
2026-10-16
Écrit par Rédaction
Parti de revendications universitaires, le mouvement s'est rapproché d'une contestation populaire engagée depuis plusieurs mois contre un projet touristique lié à la famille Trump. Étudiants, militants écologistes et opposants au gouvernement dénoncent désormais les inégalités sociales, le clientélisme et le manque de transparence des institutions. Cette mobilisation constitue une nouvelle épreuve pour Edi Rama, au pouvoir depuis treize ans. « Ce dont l'Albanie a besoin, c'est d'une révolution » Depuis le 13 octobre, les rues de Tirana sont le théâtre d'importantes manifestations. Les étudiants réclament une amélioration des conditions universitaires, davantage d'aides financières et de véritables perspectives d'emploi. Rapidement, les rassemblements prennent une tournure plus politique. Des protestations sont également signalées à Shkodër et Elbasan. Certains manifestants lancent des pierres contre les forces de l'ordre, brisent des vitrines et incendient des bâtiments. Selon les autorités sanitaires albanaises, 89 personnes, dont 61 policiers, ont été prises en charge mercredi 14 octobre. La police annonce également 65 arrestations lors de cette journée. Mais derrière ces affrontements se dessine une colère plus ancienne, nourrie par le sentiment d'abandon d'une partie de la jeunesse. « Ce dont l'Albanie a besoin, c'est d'une révolution », déclare Luljeta Kola, une manifestante interrogée par Reuters. Pour les protestataires, la crise ne se limite plus au coût de l'enseignement supérieur. Elle concerne désormais l'organisation du pouvoir. Albanie : la colère étudiante rejoint la contestation contre le gouvernement Des universités dégradées, des études trop coûteuses, des aides insuffisantes et un avenir professionnel incertain : en Albanie, les étudiants manifestent pour leurs conditions d’études et leurs perspectives d’emploi. Le 13 octobre, à Tirana, des affrontements ont éclaté devant le ministère de l’Éducation : des manifestants ont lancé des projectiles, tandis que la police utilisait des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Cette mobilisation rejoint une contestation antigouvernementale plus large, appelée « révolution des flamants roses », née de l’opposition à un projet touristique de luxe sur le littoral. Les protestataires dénoncent la corruption présumée et réclament la démission du Premier ministre Edi Rama. Le 15 octobre, celui-ci a refusé de quitter ses fonctions, tout en se disant disposé à discuter du coût des études. Son gouvernement rejette les accusations de corruption. Dans la rue, la mobilisation exprime une exigence : pouvoir étudier dignement et construire un avenir dans son pays. Norma Angélica Avalos #Albanie #MobilisationÉtudiante #Éducation #JusticeSociale #Tirana Les raisons de la colère La mobilisation rejoint une contestation apparue plusieurs mois auparavant autour d'un vaste projet touristique sur la côte albanaise. Soutenu par une société d'investissement liée à Jared Kushner, gendre de Donald Trump, ce complexe de luxe est dénoncé par des associations et des habitants qui craignent la privatisation de terres et la destruction d'espaces naturels protégés. Cette mobilisation, surnommée la « révolution des flamants roses », s'est progressivement élargie à des revendications contre la corruption et les inégalités. Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Besar Likmeta, journaliste du Balkan Investigative Reporting Network, explique que les manifestations actuelles prolongent « quatre mois de rassemblements quotidiens » dans la capitale. Il souligne que les revendications ont évolué vers la dénonciation du manque de perspectives pour les jeunes et de leur désillusion croissante envers les responsables politiques. Cette défiance touche également l'opposition traditionnelle, que certains manifestants considèrent incapable de proposer une véritable alternative. Edi Rama refuse de céder À la tête du gouvernement depuis 2013, Edi Rama traverse une période de tensions politiques importantes. Réélu pour un quatrième mandat en 2025, le dirigeant du Parti socialiste albanais refuse de céder aux appels à la démission. « Les gouvernements sont changés par des élections démocratiques », répond-il jeudi à Reuters. Le Parti démocrate, principale force d'opposition, réclame de son côté un gouvernement de transition et des élections anticipées. L'Union européenne a également exprimé sa préoccupation face aux violences et appelé à la retenue, alors que l'Albanie poursuit ses négociations d'adhésion.Depuis mardi 13 octobre, l'Albanie est secouée par une vague de manifestations étudiantes qui s'est transformée en contestation antigouvernementale. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Tirana contre le coût des études, la corruption et le manque de perspectives professionnelles.