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ProphÚte écolo : Nouvelle lubie ou piÚge idéologique ?

ProphÚte écolo : Nouvelle lubie ou piÚge idéologique ?

2025-10-27

Écrit par Faouzia Zebdi-Ghorab

DerriĂšre le sacre de l’éthique environnementale se cache un dĂ©ni du respect de l’ĂȘtre humain. C’est l’une des thĂšses dĂ©fendues dans la derniĂšre chronique de l’écrivain et intellectuelle Faouzia Zebdi-Ghorab Ă  lire sur Mizane.info.

Au nom du prĂ©tendu fait, dĂ©sormais rĂ©pandu, selon lequel le prophĂšte de l’islam aurait Ă©tĂ© le premier, en son genre, Ă  ĂȘtre le dĂ©fenseur de la NATURE
 Nous avons ainsi des banques Ă©thiques qui vous proposent d’investir dans des produits neutres en CO₂. S’agit-il vĂ©ritablement d’un message destinĂ© aux clients, ou d’un instrument pour les instances censĂ©es rĂ©guler les bons et les mauvais Ă©lĂšves ?

LĂ  n’est pas notre problĂšme. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, dans les recherches internet, vous pouvez trouver des requĂȘtes du type : « Quelle est la banque la plus Ă©cologique !? »

Les banques écologiques : mythe ou réalité ?

Nonobstant ce prĂ©liminaire, ce genre d’association entre nature et banque procure Ă  elle seule, le vertige. Associer nature et homme, pourquoi pas ; mais nature et banque, il faut voir lĂ  un tour de passe-passe dont nos sociĂ©tĂ©s sont devenues maĂźtres dans le domaine.

Les musulmans de France et d’Europe, semble-t-il, se sont engouffrĂ©s dans le train de l’écologisme affichĂ©. Je n’ose mĂȘme pas inclure l’exemple des USA dans cette valse, car la mandature de Trump a, parmi les nombreuses rĂ©solutions adoptĂ©es, le retour des pailles en plastique, ce qui le rendrait presque sympathique face Ă  l’intĂ©grisme europĂ©en en la matiĂšre.

Crocodiles ou humains : oĂč placer nos prioritĂ©s ?

Il y a maintenant plusieurs annĂ©es, Coluche, l’humoriste français Ă  la rĂ©plique lĂ©gendaire, disait sur le ton de l’humour : « En Afrique, ils Ă©lĂšvent des crocodiles, c’est les crocodiles qui les mangent ! Il faudrait savoir, faut protĂ©ger les crocodiles ou les Africains ? »

Il s’agit d’une excellente question lorsqu’on sait que les crocodiles causent environ 1 000 dĂ©cĂšs humains (prĂ©cision indispensable de nos jours) chaque annĂ©e, principalement en Asie du Sud-Est et en Afrique, et que les attaques impliquant des enfants reprĂ©sentent jusqu’à 66 % des cas mortels dans certaines rĂ©gions, on peut se demander si l’écologie ne soulĂšve pas un problĂšme plus vaste : celui de la place que l’on veut accorder Ă  l’homme dans ce XXIᔉ siĂšcle.

DĂšs l’origine, l’islam met en garde contre le gaspillage, non pas au nom du respect d’un concept de nature creux, mais au nom de l’éthique. Pourquoi ? Parce que le gaspillage traduit une pensĂ©e utilitariste, centrĂ©e sur les moyens matĂ©riels au dĂ©triment des valeurs spirituelles et morales.

Comme le remarque Hegel dans sa rĂ©flexion sur l’argent et la modernitĂ©, l’accumulation et l’usage des biens matĂ©riels tendent Ă  subordonner les fins humaines Ă  des calculs d’efficacitĂ© et de profit, donnant naissance Ă  ce qui s’apparente aujourd’hui Ă  du nĂ©o-positivisme ou de l’utilitarisme. Si je commence Ă  gaspiller, cela suppose que j’en ai les moyens ; et, ce faisant, les questions existentielles se retrouvent relĂ©guĂ©es derriĂšre des dĂ©sirs devenus inconsidĂ©rĂ©s, voire sans limites, simplement parce que les ressources permettent de les assouvir.

Écologie et Ă©cologisme : quand l’éthique se perd

Vous l’aurez compris : nous avons Ă©largi la question du gaspillage Ă  celle, plus vaste, de la politique de l’État.

