
2026-07-23
Écrit par Rédaction
L’administration Trump étudie la possibilité d’une intervention militaire au Mali contre le JNIM, un groupe affilié à Al-Qaïda, selon des responsables américains cités sous couvert d’anonymat par le Washington Post. Si cette opération venait à être approuvée, elle ferait du Mali le huitième pays visé par des frappes ordonnées par Donald Trump depuis le début de son second mandat, alors même qu’il avait promis de mettre fin aux engagements militaires américains à l’étranger. Des divisions au sein de l’administration Trump Selon le Washington Post, les hauts responsables de l’administration américaine seraient divisés sur l’éventualité d’une intervention militaire au Mali. Sebastian Gorka, directeur principal chargé de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, figurerait parmi les responsables favorables à une opération armée contre le groupe djihadiste du JNIM. Interrogé sur ces informations, un responsable de l’administration américaine n’a ni confirmé ni démenti la possibilité de frappes américaines, mais a indiqué que Washington encourageait les gouvernements d’Afrique du Nord et de l’Ouest à « acheter du matériel et des services américains pour soutenir leurs efforts de guerre contre les terroristes ». Ce responsable a également qualifié la menace djihadiste au Sahel de « problème multinational ». « Les États-Unis espèrent que l’Alliance des États du Sahel l’emportera sur le terrorisme, mais la responsabilité de la détérioration de la situation sécuritaire incombe à la Russie, qui s’est révélée être un partenaire inefficace en matière de sécurité pour le Mali. (...) Nous espérons que d’autres nations africaines prendront note des résultats désastreux de la Russie dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté. Rivalité entre Washington et Moscou Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel, sont dirigés par des juntes arrivées au pouvoir après des coups d’État. Ces pays ont rompu avec plusieurs partenaires occidentaux pour se rapprocher de Moscou. Bamako a notamment fait appel à des mercenaires russes, d’abord du groupe Wagner puis d’Africa Corps, accusés d’exactions par plusieurs organisations de défense des droits humains. Le JNIM s’est imposé comme l’un des groupes djihadistes armés les mieux équipés d’Afrique de l’Ouest. Au Mali, l’organisation a notamment orchestré l’an dernier un blocus des carburants qui a fortement perturbé l’économie du pays, avant de mener au printemps plusieurs attaques jusque à Bamako. Si une intervention américaine était validée, le Mali deviendrait le huitième pays visé par des frappes ordonnées par Donald Trump depuis le début de son second mandat. Des experts mettent en garde Plusieurs spécialistes appellent toutefois à la prudence face à une éventuelle opération américaine. Wassim Nasr, chercheur au Soufan Center, estime que l’option militaire a déjà montré ses limites : « Les Français l'ont tentée pendant dix ans, les Russes depuis cinq ans, et la situation n'a fait qu'empirer. » Selon lui, des frappes américaines contre le JNIM pourraient même renforcer son principal rival, l’État islamique au Sahel. Corinne Dufka, experte indépendante, redoute pour sa part qu’une intervention américaine pousse le groupe djihadiste à prendre pour cible des intérêts américains dans la région, alors qu’il ne l’a jamais fait jusqu’à présent. Le Pentagone a refusé de commenter ces informations, tandis que le Département d’État a déclaré que les États-Unis « condamnent sans équivoque les activités terroristes au Mali », selon le rapport.Selon un article publié mercredi par le Washington Post, l’administration Trump envisagerait une intervention militaire américaine au Mali contre le groupe djihadiste JNIM (Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), affilié à Al-Qaïda. Cette éventualité intervient alors que des forces russes sont également présentes dans le pays.