
2026-06-24
Écrit par Ibrahim Madras
Des vestiges romains aux mosquées vieilles de plusieurs siècles, une grande partie du patrimoine exceptionnel de Gaza a été détruite par les bombardements israéliens. Ces pertes sont d’autant plus importantes que l’enclave possède une histoire plurimillénaire, marquée par les périodes assyrienne, hellénistique, romaine, islamique et ottomane. L’effacement du patrimoine historique de Gaza Avant octobre 2023, l’Unesco recensait 354 sites et monuments historiques dans la bande de Gaza. Un patrimoine remarquable marqué par le passage des Égyptiens, des Cananéens, des Byzantins et des dynasties islamiques. « Grecs, Juifs, Perses et Nabatéens ont également vécu le long de cette côte au fil des siècles », souligne Al-Jazeera. Parmi les lieux emblématiques figurent notamment le port d’Anthédon, fondé vers 800 avant J.-C., l’église orthodoxe de Saint-Porphyre, considérée comme l’une des plus anciennes églises encore en activité au monde, ou encore la grande mosquée de Gaza, bâtie sur les vestiges d’un temple cananéen datant du IIe millénaire avant notre ère. Tous ont été détruits ou gravement endommagés par les frappes. Plus de deux tiers des sites culturels détruits « Selon des experts palestiniens travaillant auprès d’archéologues britanniques, plus de deux tiers des sites historiques, culturels et archéologiques de Gaza sont endommagés, pour certains très lourdement », rapporte The Guardian. Les bombardements ont également touché les musées, les bibliothèques et les universités. En octobre 2024, une vingtaine d’universitaires ont lancé un « inventaire du patrimoine bombardé » de Gaza, recensant les destructions à travers une cartographie, une liste de monuments sinistrés et des fiches détaillées. De son côté, le centre satellitaire UNOSAT a estimé qu’en un an à peine, « 31 198 structures ont été détruites dans la bande de Gaza et 16 908 sont gravement endommagées ». « C’est un mémoricide » Un responsable d’Icomos Palestine, organisation dédiée à la préservation du patrimoine, estime que ces destructions « sont une attaque directe contre l’identité palestinienne ». « Bombarder un musée ou une mosquée datant de plusieurs siècles, ce n’est pas seulement détruire des pierres, c’est effacer les racines d’un peuple », explique-t-il, avant de conclure : « C’est un mémoricide. »À Gaza, le génocide israélien n’a épargné ni les vies ni les lieux. Mosquées, marchés, musées, universités : le patrimoine inestimable de ce territoire a été méthodiquement détruit. Selon des archéologues, plus des deux tiers des sites historiques de l’enclave ont été détruits depuis octobre 2023, effaçant une part importante de la mémoire et de l’histoire millénaire du territoire.