Si une leçon contre le gaspillage doit s’imposer, elle doit l’ĂȘtre proportionnellement aux moyens de chacun. Ainsi, si un SMICard fait don de 10 €, il est tout aussi gĂ©nĂ©reux qu’un Bernard Arnault offrant 10 millions d’euros aux Restos du CƓur. Or, nos lunettes dĂ©formantes nous poussent Ă  applaudir le second et Ă  ignorer le premier.

En rĂ©sumĂ©, si on gaspille, c’est qu’on en a les moyens. Et cela suppose aussi que ces moyens dĂ©passent l’entendement, c’est-Ă -dire les lois les plus Ă©lĂ©mentaires qui doivent rĂ©gir les rapports entre les choses.

Éoliennes : Ă©cologie ou illusion verte ?

Des Ă©oliennes, en veux-tu, en voilĂ  ! Et gare Ă  ceux qui les trouveraient laides. Car nous dit-on « les Ă©nergies renouvelables, et notamment les Ă©oliennes, sont les Ă©nergies les plus vertes qui nous permettront d’opĂ©rer une vraie transition Ă©nergĂ©tique respectueuse de la planĂšte. »

Mais derriĂšre cette image verte se cache une rĂ©alitĂ© moins reluisante. Les Ă©oliennes, en particulier celles situĂ©es en mer, nĂ©cessitent l’utilisation d’alliages contenant des terres rares. Bien que prĂ©sents en faibles quantitĂ©s, ces matĂ©riaux soulĂšvent de vraies prĂ©occupations environnementales.  D’abord parce que leur extraction est souvent associĂ©e Ă  des impacts Ă©cologiques significatifs, notamment la pollution des sols et des eaux. Et qu’ensuite il existe des risques de contamination radioactive en raison de la prĂ©sence de thorium et d’uranium dans certains gisements.

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Le nuclĂ©aire Ă©met moins de CO₂ que l’éolien. À cela s’ajoutent les nuisances sonores, la perturbation des Ă©cosystĂšmes, notamment le dĂ©tournement des oiseaux migrateurs de leurs trajectoires naturelles, et le fait que les Ă©oliennes ne sont pas recyclables Ă  100 %.

Jeunes voix médiatisées : privilÚge ou exception ?

Greta Thunberg, du haut de ses 15 ans ou 16 ans Ă  l’époque, a critiquĂ© l’UE devant le Parlement europĂ©en. Notre objectif n’est pas de discuter le contenu de ses propos, mais de parler de la maniĂšre dont cet Ă©vĂ©nement a Ă©tĂ© mĂ©diatisĂ© et instrumentalisĂ©, crĂ©ant un effet de matraquage autour du personnage.

Il faut rappeler que l’invitation d’un enfant Ă  s’exprimer devant une assemblĂ©e parlementaire est extrĂȘmement exceptionnelle. Elle suppose un contexte particulier (notoriĂ©tĂ© mondiale ou tĂ©moignage crucial) et une dĂ©cision politique volontaire des instances du Parlement. L’intervention de Greta Thunberg relĂšve donc d’un choix politique interne, et non d’un droit ou d’une procĂ©dure gĂ©nĂ©rale.

De la mĂȘme maniĂšre, Malala Yousafzai, par son intervention et son engagement, est devenue une icĂŽne mondiale de la lutte pour l’éducation des filles.

Mais qu’en est-il d’autres jeunes voix, comme celles d’enfants palestiniens par exemple ? Ont-ils eu l’opportunitĂ©, dans des conditions comparables, de partager leurs tĂ©moignages devant les instances europĂ©ennes ?

Écologisme et idĂ©ologies contemporaines » ou « Quand l’écologie rejoint les mouvements idĂ©ologiques

Les interventions de Greta Thunberg et de Malala Yousafzai semblent s’inscrire dans la droite ligne d’une pensĂ©e idĂ©ologique, combinant Ă©cologie et fĂ©minisme.

En revanche, d’autres tĂ©moignages sont relĂ©guĂ©s Ă  la marge, considĂ©rĂ©s comme secondaires, voire ignorĂ©s, comme si leur importance devait cĂ©der devant la mise en avant de causes plus mĂ©diatiques, au dĂ©triment de questions fondamentales concernant la vie et la survie des enfants ; question autrement plus cruciales que celle de la prĂ©servation de la nature.

