
2026-10-15
Écrit par Rédaction
Perquisitions, confiscations de documents, maintien du déplacement de dizaines de milliers de Palestiniens : les événements des derniers jours témoignent du durcissement du contrôle israélien sur la Cisjordanie occupée. Tandis que les organisations palestiniennes dénoncent une offensive contre les défenseurs des droits humains, le gouvernement israélien annonce ouvertement que les Palestiniens déplacés ne seront pas autorisés à revenir dans leurs habitations. Les ONG de défense des droits humains ciblées à Ramallah Ce mardi 13 octobre, les forces israéliennes ont pénétré dans plusieurs bâtiments de Ramallah, en Cisjordanie occupée, visant notamment des locaux appartenant à Addameer, une organisation palestinienne spécialisée dans la défense des prisonniers, ainsi qu'à l'Union des comités de femmes palestiniennes (UPWC). Selon Al Jazeera et l'agence palestinienne WAFA, les soldats ont perquisitionné les lieux et saisi du matériel informatique et des documents. Des tireurs d'élite israéliens ont également été déployés aux abords du Complexe médical palestinien, le principal établissement hospitalier public de Cisjordanie. Dans un communiqué publié le 14 octobre, le Conseil des organisations palestiniennes de défense des droits humains (PHROC) affirme que des équipements, des meubles et des dossiers ont été confisqués. Il dénonce également des entraves à la circulation autour de l'hôpital ainsi que des violences contre des journalistes couvrant l'opération. Cette offensive s'inscrit dans une politique engagée plusieurs années auparavant. En octobre 2021, Israël avait désigné six organisations palestiniennes, dont Addameer et Al-Haq, comme « organisations terroristes ». Cette décision avait suscité les critiques d'experts des Nations unies, qui dénonçaient une utilisation abusive des mesures antiterroristes. Interrogée par Democracy Now! le 14 octobre, Sahar Francis, ancienne directrice d'Addameer, a estimé que ces raids visaient à intimider la société palestinienne et à réaffirmer la domination militaire israélienne, à l'approche des élections en Israël. Netanyahou refuse le retour des Palestiniens déplacés Parallèlement à ces opérations, Benyamin Netanyahou a tenu, mardi 13 octobre, des propos hostiles concernant les Palestiniens déplacés des camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie. Lors d'une visite près du camp de Tulkarem, le Premier ministre israélien a salué l'action de l'armée, affirmant qu'elle avait « nettoyé » ce qu'il présente comme un bastion du terrorisme. Évoquant la perspective d'un retour des populations déplacées, il a déclaré : « Ce ne sont pas des habitants, ce sont des terroristes. » Cette déclaration intervient après une décision de la Cour suprême israélienne, rendue le 11 octobre, demandant aux autorités militaires de présenter un calendrier des mesures nécessaires pour permettre aux habitants de regagner les camps de Jénine, Tulkarem et Nour Shams. Depuis janvier 2025, les agressions militaires israéliennes dans ces trois camps ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de Palestiniens. Selon les données des Nations unies citées dans la procédure judiciaire, plus de 33 000 personnes demeurent empêchées de regagner leurs domiciles. Une politique qui empêche volontairement les retours Au-delà des déclarations politiques, la situation sur le terrain rend déjà particulièrement difficile le retour des Palestiniens dans leurs habitations. Dans un reportage publié le 13 octobre, Al Jazeera décrit l'ampleur des destructions dans les camps de Tulkarem et Nour Shams. Selon un responsable du comité populaire de Tulkarem interrogé par le média, plus de 2 000 logements ont été entièrement détruits et environ 90 % des habitations du camp auraient subi des dommages partiels. À Nour Shams, un représentant du comité local évoque quelque 400 maisons détruites et une centaine d'autres incendiées. Ces estimations locales illustrent l'ampleur des dégâts. Les destructions touchent également les infrastructures essentielles et fragilisent les possibilités de reconstruction. Pour les familles déplacées, l'incertitude ne concerne donc pas seulement la date d'un éventuel retour, mais aussi l'existence même d'un logement habitable. À cette situation s'ajoute la pression exercée sur les associations chargées de documenter les violations des droits humains et de défendre les prisonniers palestiniens. Dans son communiqué du 14 octobre, le PHROC estime que les raids contre les organisations civiles compromettent leur capacité à recueillir des preuves, à accompagner les victimes et à engager des procédures judiciaires. L'organisation appelle notamment les États étrangers à protéger les défenseurs palestiniens des droits humains et à garantir la poursuite de leurs activités.L’armée israélienne a mené, mardi 13 octobre, plusieurs raids contre des organisations palestiniennes de défense des droits humains à Ramallah, notamment Addameer. Le même jour, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé que les Palestiniens déplacés d’un camp de réfugiés du nord de la Cisjordanie ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux.