
2025-05-19
Écrit par Redaction
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a révélé dans les colonnes du Journal du dimanche la construction, d’ici 2028, d’un centre pénitentiaire de haute sécurité à Saint-Laurent-du-Maroni, au cœur de la Guyane. Cette future prison comptera 500 places. Une mise en exil des narcotrafiquants Ce projet a pour objectif, selon le garde des Sceaux, de « tenir durablement à distance les têtes de réseau du narcotrafic », à quelque 7 000 kilomètres de la capitale, où « ils n’auront plus la possibilité de communiquer avec leurs réseaux criminels ». Le ministre précise que « soixante places » seront réservées à ces profils « extrêmement dangereux » avec un régime carcéral très rigoureux, visant à les « neutraliser ». Le site retenu s'étend sur plusieurs hectares de forêt amazonienne, à environ sept kilomètres de Saint-Laurent-du-Maroni. L’infrastructure s’inscrit dans la continuité du plan d’urgence prévu par les accords de Guyane de 2017, validé en 2023 par Éric Dupond-Moretti. Parmi les 500 cellules prévues, une quinzaine accueilleront des détenus condamnés pour terrorisme ou fichés S, considérés comme "islamistes" radicalisés. Accord de transfert avec le Brésil Le projet s’insère dans une stratégie pénitentiaire visant également à expulser les détenus étrangers. En amont de cette annonce, Gérald Darmanin s’est rendu au Brésil pour échanger avec son homologue Ricardo Lewandowski en vue d’un accord de transfèrement. « Le Brésil et la France sont confrontés aux mêmes cartels, aux mêmes réseaux, aux mêmes routes. Cette lutte doit être menée conjointement », a-t-il souligné. Cependant, cette annonce suscite une forte opposition. À gauche, plusieurs responsables politiques s’insurgent contre ce qu’ils considèrent comme un « symbole problématique ». Le député de Guyane Jean-Victor Castor estime sur les réseaux sociaux que cette prison répond « à la même logique coloniale que celle qui a mené à la création du bagne », et non aux véritables besoins du territoire. « Ce dont la Guyane a besoin, ce sont des routes, des écoles, des hôpitaux, pas d’une prison de haute sécurité pour narcotrafiquants et détenus radicalisés », dénonce-t-il encore. Un « Guantanamo à la française » Même constat du côté de Marine Tondelier, qui critique « une symbolique très lourde » dans le fait de bâtir en Guyane une prison destinée à des personnes « dangereuses » venues de l’extérieur, voyant là « une référence historique troublante au bagne de Cayenne ». Eric Coquerel, président LFI de la commission des Finances, parle quant à lui d’un « Guantanamo à la française » et d’un « mépris colonial manifeste à l’égard de la Guyane ». A lire également :Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé dimanche la création, d’ici 2028, d’une prison de haute sécurité de 500 places à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. Elle sera destinée à accueillir des détenus condamnés pour narcotrafic ainsi que des détenus « radicalisés ». Plusieurs élus dénoncent un « Guantanamo à la française » et un « mépris coloniale vis à vis de la Guyane ». Explications.