L’écologie, poussĂ©e au forceps, s’invite de plus en plus dans les discours du quotidien, adoptĂ©e par ceux que l’on pourrait qualifier d’esprit bourgeois, sans qu’ils disposent rĂ©ellement du statut Ă©conomique correspondant.

S’agit-il d’une lubie passagĂšre ? Nous aimerions le croire. Mais la genĂšse de cette tendance, son Ă©mergence soudaine sur le devant de la scĂšne et le soutien mĂ©diatique dont elle bĂ©nĂ©ficie indiquent que cette idĂ©alisation de la nature n’est peut-ĂȘtre que l’arbre qui cache la forĂȘt.

Il est certes nĂ©cessaire de s’occuper de la planĂšte. Mais qui se prĂ©occupe des hommes et de ce qui leur tombe dessus aujourd’hui ? Car, vous le savez, si « les fous de la dĂ©mocratie », Ă  l’insu des « fous de Dieu », dĂ©clenchaient une troisiĂšme guerre mondiale, le sort de la nature deviendrait alors secondaire, voire mĂȘme une non-question.

Alors, le ProphÚte (Que la paix et le salut de Dieu soient sur lui) : écolo ou pas écolo ?

Alors, le ProphĂšte (Paix et salut de Dieu sur lui) serait-il Ă©colo ou pas Ă©colo ? Le problĂšme est-il vraiment lĂ  ? Le dĂ©veloppement de la vertu en islam implique, et mĂȘme oblige, dans un ordre prĂ©cis : d’abord la reconnaissance de Dieu, puis, de lĂ , le respect de soi en tant que crĂ©ature de Dieu, et enfin le respect des autres. Cela reste particuliĂšrement pertinent aujourd’hui, face Ă  la diabolisation systĂ©matique de l’homme.

Aurions-nous réellement besoin de rajouter à cette liste le respect
 de la nature ?

Eh bien, allons-y, voyons ce que nous trouvons dans la tradition musulmane sur la « nature ». Le mot « nature » ou áč­abi‘a (Ű·ÙŽŰšÙŠŰčŰ©) en arabe est introuvable dans le lexique coranique. VoilĂ  un bel os Ă  ronger offert aux dĂ©tracteurs professionnels de l’islam, sans compter celles et ceux qui, a contrario, essaieront de tordre le cou aux versets afin de prouver que le Coran parle d’écologie.

Dans les textes de la tradition prophĂ©tique, le mot áč­abi‘a n’apparaĂźt pas non plus. Les concepts relatifs Ă  la nature sont abordĂ©s sous d’autres termes, tels que « al-khalq » (la crĂ©ation), « al-ard » (la terre), « al-sama’ » (le ciel), « al-hayawan » (les animaux), et « al-shajar » (les arbres). Ces termes sont utilisĂ©s pour dĂ©crire la crĂ©ation divine et les Ă©lĂ©ments naturels, mais sans la connotation Ă©cologique moderne.

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Tout cela pour dire que la nature, ou plus prĂ©cisĂ©ment tout ce qui compose l’univers, est rĂ©gie par des lois qui semblent ĂȘtre au service de l’homme. Ces lois constituent des outils que l’homme s’efforce, plus ou moins, de comprendre. Il lui revient de « faire de l’écologie » en respectant ces instruments, sans les dĂ©sintĂ©grer ni leur attribuer une volontĂ© qui ne leur a pas Ă©tĂ© donnĂ©e par Dieu.

Étymologie de l’écologie : Ă©tude et conservation

À l’origine, le mot « Ă©cologie », relativement rĂ©cent, renvoie Ă  l’étude des relations entre les ĂȘtres vivants (cf. « logie », comme dans biologie, etc.). Progressivement, son sens a glissĂ© de l’étude Ă  la conservation. Puis un ministĂšre lui a Ă©tĂ© dĂ©diĂ© : la « transition Ă©cologique et solidaire », MinistĂšre rebaptisĂ© depuis le 12 octobre 2025 « MinistĂšre de la Transition Ă©cologique, de la BiodiversitĂ© et des NĂ©gociations internationales sur le climat et la nature »

Aujourd’hui, un ministre de la transition Ă©cologique est sensĂ© pouvoir endosser toutes les casquettes scientifiques : volcanologue, chimiste, biologiste, physicien, mĂ©tĂ©orologue, astrophysicien
 Il parle au nom de toutes ces disciplines en prĂ©tendant les maĂźtriser, alors que chacune nĂ©cessite parfois une vie entiĂšre d’études et de sacrifices. Lui, prĂ©tend savoir tout sur tout, et donner avis et directives.

