefan Löfven ainsi que les anciens présidents du Parlement européen Josep Borrell et Enrique Barón Crespo. Les signataires reprochent à l’Union européenne son absence de réponse suffisamment ferme face à l’accélération de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée. Ils demandent notamment à la Commission européenne de proposer des sanctions contre « toutes les institutions financières et autres prestataires de services » participant au projet E1 ou à d’autres colonies israéliennes. Ils réclament également que l’Union empêche les échanges commerciaux avec les colonies et mette en œuvre les propositions déjà avancées pour suspendre les dispositions commerciales de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Les anciens responsables veulent que ces mesures soient examinées lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères prévue le 12 octobre à Luxembourg. Le projet E1 réalisé pour anéantir l'espoir d'un État palestinien Au centre de leur inquiétude se trouve le projet de colonisation E1, situé vers Jérusalem-Est. Israël a récemment élargi ce programme en lançant un appel d’offres pour 2 167 logements supplémentaires, portant à environ 3 400 le nombre total de logements prévus, selon l’organisation israélienne Ir Amim. Sa réalisation risquerait de couper davantage le nord et le sud de la Cisjordanie et d’isoler Jérusalem-Est du reste du territoire palestinien, compromettant volontairement la possibilité d’un État palestinien territorialement continu. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, partisan déclaré de l’annexion de la Cisjordanie, avait lui-même présenté le développement d’E1 comme un moyen de faire obstacle à la création d’un État palestinien. La grande majorité de la communauté internationale considère les colonies israéliennes implantées dans les territoires palestiniens occupés comme illégales. Allemagne et Italie directement mises en cause L’appel se distingue notamment par sa critique explicite de certains États membres de l’Union. Les signataires accusent notamment l’Allemagne et l’Italie de bloquer régulièrement l’adoption de mesures européennes contraignantes contre Israël. Selon eux, cette attitude les rendrait « de facto complices » de l’affaiblissement de la solution à deux États. Les anciens responsables européens demandent d’aller beaucoup plus loin en visant directement les structures économiques, financières et commerciales permettant l’expansion des colonies. L’Union européenne a déjà adopté des mesures minime. Le 28 mai 2026, le Conseil de l’UE avait notamment sanctionné quatre organisations et trois individus israéliens accusés de graves violations des droits des Palestiniens en Cisjordanie, dont le mouvement de colonisation Nachala et l’organisation Amana. Ces sanctions comprennent le gel des avoirs et, pour les personnes physiques concernées, des interdictions de voyager dans l’Union. Leur appel intervient alors que la colonisation israélienne continue de progresser rapidement en Cisjordanie et que plusieurs pays occidentaux, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont déjà adopté des restrictions commerciales contre les produits issus des colonies.Plus de 500 anciens Premiers ministres, ministres, diplomates et hauts responsables européens, (dont Alain Juppé et Dominique De Villepin) ont appelé, lundi 5 octobre 2026, l’Union européenne à prendre des mesures concrètes contre l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.