
2026-08-03
Écrit par Rédaction
Avec 19,5 millions de visiteurs par an, Dubaï figure parmi les destinations les plus prisées du Golfe et s’est longtemps imposée comme un lieu privilégié pour les célébrités et les influenceurs du monde entier. Mais la guerre entre l’Iran et les États-Unis, déclenchée par des frappes israélo-américaines contre Téhéran fin février, a fragilisé l’image de stabilité des monarchies du Golfe et entraîné le départ d’une partie des touristes. Une guerre qui affecte le tourisme des Emirats Difficile de faire vivre le tourisme lorsqu’un pays est régulièrement menacé par des frappes aériennes. Devenue, ces dernières années, une destination incontournable, les Émirats arabes unis ont vu une partie des touristes déserter leur territoire en raison de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Au début du conflit, en pleine saison touristique hivernale, les Émirats ont été parmi les pays du Golfe les plus durement touchés par les missiles et drones iraniens. Ces frappes ont visé des hôtels, notamment sur l’île artificielle de The Palm ainsi que le complexe emblématique du Burj Al Arab, provoquant le départ de nombreux visiteurs. Bien que les Émirats n’aient pas été frappés lors de la reprise récente des hostilités, à partir du 7 juillet, et malgré le retour d’une partie des touristes après le cessez-le-feu d’avril, la clientèle des hôtels reste principalement locale, selon plusieurs acteurs du secteur touristique. L’année dernière, 19,5 millions de touristes ont visité Dubaï, un record qui récompensait plus de vingt ans d’efforts de promotion menés par les autorités. Mais le secteur a été fortement affecté par les tensions régionales. Selon l’agence de notation Moody’s, le taux d’occupation des hôtels de Dubaï ne devrait atteindre que 10 % du niveau enregistré l’année précédente. De leur côté, les aéroports de Dubaï, qui ont progressivement repris leur activité, ont enregistré une chute de fréquentation de 66 % en mars, au plus fort de la guerre contre l’Iran. Les infrastructures économiques également touchées La place financière de Dubaï a pris conscience de sa vulnérabilité. Le 2 mars, les centres de données d’Amazon aux Émirats arabes unis ont été frappés par des drones et brièvement rendus inutilisables. La première banque du pays, la First Abu Dhabi Bank, a également dû suspendre temporairement certains services. Cette fragilité des infrastructures financières inquiète davantage depuis que les Gardiens de la révolution islamique ont ciblé un nouveau centre de données d’Amazon, cette fois à Bahreïn, le 21 juillet. « L’incertitude est presque pire que la guerre. Je ne sais pas si je dois licencier ou embaucher, rester ou partir », explique un entrepreneur français expatrié dans le Golfe. Sous couvert d’anonymat, en raison de la stricte censure des autorités qui ne tolèrent aucune critique sur le conflit et ses conséquences, plusieurs hôteliers et restaurateurs font part de leur frustration face à l’absence d’un soutien financier public. Dubaï tente de relancer son attractivité Fin juillet, la pétromonarchie a annoncé la mise en place d’une aide pouvant atteindre 700 euros sous forme de réductions et d’avantages pour les résidents invitant leurs proches à séjourner dans le pays. « Le ministère de l’Economie et du Tourisme de Dubaï lance “A Dubai Invite” (une invitation à Dubaï, en anglais) pour inciter ses résidents à devenir les ambassadeurs de la ville, en accueillant leurs proches » jusqu’à fin octobre, indique un communiqué diffusé par son service de presse et publié sur X. Le véritable test aura lieu début septembre. Les expatriés ayant quitté Dubaï pendant les mois de juillet et août pour fuir les fortes chaleurs et passer l’été auprès de leurs familles dans leur pays d’origine reviendront-ils pour la rentrée scolaire ? « Dubaï a vraiment besoin que tout ça se termine. Plus la guerre s’éternise, plus les familles chercheront des alternatives », averti Jim Krane, chercheur à l’université Rice, à Houston.Les Émirats arabes unis, habituellement première destination touristique du Golfe, voient leur image affectée par les frappes sur leur territoire. Pris entre les drones iraniennes et les frappes israélo-américaines, le pays fait face à une baisse du tourisme. Hôteliers, restaurateurs et agences de voyage tentent de s’adapter en espérant une reprise dès septembre.