De surcroĂźt, le terme Ă©co-logie est formĂ© sur le mĂȘme radical que Ă©co-nomie.
Serait-ce, au fond, moins une question scientifique, qu’une affaire de fric et de privilùges pour les nantis ?

Une rĂ©alitĂ© loin de l’écologie mĂ©diatique

Dans des milieux ruraux abandonnĂ©s de tous, mais oĂč l’on n’oublie pas d’imposer le tri Ă©cologique Ă  des personnes trĂšs ĂągĂ©es vivant esseulĂ©es — un tri qui les condamne Ă  ne plus voir le camion-benne qu’une seule fois toutes les deux semaines, les privant de ce misĂ©rable lien social — il est Ă©vident que les personnes ĂągĂ©es ne sont pas la prioritĂ©. Il faut sauver les baleines, la fonte des glaciers, la pollution de l’air, la couche d’ozone, les forĂȘts tropicales et que sais-je encore


Mais qui, sur un plan purement factuel et chiffres Ă  l’appui met rĂ©ellement ces espĂšces ou ces Ă©lĂ©ments en danger ? En revanche, ceux qui mettent en danger l’humanitĂ© — par la guerre, la pauvretĂ©, les famines, les pandĂ©mies, le manque d’accĂšs Ă  l’eau potable ou Ă  l’éducation


On focalise donc sur des causes mĂ©diatisĂ©es mais relativement indirectes ; des causes qui ignorent des urgences qui touchent directement des millions de vies humaines, tout en donnant l’impression de « sauver la planĂšte ».

La maison brûle : qui faut-il sauver ?

Minimalisme, culpabilisation permanente, critique perpĂ©tuelle des consommateurs : voilĂ  les nouveaux mots d’ordre. Il ne suffit plus d’ĂȘtre sobre, il faut dĂ©sormais, dans une surenchĂšre terminologique sans fin, devenir des « consom-acteurs », ou encore des « citoyens responsables », comme si chaque achat relevait d’un acte moral.

Les vrais coupables de l’écologie punitive

De cette masse d’hommes et de femmes contraints de payer dix fois plus cher un produit qu’ils ont, souvent, contribuĂ© Ă  fabriquer ailleurs. Aurait-on idĂ©e de qualifier nos Ă©lites politiques, industrielles ou financiĂšres de « simples consommateurs » ? Non. Eux contrĂŽlent, orientent, Ă©duquent mĂȘme, ces « vilains consommateurs » accusĂ©s de polluer la planĂšte.

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Et, inversion suprĂȘme, ce sont ces mĂȘmes Ă©lites qui se prĂ©sentent comme les sauveurs, ceux qui « offrent du travail » et « accompagnent la transition ». Ironie tragique : sans ces travailleurs qu’on blĂąme, aucune richesse ne serait produite. Cherchez l’erreur, quand beaucoup, parmi les plus concernĂ©s, ne la voient plus.

La culture humaine face à la nature : réalité ou idéalisation ?

Par ailleurs, les plus acharnĂ©s dĂ©fenseurs de la nature connaissent-ils vraiment l’objet dont ils parlent ? Ne nous a-t-on pas toujours appris que la culture Ă©tait prĂ©cisĂ©ment ce que l’homme avait arrachĂ© Ă  la nature pour se construire un monde vivable ?

Nous aimons la nature, certes, mais sous la forme des paysages que l’homme a façonnĂ©s, cultivĂ©s, amĂ©nagĂ©s au fil des siĂšcles pour y survivre et s’y Ă©tablir. Sans cette transformation, nous ne serions pas diffĂ©rents de troupeaux « respectueux » de la nature, errant de prairie en prairie Ă  la recherche d’une herbe plus verte.

Les routes, les maisons, les appartements, les villes mĂȘmes ont Ă©tĂ© gagnĂ©s sur la nature — et nul ne songe Ă  s’en plaindre. Mieux encore, nous devrions souhaiter que chaque ĂȘtre humain sur cette planĂšte puisse accĂ©der Ă  ce mĂȘme confort, au lieu de le culpabiliser Ă  y aspirer. Alors que d’autres se paient le luxe de voyages touristiques dans l’espace.

