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Liban : les violations israéliennes se poursuivent malgré « l'accord-cadre »

Liban : les violations israéliennes se poursuivent malgré « l'accord-cadre »

2026-07-29

Écrit par Rédaction

Une semaine après le lancement des « zones-pilotes » dans le sud du Liban, Beyrouth dénonce la poursuite des violations israéliennes du cessez-le-feu. En visite dans la capitale libanaise, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a condamné ces violations, estimant que certaines pourraient constituer des « crimes de guerre ».

Le président libanais Joseph Aoun a estimé lundi que les destructions systématiques de maisons et de villages dans le sud du Liban par l’armée israélienne pourraient compromettre l’application de l’accord-cadre conclu en juin avec Israël sous l’égide des États-Unis. Il a dénoncé « une violation directe des droits humains et une atteinte manifeste aux lois et aux normes internationales ».

Israël n'a que faire de "l'accord-cadre"

Depuis avril, alors que le Liban était sous le feu des frappes israéliennes, le gouvernement libanais a engagé des négociations controversées avec Israël sous la médiation des États-Unis. Les discussions directes entre les deux pays ont abouti à un accord-cadre le 26 juin, présenté comme une première étape vers un processus de paix durable. Le texte prévoit notamment un retrait progressif des forces israéliennes, qui occupent environ 7 % du territoire libanais au sud, le déploiement de l’armée libanaise et le désarmement du Hezbollah.

Mais cet accord ne semble pas être appliqué par Israël, qui poursuit ses opérations militaires dans le sud du Liban. « La poursuite par Israël de la destruction des habitations et du nivellement des villages dans le sud du Liban constitue une violation directe des droits de l'homme ainsi qu'une violation flagrante du droit international et des normes internationales, ce qui appelle une mobilisation de la communauté internationale pour y mettre fin », a déclaré lundi le président libanais Joseph Aoun.

Ces derniers jours, l’armée israélienne a intensifié les destructions à l’aide d’explosifs et de bulldozers, visant des habitations, des stations de pompage d’eau ainsi que des bâtiments publics et privés dans plusieurs localités du sud du pays.

Beyrouth dénonce des violations du droit international

L’armée libanaise estime que ces opérations empêchent son déploiement dans les « zones-pilotes » qu’elle est censée contrôler. L’accord prévoit en effet l’installation progressive des forces libanaises dans ces secteurs évacués par Israël. « Israël a également pris pour cible des sites religieux et patrimoniaux, ce qui témoigne d'intentions préméditées visant les personnes et le patrimoine, d'autant plus que ces lieux ne constituent pas des objectifs militaires et ne connaissent aucune présence armée », a ajouté le chef de l’État libanais.

En visite au Liban, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également dénoncé lundi l’ampleur des violations commises dans le pays. « Mon Bureau a recensé des violations à grande échelle du droit international humanitaire, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre. Dans certaines circonstances, elles pourraient également relever de crimes au regard du droit international », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Beyrouth.

Joseph Aoun mise sur la pression américaine

Selon les Nations unies, la guerre menée par Israël au Liban a causé plus de 4 300 morts depuis mars et provoqué la destruction de nombreux villages. Les données disponibles font état de 4 329 personnes tuées et 12 233 blessées, parmi lesquelles figurent au moins 392 femmes et 253 enfants, principalement lors d’attaques visant des zones résidentielles et des établissements médicaux. D’après les informations recueillies, plusieurs villages situés au sud du fleuve Litani ont été détruits ou rendus inhabitables.

Pris dans des négociations jugées déséquilibrées, dans lesquelles il engage sa crédibilité politique, Joseph Aoun continue toutefois de miser sur une intervention américaine. Le président libanais espère obtenir l’appui de Donald Trump, seule personnalité selon lui capable d’exercer une pression sur Israël, après leur rencontre à la Maison-Blanche le 21 juillet.

Malgré les violations répétées, Joseph Aoun a affirmé que « le Liban demeure engagé dans la mise en œuvre de l’accord-cadre, mais craint que les pratiques israéliennes n'en compromettent l'efficacité ».

#Liban#Joseph Aoun#cessez-le feu#Israël#ONU#crimes de guerre

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