
2026-07-29
Écrit par Rédaction
Dans un arrêté préfectorale diffusé ce lundi, le préfet de la Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a ordonné la fermeture pour six mois de la mosquée du quartier Chanteloup, à Aulnay-sous-Bois. La préfecture justifie cette décision par le contenu de certains prêches, prononcés sur place ou diffusés en ligne, qu'elle qualifie de relevant d'une « rhétorique radicale ». Les responsables de la mosquée Attaqwa contestent ces accusations et ont saisi le tribunal administratif en référé afin d'obtenir l'annulation de l'arrêté. La mosquée conteste sa fermeture « Face à cette épreuve, nous sommes pleinement déterminés à défendre notre honneur et notre droit par les voies légales ». Les responsables de l’Association culturelle d’Aulnay-Sud (ACAS) entendent contester la fermeture pour six mois de la mosquée Attaqwa, de Chanteloup, décidée par la préfecture de Seine-Saint-Denis. C’est « avec stupeur » que les responsables et les imams de la mosquée d’Aulnay-sous-Bois disent avoir appris cette mesure. Dans un communiqué, ils dénoncent à la fois « le gel de leurs comptes bancaires », la « procédure visant la fermeture » du lieu de culte, ainsi que « la dissolution de l'association gestionnaire ». « Les griefs retenus à l’encontre de nos imams nous paraissent reposer sur des propos décontextualisés et partiels », affirme l’association, rappelant « qu’aucune condamnation pénale n’a été prononcée à ce jour ». Elle déplore également « l’usage d’apologie du terrorisme, une qualification abusive qui dénature profondément nos actions et nos valeurs, tout en suscitant un vif émoi parmi les fidèles ». Un recours devant la justice administrative « Le terme d’apologie du terrorisme n’est pas approprié juridiquement, car il aurait entraîné des poursuites pénales, ce qui n’est pas le cas », souligne Rafik Chekkat, avocat de l’association, qui a annoncé avoir déposé mardi un recours contre l’arrêté de fermeture devant le tribunal administratif de Montreuil. « Ce recours en référé est suspensif s’il est déposé dans les 48 heures suivant l’arrêté », précise l’avocat, estimant que la mosquée est donc autorisée à rester ouverte tant que la juridiction administrative n’a pas statué. « Fondée sur des éléments insuffisants, imprécis et non étayés (...) des contre-sens sur des versets du Coran, cette mesure porte une atteinte grave aux libertés de religion et d'expression (...) », plaide Me Rafik Chekkat. Par l’intermédiaire de leur conseil, les responsables indiquent avoir déjà pris des mesures internes, notamment en écartant les deux imams visés par la majorité des critiques, tout en estimant que cette fermeture constitue une atteinte disproportionnée à la liberté de culte. « Le préfet de la Seine-Saint-Denis reproche à un imam d'avoir cité la sourate Al-Baqara dans la mosquée de Chanteloup à Aulnay-sous-Bois afin de justifier sa fermeture administrative. Si l'arrêté est confirmé par la justice, le Coran devient, en lui-même, un motif de fermeture », a ajouté mercredi l'avocat à la défense. « Ne restons pas silencieux. Soyez solidaires » « Nous sommes profondément choqués par la décision de fermeture provisoire de notre mosquée à Aulnay-sous-Bois et par les accusations portées contre elle », déplore un collectif de fidèles dans un communiqué relayé sur les réseaux sociaux. « Une mosquée ne devrait pas être fermée pour des raisons politiques : elle doit être jugée sur des faits précis et vérifiables. Nous demandons donc que toute accusation soit étayée par des éléments concrets et que nous puissions être entendus et défendre notre communauté dans le respect de la loi. » « Ne restons pas silencieux. Soyez solidaires : informez-vous, partagez ce message, interpellez les responsables concernés et participez aux mobilisations pacifiques et légales qui seront organisées. (...) Si vous êtes attachés à cette mosquée, ne laissez pas notre communauté se retrouver seule », conclut le communiqué des fidèles.La préfecture de Seine-Saint-Denis a ordonné lundi la fermeture pour six mois de la mosquée de Chanteloup, à Aulnay-sous-Bois, l'accusant d'incitation à la « violence » et d'« apologie d'actes de terrorisme ». Des faits que contestent vigoureusement les responsables de la mosquée qui ont décidé de saisir le tribunal administratif en référé pour pour « faire annuler l'arrêté du préfet ».