Écologie pour les uns, survie pour les autres

Quelle indĂ©cence, lorsque certains, au nom de l’écologie, souhaitent que l’Afrique reste « authentique » ou que d’autres pays demeurent « traditionnels » et « folkloriques », afin de pimenter leurs voyages ! On ne prĂ©serve pas la nature au dĂ©triment d’enfants qui, chaque jour, risquent leur vie pour aller Ă  l’école, blottis dans une misĂ©rable pirogue, tentant d’éviter crocodiles et autres prĂ©dateurs.

Tous les ĂȘtres humains ont le droit de se moderniser et donc de consommer (eh oui !) et de sortir de chez eux sans craindre d’ĂȘtre dĂ©vorĂ©s par un lion, simplement parce qu’une nouvelle loi aurait interdit de les chasser.
Je ferai sans doute hurler, mais seulement ceux qui pratiquent l’écologie depuis leurs bureaux, leurs Ă©crans ou leurs claviers. Ceux-lĂ  se fĂ©licitent de ne plus utiliser de pailles en plastique dans les fast-foods, tout en buvant Ă  mĂȘme des canettes couvertes de bactĂ©ries.

Toutes les grandes enseignes, dĂ©sormais si vertueusement « Ă©colos », se sont engouffrĂ©es dans la brĂšche : elles font flamber le prix du « bio », transforment la bonne conscience en argument de vente, et continuent d’engranger des profits.
Pendant ce temps, d’autres, au nom de cette mĂȘme Ă©cologie, se privent des produits les plus Ă©lĂ©mentaires dans une sociĂ©tĂ© fondĂ©e sur l’abondance et le gaspillage.
Souvenez-vous de cet employĂ© licenciĂ© pour avoir rĂ©cupĂ©rĂ© un melon pourri dans la benne d’un supermarchĂ© : voilĂ  peut-ĂȘtre la plus triste parabole du monde moderne.

Hypocrisie écologique : un coût pour les plus faibles

Des personnes ĂągĂ©es, dont les retraites ne sont plus indexĂ©es sur l’inflation, voient chaque mois leur pouvoir d’achat s’éroder un peu plus. Elles doivent choisir entre se chauffer ou se nourrir, entre acheter leurs mĂ©dicaments ou payer une facture d’électricitĂ© « verte » bien Ă©videmment ! Un scandale d’autant plus grand qu’il est traitĂ© comme une fatalitĂ© budgĂ©taire, pendant qu’on dĂ©verse des milliards dans des projets dits « durables » dont personne ne comprend vraiment l’utilitĂ© concrĂšte, car sur le fond il n’y a rien Ă  comprendre.

Pendant qu’une octogĂ©naire compte ses centimes pour acheter une baguette, on applaudit des confĂ©rences internationales au budget faramineux, oĂč l’on promet de sauver la planĂšte Ă  coups de panels, de dĂ©clarations et de subventions vertes.

L’écologie ne serait-elle qu’un prĂ©texte commode pour justifier des politiques de rigueur ?

Et tout cela dans un concert mĂ©diatique sans prĂ©cĂ©dent. Chaque semaine, une nouvelle « catastrophe Ă©cologique » est annoncĂ©e : la disparition imminente d’une espĂšce, la montĂ©e des eaux, l’étĂ© le plus chaud de l’histoire, les feux « dĂ©vorants » Avant qu’un rapport, quelques mois plus tard, ne nuance ou ne contredise ces affirmations. Mais le mal est fait : l’opinion est saturĂ©e de peur, anesthĂ©siĂ©e par le catastrophisme en sĂ©rie.

Pendant ce temps, la misÚre silencieuse, la solitude, les morts de froid, les enfants sous-alimentés, trop banales, trop familiÚres, ces réalités ne sont justement pas assez spectaculaires pour nourrir la grande dramaturgie verte.

La nature reprend ses droits : la rĂ©alitĂ© contre l’idĂ©ologie

Pour peu que l’on vive au contact de la rĂ©alitĂ©, on sait que la nature reprend toujours ses droits — ou, plus exactement, que ses lois demeurent constantes et immuables.

