
2026-06-29
Écrit par Rédaction
Fragile par nature et largement contesté au Liban, l’accord-cadre signé récemment à Washington entre Israël et le gouvernement libanais, sous l’égide des États-Unis, en vue d’une « paix durable », a été rapidement mis à mal : ce dimanche 28 juin, l’armée israélienne a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban. Un accord sous pression américaine Israël, le gouvernement libanais et les États-Unis ont signé, vendredi 26 juin à Washington, un accord-cadre ayant pour objectif affiché d'ouvrir la voie à « une paix et une sécurité durables », a déclaré le secrétaire d'État américain, Marco Rubio. L'un des principaux volets de cet accord prévoit le « désarmement vérifié des groupes armés non étatiques et du démantèlement des infrastructures qui leur sont associées », notamment celles du Hezbollah, qui s'est toujours opposé à toute négociation avec Israël. Le retrait israélien reste toutefois très limité, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou ayant répété que son armée demeurerait dans le sud du Liban jusqu'à ce que le Hezbollah « soit désarmé ». Vague de contestation au Liban Dans un long communiqué publié samedi, le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Qassem, a qualifié l'accord de trahison de la souveraineté libanaise, assurant qu'il était « nul et non avenu ». Le président du Parlement, Nabih Berri, s'est contenté d'un commentaire lapidaire en le qualifiant de « sédition ». Les « autorités libanaises seront incapables d'imposer la mise en œuvre de l'accord signé à Washington, à moins qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile », a rapidement estimé le député du Hezbollah Hassan Fadlallah après l'annonce de l'accord. L'ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a lui aussi dénoncé le texte sur la plateforme X : « C’est une capitulation face à Israël. Parce que dans cet accord-là, il n’est mentionné en aucune place, aucun paragraphe l’accord d’armistice qui a toujours régi les relations entre l’État libanais et Israël depuis 1949. » Les frappes continuent malgré l'accord De nombreux Libanais ont manifesté vendredi soir dès l'annonce de l'accord. L'Iran a, de son côté, réaffirmé son exigence d'un retrait total des forces israéliennes. « Notre objectif est de mettre fin à la guerre au Liban, permettre le retour des déplacés dans leurs foyers, mettre un terme à l’occupation et obtenir le retrait du régime sioniste du territoire libanais », a déclaré le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf. Une trêve avait pourtant été annoncée le 17 avril, sans jamais être pleinement respectée par Israël, même si les frappes avaient nettement diminué après la signature, mi-juin, d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran. Parallèlement, Israël et le gouvernement libanais avaient engagé, sous l'égide de Washington, leurs premières discussions directes depuis plusieurs décennies, aboutissant vendredi à un accord-cadre qualifié d'« historique » par Benyamin Nétanyahou. Lors d'un entretien téléphonique avec Donald Trump, le président libanais Joseph Aoun a assuré que l'État « assumerait ses responsabilités » dans la mise en œuvre du texte, qui conditionne le retrait israélien au désarmement du Hezbollah. Malgré cet accord, l'Agence nationale d'information (ANI) a rapporté que de nouveaux bombardements israéliens ont visé le sud du Liban dimanche, au lendemain d'une série de raids qui avaient déjà fait un mort dans la région.L’accord-cadre conclu vendredi à Washington entre les autorités libanaises et israéliennes, sous médiation américaine, a provoqué une vive contestation au sein d’une large partie des forces politiques, syndicales et communautaires au Liban. Pour l'ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, « l’accord est une capitulation face à Israël ».