Souvenez-vous de cette pĂ©riode d’enfermement collectif durant le Covid : les rues dĂ©sertes, les villes figĂ©es. On y vit des animaux sauvages s’aventurer jusque dans les centres urbains, des herbes folles envahir les trottoirs, des plantes reprendre racine dans les maisons inhabitĂ©es. La nature n’avait pas disparu ; elle attendait simplement que l’homme s’écarte.

Aujourd’hui encore, dans le pĂ©rimĂštre d’une agglomĂ©ration de prĂšs de 100 000 habitants, il n’est pas rare de filmer la nuit des renards trottant tranquillement dans les allĂ©es des parcs — images Ă  l’appui. Les bĂȘtes sont redevenues familiĂšres, des sortes d’amis imposĂ©s

Ironie du sort : au moment mĂȘme oĂč les animaux retrouvaient leur libertĂ©, durant le confinement Covid, des millions d’enfants Ă©taient enfermĂ©s comme en cage, privĂ©s d’air, de mouvement, de lien, et ceci pendant des mois. Une situation sans prĂ©cĂ©dent dans l’histoire des grandes Ă©pidĂ©mies humaines.

La nature sacrifiĂ©e Ă  l’idĂ©ologie

Si vous faites partie de ces gens qui produisent la richesse de ce pays, vous n’avez tout simplement pas le temps pour toutes ces lubies que veulent vous imposer ceux qui sacralisent la NATURE plus encore que la force de travail de l’employĂ© qui leur permet ainsi de prendre un jet privĂ© ou en hĂ©licoptĂšre pour parcourir vingt kilomĂštres.

Qu’on s’entende bien : il ne s’agit pas de leur souhaiter de parcourir cette distance Ă  pied, ni mĂȘme Ă  vĂ©lo. Chacun mĂšne sa vie selon l’éthique qu’il s’est — ou non — imposĂ©e. Mais il serait bon que ceux qui prĂȘchent la sobriĂ©tĂ© commencent par appliquer Ă  eux-mĂȘmes les principes qu’ils veulent voir s’imposer aux autres.

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Que les riches soient riches, et mĂȘme encore plus riches, cela n’est pas en soi un mal.
>Rappelons d’ailleurs que ce furent les riches de La Mecque qui, les premiers, ont soutenu le Prophùte et permis à sa mission de survivre face aux attaques de ses adversaires.
L’islam n’a jamais condamnĂ© la richesse, mais l’injustice et l’ostentation.

Il est sans conteste prĂ©fĂ©rable d’ĂȘtre riche et en bonne santĂ© que pauvre et sans le sou — et, pour sourire, citons ce propos glanĂ© sur un rĂ©seau : « Si je suis triste, je prĂ©fĂšre pleurer dans une Ferrari. »

Richesse et responsabilité éthique en islam

Plus sĂ©rieusement, il importe de prĂ©venir toute lecture simpliste : il ne s’agit pas ici d’opposer riches et pauvres. La lutte des classes dans sa forme marxienne n’appartient pas Ă  la tradition islamique, qui voit dans la richesse non un privilĂšge, mais une responsabilitĂ© Ă©thique et sociale.

DĂ©boiser l’homme plutĂŽt que la nature : un scandale

Ce qui est scandaleux, c’est qu’aujourd’hui on tolĂšre davantage de « dĂ©boiser des humains » que de dĂ©boiser une forĂȘt ou d’arracher une brindille. La question n’est donc pas celle de la prĂ©servation de la NATURE, mais bien celle de la place de l’homme, dĂ©sormais relĂ©guĂ© au-dessous de la nature, c’est-Ă -dire des arbres et des bĂȘtes. L’homme n’est mĂȘme plus considĂ©rĂ© Ă  Ă©galitĂ© avec la nature., ce qui serait dĂ©jĂ  un moindre mal, mais comme une menace dont il faut neutraliser les effets.

Nous assistons peut-ĂȘtre Ă  l’émergence d’un nouveau fascisme vert, oĂč la nature devient l’alibi d’un pouvoir moral, Ă©conomique et symbolique. Alors, Ă©colos de tous bords — et donc Ă©galement musulmans —, passez votre chemin : votre combat n’est pas le mien. Le mien demeure celui de la dignitĂ© humaine avant toute chose.

Faouzia Zebdi-Ghorab

#musulmans#Humanité#Faouzia Zebdi-Ghorab#humanisme#Environnement#écologie#Greta Thunberg

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